BLACK WILLOWS – Shemurah

Bière dans la main gauche. Forte. Téléphone dans la main droite, avec la musique dans les oreilles. Forte elle aussi. Ça me ferait presque oublier les ballottements du train – j’avoue qu’il y aurait eu conditions plus idéales pour découvrir et apprécier ”Shemurah” de Black Willows. Par exemple, seul.e dans la toundra. Ou bien avec une bande de joyeux lurons prête à brûler des cierges et des vierges. En tout cas avec un morceau sur deux qui dépasse les dix minutes, et le tout premier presque vingt (bon, c’est du doom, c’est normal, même à 65 bpm), voilà effectivement le voyage promis par Black Willows. Les basses et guitares lourdes et lentes font bien le taff’. La batterie ne s’excite pas plus que nécessaire. Et pour la voix, caverneuse à souhait (surtout dans les premiers morceaux) quand elle n’est pas teintée de shamanisme, j’admets que je préfère quand elle reste dans les tons graves, qui sont de circonstance. Heureusement, c’est le cas 90% du temps. C’est d’ailleurs une qualité de Black Willows, qui sait mettre le chant en avant justement en n’en abusant pas et en le distillant avec parcimonie. Un dosage qui permet, en tout cas à votre humble serviteur, de mieux se plonger dans la noirceur des ambiances proposées. Ou plutôt de l’ambiance, au singulier, car même s’il y a pléthore de variations de thèmes, de tempos, d’effets, etc. on n’a l’impression de n’avoir entre les oreilles qu’une pièce unique. Shemurah s’écoute facilement d’une traite en regardant les paysages défiler, sans que l’on ne se rende compte que les morceaux différents aient eux aussi défilé, en dépit des passages plus calmes (comme ‘Anathem’) et des ‘Interlude I’ et ‘Interlude II’, qui ne sont pas plus des interludes que des morceaux de grindcore. Pour ces lausannois, le nom Shemurah reste un mystère. Mais selon Aleister Crowley, la voix de Black Willows, cet opus n’est pas tant un album qu’un “très long mantra, qu’il faudrait écouter comme quelque chose qui traverse votre subconscient, votre âme, et entre en vibrations avec ; comme une session de médiation…” Vous êtes averti-e-s, si vous y plongez, c’est pour aller jusqu’au bout du voyage.

www.blackwillows.net 

4/5

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