Flavien Droux – a la recherche d’un Nouveau Monde sans covid !

Au Nouveau Monde de Fribourg, on essaye de passer cette période nauséabonde avec humour, arme toujours efficace pour lutter et montrer à ce maudit virus qu’il n’aura pas le dernier mot sur notre envie de liberté et de culture ! C’est ainsi que nous pouvons admirer depuis quelques temps à l’entrée de l’établissement une magnifique affiche nous annonçant des programmations pour le moins farfelues comme par exemple le concert de Céline Dion accompagnée de Slayer … On ne demande qu’à voir ! La salle de concert établie depuis 2007 dans l’ancienne gare de Fribourg attend désespérément de pouvoir ré-ouvrir et de goûter à nouveau à cette douce sensation faite de rencontre, de partage, de bonne ambiance et bien sûr de musique, un cocktail savoureux qui se déguste sans modération mais difficile à trouver actuellement en cette période de prohibition… Trêve de paroles, laissons Flavien Droux, programmateur de l’établissement, s’exprimer sur la période actuelle et nous donner des nouvelles du Nouveau Monde !


Comment allez-vous et comment vivez-vous la situation actuelle ?

Écoute on va bien. Le moral est là, le fun un peu moins ! Mais on espère toutes et tous pouvoir accueillir à nouveaux des artistes chez nous, du public, revoir notre staff et revivre des émotions via la culture. Et bien entendu refaire des pogos plein de bières !

Avez-vous reçu des aides et en êtes-vous satisfait ? Est-ce que vous vous sentez soutenu et appuyé ?

Oui nous avons reçu des aides, de ce coté là nous sommes contents et soulagés. Nous sommes même assez privilégiés dans le canton de Fribourg. Et on se sent soutenu par les autorités, mais aussi par le public. Les gens ressentent ce manque de culture, on se dit donc qu’on a un vrai rôle à jouer sur l’humeur de notre société. Le gros soucis est plutôt l’aide pour les artistes et les techniciens. Ce sont malheureusement toujours les moins bien loti alors que c’est eux qui font vivre notre milieu. Il va falloir que ça change !

Craignez-vous que la pandémie dure plus longtemps que prévue ? Comment est-ce pris en compte ? comment vous organisez-vous en conséquence ?

L’avenir est vraiment compliqué à imaginer. Nous avons subi les diverses vagues et restrictions sanitaires, toujours avec un coup de retard. Tout en restant optimistes et parfois naïfs. Actuellement on réfléchit nos événements comme des événements assis avec une jauge réduite, une fermeture avant minuit. On a plein d’idées pour proposer des événements cool dans ces conditions. Mais même ce genre d’événements ne peuvent pas se faire, et on se demande à partir de quand ils pourront avoir lieu. Quand est-ce qu’on aura assez de garantie pour imaginer relancer la machine. Pour le moment nous profitons d’accueillir plusieurs résidences artistiques. Par exemple à mi-janvier nous avons accueilli, via l’Opération Iceberg, le groupe de Death Metal “Fractal Universe” durant 3 jours, coaché par Christian Andreu de Gojira.

L’arrivée prochaine des vaccins peut-elle jouer un rôle important à l’avenir dans l’organisation de grands événements ? Et y a-t-il un risque que le vaccin devienne obligatoire pour les grand concerts ?

Je n’ai pas les compétences pour pouvoir répondre à ce genre de question, sauf pour faire des hypothèses. J’ai l’impression que le vaccin est actuellement la seule solution pour améliorer cette situation, surtout pour les grands événements. Mais peut être que pour cet été c’est encore trop tôt. C’est pourquoi, nous allons adapter notre programmation aux plus de 75 ans !

Vous vous êtes engagés sur des dates précises en 2021, avez-vous prévu des alternatives (des plans b ou c…) s’il vous est impossible d’organiser vos événements dans les conditions habituelles ?

En 2020 nous avons du annuler plus de 80 événements. Nous avons du repenser toutes nos façons de faire. Sur la première vague, on a réussi à se retourner assez rapidement en proposant une plateforme live stream. Un super projet. Sur l’automne on s’est adapté à beaucoup de restrictions sanitaires. Donc on a l’impression d’être prêt quoi qu’il arrive. La programmation de 2021 est déjà bien établie, avec beaucoup de report ou de rerereport. Sans aucune garantie qu’elle puisse avoir lieu. On vit plus au jour le jour, la programmation et la communication de nos événements vont se faire dans un timing bien plus court que d’habitude. Tout ceci demande beaucoup d’énergie, mais on a envie d’être là dès que ça pourra repartir !

Quels seront les conséquences à long terme de cette crise pour vous ? Et pour l’industrie musicale en général ?

J’espère qu’il y aura des conséquences positives : l’envie de fédérer les acteurs culturels, les artistes. Avoir une meilleure reconnaissance et compréhension des métiers de la culture : son importance sur la société, son importance économique. J’espère surtout qu’il y aura énormément de groupes qui vont sortir des albums, qui auront des choses à dire. L’envie de jouer énormément de concerts. J’espère que le public sera assoiffé de culture, de sortir, de créer des liens humains. Peut être qu’un magnifique mouvement culturel va ressortir de tout ce bordel.

Comment voyez-vous l’avenir ? Peut-on toujours se lancer dans des projets ambitieux ?

Aujourd’hui, imaginer un concert assis à 50 personnes est déjà très ambitieux. Je pense que pour ces prochains mois il faudra se contenter de choses basiques, de petites choses. En profiter à fond. Revenir à l’essentiel. Un petit concert dans un salon peut te procurer autant voire plus d’émotions qu’un concert dans un stade. Le seul projet ambitieux est de prendre du plaisir, quoi qu’il arrive !

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