Just Rock Festival, Villa Tacchini : des sensations 100% rock

Vous avez déjà passé la tête par la vitre de la bagnole en roulant à fond la caisse ? Oui, ça décoiffe pas mal. Eh bien, c’est tout l’esprit de ce festival conçu tout exprès pour faire décoller le public en conviant des artistes suisses de haute voltige bien azimutés qui eux n’ont pas froid aux yeux. Né de l’impulsion originale commune de Serge Michaud, Syd Taylor, Sébastien Henchoz, Karin Couchepin et Florian Menoud, musiciens-artistes et amoureux fous de musique, ce projet met en avant les talents du rock à travers la Suisse les 29 et 30 avril et on en redemande !

Il est dix-neuf heures lorsqu’on saute à pieds joints dans la fraîcheur des Walldown. Arborant des bombers rouge et blanc façon old school college, ce club des cinq neuchâtelois version rock dynamique n’est pas en reste pour faire vibrer, danser et enthousiasmer son auditoire. Certes, il n’y a pas foule ce vendredi soir mais il en faut plus pour mâter l’énergie bouillonnante et contagieuse du groupe. Survoltée, Lucie, par sa voix vibrante et claire, sa gestuelle, ses mimiques, nous entraîne à fond de train dans le délire pop rock des bons sons comme on les aime ! Evidemment, les autres membres se distinguent eux aussi. On repère de beaux moments de complicité où les regards, les sourires entre musiciens surgissent comme des étincelles et qui laisse deviner une entente solide. A savoir, Walldown célébrera prochainement son vernissage à Le Locle le 14 mai pour son deuxième album ‘Messed up’.

Après ce souffle d’air frais, on dévie sur un tout autre registre avec Epoetic. Transition radicale. Changement de lumières. A travers les notes, se distille une atmosphère plus feutrée où l’on plonge à la renverse dans ce rock progressif aux nappes musicales qui semblent s’étirer à l’envi pour mieux nous envelopper. On s’enfonce avec un délice étrange dans un univers sombre, rythmé par des tempos souvent planants mais aussi plus appuyés. S’inspirant de Muse ou encore de Katatonia, Epoetic livre un rock recherché, ciselé et présentera bientôt Life of convictions, leur premier opus accompagné du clip.

C’est au tour des lausannois de Gut’s d’enflammer la scène. Et quand j’écris enflammer c’est peu dire. Le groupe dont l’énergie parait être puisée dans un chaudron magique sans fond nous balance un rock hautement inflammable dans les oreilles et savamment maîtrisé. Le cerveau est verrouillé, seul le corps obéit aux ondes impérieuses auxquelles il est soumis. L’électricité, rampante, vorace, merveilleuse, se prend en intraveineuse tandis que nous nous massons plus près de la scène là où s’activent les mages chevelus et déjantés. Dans la veine d’AC/DC, la voix aiguë de Freddy mais puissante dont la présence ne laisse pas indifférent donne encore plus d’audace à ce hard rock pur sucre. Le lead guitariste, Luca, quant à lui, s’adonne pleinement au bonheur de jouer. Bondissant, debout, assis, le corps engagé, le visage tantôt concentré tantôt irradiant, il est l’image parlante du plaisir par la musique, des ondes qui nous transpercent à chaque note, du frisson qui nous gagne lorsqu’une mélodie vient nous remuer.

Malgré tout, les minutes dévalent et s’avance la fin de ce super circuit rock. Pour clore la soirée, Random Play vient apposer sa signature. On ne les présente plus, tant ils écument les scènes genevoises et les autres avec leur rock puissant, porté par la voix si incroyable de Jess Vee dont la présence scénique ne cesse de s’affirmer. Ce soir, la grande prêtresse du rock, accompagnée de Denis, Jean-Louis et Loann, a troqué sa tignasse d’un rouge flamboyant contre le vert Joker. En revanche, fidèle à son apparat de scène, elle se présente dans son éternel drapé noir complété par un maquillage foncé marquant si bien son attrait pour le gothique même si les mélodies concoctées restent résolument rock avec un son de guitare souvent très incisif et un rythme percutant. Another world, le dernier single tout frais vient de sortir assorti d’un clip dont le graphisme me rappelle un peu les dessins animés de South Park. Voici donc un premier soir de festival qui s’achève en beauté après une explosion de mélodies aux styles très diversifiés portés par des groupes aux personnalités bien marquées. Une réussite !

Crédit photos : Jacques Apothéloz

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