Emilie Zoé – Hello Future Me / The Companion EP

D’abord un album huit titres paru en début d’année (« Hello Future Me »), puis désormais son « compagnon » sous forme d’EP. Emilie Zoé nous convie à découvrir toute une série de missives, comme des lettres envoyées dans le futur. Si l’idée était que ces messages la musicienne romande se les envoyait à elle-même, sur scène elle tenait à préciser qu’ils sont évidemment aussi destinés à nous tous, si elle devait ne plus être là, et même aux arbres, aux fleurs, si nous non plus nous n’étions plus là. Des textes qui dévoilent beaucoup de sa fragilité, de ses doutes sur le chemin à suivre, de ses envies de partage, portés par des mélodies parfois délicates, parfois lunaires, d’autres fois plus brutes, toujours envoûtante. Et là où un oiseau et un piano solitaire nous accueillaient avec une certaine légèreté sur l’opus sorti en février, là où Emilie Zoé insistait sur le fait de rester soi-même malgré l’envie de passer les frontières, en ouverture du nouvel EP, d’une guitare un peu rêche et sur un tempo poisseux elle nous propose un visage plus soucieux de ce temps que l’on gaspille, de cette terre que l’on vilipende, alors qu’il faut au contraire croire en l’espoir (« Dinosaur »). On a dit cette première chanson rauque et un peu sombre, mais à l’image de la construction de cette collection de titres, le travail de l’artiste se dessine sur des failles, arpente des chemins détournés et par une juxtaposition d’instruments aux teintes opposées offre des points d’accroche éclatants. Jouant sur l’antagonisme acoustique et électrique (« Castle »), sur la complicité vocale avec son batteur Nicolas Pittet et les cassures rythmique (« Save The World »), sur la complémentarité du monochrome et de la lumière (« Little Hand ») ou sur la fragilité d’une tempo mécanique (« The Field »), la musique est tressée de textures fines, de rock, de folk, de sauvage, d’émotions. Brillant de bout en bout. 

https://emiliezoe.com

Note: 5/5

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