HELLFEST 2ème semaine – Le Daily Rock y était – Le 26 juin, Jour 4

Bon cette fois-ci, on y est, c’est le dernier jour… Grosse grosse tête d’affiche, grosse journée même si c’est la dernière. De quoi quand même profiter à fond et rendre le truc inoubliable il faut l’avouer.

On se lance donc tête baissée, on fonce et on va admirer tous ces groupes qui vont tout donner à n’en point douter.

On démarre par le groupe français Novelist. Si vous aviez des doutes quant à l’existence du métal français, Novelist est là pour vous rappeler que les français sont plus que doués dans la matière. Ce n’est pas pour rien qu’on les retrouve sur la Mainstage II. Un concert de 30 minutes, ce n’est clairement pas assez, on en voudrait encore et encore et encore. Un mélange harmonieux entre, djent, métal progressif et une ambiance hardcore. Le public est réveillé, présent, les musiciens sont déchainés, la dernière journée s’annonce bouillante.

Il est 13h25 quand les espagnols d’Angelus Apatrida débarquent sur la Mainstage I. Ce n’est pas l’heure de la sieste, les hispaniques ne sont pas venus là pour faire dans la dentelle et nous bombardent pendant 30 minutes de leurs riffs old-school qui font mouche à chaque fois. On prend encore une claque dans la gueule et on tend l’autre joue parce que ce n’était pas suffisant. Des morceaux comme ‘Sharpen The Guillotine’ nous rappellent les débuts du heavy métal. Angelus Apatrida est un subtil mélange de riffs rapides et mélodiques, entre trash et heavy, nos cervicales sont ravies, nos cheveux s’emmêlent, on ne peut s’empêcher de secouer la tête frénétiquement.

Ill Niño poursuit et c’est encore du lourd. Une formation latino avec une section rythmique qui décoiffe. Un nouveau line up certes, mais une efficacité redoutable. Quelques problèmes de son au niveau de la guitare mais on n’en prend quand même plein les oreilles. Du bon nu métal qui mélange tout de même les genres mais pour un plaisir décuplé. ‘This is War’ était un des morceaux très attendu ainsi que ‘I am loco’. Un show très pêchu et qui a mis le feu aux poudres de la Mainstage.

Les Frenchy du jour ce sont bien sur les Tagada Jones et on peut dire que le public les attendait tant la foule s’est amassée devant la scène. Tadaga Jones lâchent tout, balancent leur hargne, leur puissance et ça donne un concert de fou. Rejoints sur scène par une dizaine de percussionnistes qui tapent sur d’énormes bidons, ça fout la chair de poule tellement ça raisonne, tellement c’est bon, tellement c’est puissant. Et encore plus quand la foule reprend en chœur l’hymne qu’est ‘Mort aux cons’. ‘Gasoline’ avec les bidons de l‘enfer et les flammes que crachent la scène. ‘Je suis démocratie’, ‘Nation to nation’, tant de titres qui ont conquis le public cet après-midi avec leur puissance live.

Les californiens d’Ugly Kid Joe poursuivent sur la Mainstage. Un groupe dont on a peu entendu parler ces dernières années, depuis leur succès dans les années 90. Cependant ils sont attendus aujourd’hui car personne n’a oublié les hymnes que sont ‘Everything about you’ et ‘Cats in the cradle’. Et Ugly Kid Joe va nous les offrir sur un plateau histoire de réjouir tout une foule impatiente. Les titres s’enchainent, c’est propre, c’est une belle distraction et c’est surtout très efficace. Un show vraiment impeccable, le groupe n’a pas pris une ride ni techniquement ni vocalement. Les membres semblent se faire un gros kiff sur scène et c’est contagieux. On en redemanderait si on n’était pas en festival. Un bon concert et une agréable surprise aujourd’hui.

Niveau Mainstage c’est du costaud aujourd’hui, et donc on poursuit avec toujours du lourd : Bullet for my Valentine. Plus rock encore, des riffs plus lourds, une voix qui passe de la mélodie au ton plus heavy, bref ça sonne et ça donne envie de se bouger. ‘Tears don’t Fall’, ‘Piece of me’, ‘Shatter’, ‘The Fight’, tous les meilleurs morceaux du groupe se suivent pour le plaisir de tous. C’est terriblement efficace et ça va droit au but. Un set totalement surprenant, que l’on ne voit pas arriver et qui envoie sévère. Cela remet définitivement à leur place les personnes qui pensaient encore que Bullet for my Valentine n’est qu’un groupe rock FM ou à midinettes.

En parlant de bon gros groupe, voici les gars venus du nord, j’ai nommé les suédois d’Avatar. Encore un groupe qui est très attendu, aux vues des très nombreux maquillages semblables à celui du chanteur que l’on peut retrouver dans la foule. Car oui, on les attend de pieds fermes les gars d’Avatar car beaucoup le savent, c’est un spectacle ! Mélange de style aussi, mais plutôt nu metal, ils ne font pas dans la demi-mesure. Le jeu de scène est très théâtral et Johannes Eckerstrom est un acteur né. Les musiciens sont tout aussi efficaces sur scènes et jouent aussi de leur côté rock metal heavy. On appréciera les tubes comme ‘Bloody Angel’, ‘The eagle has landed’ ou encore ‘Let it burn’ joués avec puissance. Pour les connaisseurs/fans du groupe, il est évident qu’il y a un problème de son, ce qui empêche clairement de profiter pleinement de toute la puissance vocale que le chanteur peut offrir. Un concert qui nous laisse avec une légère pointe d’amertume et de frustration.

Les heures défilent, mais la température n’en finit pas de grimper et ce n’est certainement pas avec Bring me the Horizon qui cela devrait s’arrêter. Les jeunes anglais savent comment exciter encore plus des spectateurs déjà conquis et en transe. Un gros métal, une machine a tubes et c’est parti pour un show énervé et racoleur. Oliver Sykes sait y faire et ses cris écorchés, son jeu de scène exhorte le public à encore plus prendre son pied. D’ailleurs ça slame, ça pogotte à nouveau dans tous les sens et au fur et à mesure des chansons les circle pits s’élargissent et s’intensifient, c’est la folie dans la fosse.  Et ce n’est pas ‘Shadow Moses’ ou ‘Mantra’ qui calmera le jeu avec même des danseuses très énergiques sur scène histoire d’envoyer encore plus la sauce.

On calme un peu le jeu avec des notes plus aériennes, des solos plus perchés qui pose une ambiance plus oldschool, bikers et cigares. Voici Black Label Society et son célèbre chanteur/guitariste Zakk Wylde. Quelques rides et kilos de plus, une barbe à la ZZ Top, vêtu d’un somptueux kilt jaune immanquable qui lui va à ravir, Zakk est dans la place. Les musiciens nous offrent un concert calme, aux sonorités heavy, lourdes mais empreintes d’une ambiance de bar de bikers. Une bière à la main, on écoute, on profite, on ferme les yeux parfois et on y est. ‘A love unreal’, ‘Set You free’, ‘Stillborn’, les morceaux s’enchainent, les solos fusent avec parfois un côté théâtral un poil poussé (solo joué de derrière la tête) mais ça fait du bien. Black Label Society c’est toujours un bon moment de rock’n’roll mais l’on peut dire qu’avec le temps notre bon vieux Zakky s’est calmé. Nous sommes bien loin des concerts d’avant, remplis d’ivresse, de brutalité et de spontanéité.

Pendant que Black Label Society termine son concert bien léché, la véritable guerre se prépare à côté. Les décors s’installent et annoncent une rafale imminente de décibels. Les chouchous du public ce soir ce sont eux : Sabaton. Personne n’a oublié les supers remplaçants de 2019 et aujourd’hui ce sont eux les vedettes. Une scène digne d’un plateau de cinéma avec une reconstitution d’un champ de bataille : barbelés, sacs de sable et autre char d’assaut. Un show d’une énergie à couper le souffle. Les suédois ont la pêche et la transmette à un public venu en masse les écouter. Leur musique est une décharge de bonne humeur, de rythmes entrainants et surpuissants. Ça sent la machine en live ! Machine de guerre, machine de concert plutôt ! Le show est d’une efficacité redoutable, tout est parfait. ‘Ghost Division’, ‘Christmas Truce’, ‘Primo Victoria’, beaucoup de titres repris par la foule pour le bonheur de tous, de l’afficionado au novice.

Mais la méga star de cette soirée, c’est évidemment Metallica. Non seulement parce que c’est l’évènement phare de cette double édition anniversaire, mais aussi car c’est LE groupe mythique de métal incontournable depuis maintenant 40 ans. Le snake pit est prêt, les écrans sont prêts, la batterie à paillettes est prête, le public est chaud comme une baraque à frites. Nous sommes prêts également, en place pour certains depuis 11h40 ce matin à camper devant les Mainstages. L’emblématique ouverture sur Ennio Morricone résonne, il n’y a plus de place au doute, ils sont là, c’est l’entrée sur scène des membres du groupe. Ils attaquent fort instantanément avec le morceau ‘Whiplash’. Une pure folie s’abat sur Clisson. 15 ans qu’on les attendait ici c’est dire si la fureur est à son comble. Et c’est une attente qui sera récompensée puisque ce soir on pourra entendre et chanter à tue-tête sur ‘For whom the Bell tolls’, ‘Enter Sandman’, ‘Sad but True’, ‘One’, ‘Nothing Else Matters’, ‘Seek and destroy’, Master of puppets’ etc. Des émotions, des images, des solos, des sourires, un feu d’artifice, bref Metallica nous offre tout et le public est conquis. 2 heures de show sous les meilleurs hospices. Une belle claque métal, une démonstration épique digne des 15 ans du Hellfest. On en prend plein les yeux, plein les oreilles et même si ce n’est pas le meilleur show de Metallica, c’est un concert avec une belle émotion et prestation formidable et efficace à vous en faire dresser les poils. Si les vieux comme Guns n’ Roses et Whitesnake peinent parfois à assurer le show, Metallica reste une machine qui emporte tout sur son passage, James aux commandes avec toujours autant de ferveur et de puissance vocale, là où d’autres coulent et ne remontent plus. Si James, assume depuis quelque temps n’être pas en grande forme et avoir comme nous tous, des doutes et des angoisses, il rappelle au public l’importance de prendre soin de nous, de faire attention aux uns et aux autres. Qu’il ne faut pas hésiter à demander de l’aide et que la grande famille du metal et Metallica est là pour nous. Si le public attendait Metallica depuis longtemps sur la scène du Hellfest, le groupe ne manque pas de nous rappeler qu’eux aussi attendaient également ce moment là avec impatience. Le concert se termine en beauté avec ‘Master of puppets’ et un mini feu d’artifice.

Et puis, comme promis, édition anniversaire oblige et aussi pour ne pas se quitter ainsi, c’est par un superbe feu d’artifice que se clôture cette 15ème double édition. Un feu d’environ 15 minutes, synchronisé avec du bon gros rock’n’roll. Les premiers pétards éclatent sur le rythme entrainant de ‘The number of the beast’ d’Iron Maiden. Le temps de projeter sur les écrans la date du Hellfest 2023, qui se tiendra les 16, 17 et 18 juin 2023 prochain. Une édition qui reviendra sur son format original de 3 jours. Rendez-vous est donc pris, vous avez les dates, pas de noms mais avec le Hellfest vous ne serez jamais déçu, qu’on se le dise.

On se dirige lentement mais surement vers la sortie, des étoiles pleins les yeux, des acouphènes qui résonnent dans les oreilles et des ampoules pleins les pieds.
Un double anniversaire d’anthologie s’achève ici, une édition unique qui restera gravée dans les mémoires de tous.

Vous nous manquez tous déjà…mais le compte à rebours est lancé, on ne se dit pas au revoir, mais à l’année prochaine, au même endroit.

Amour, chatons et ROCK’N’ROLL.

[MD /AP / TE]
[Photos Chris Guillaudin – Sifaka Com]
Retrouvez la galerie photos du Hellfest sur le site Sifaka Com

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