ATROCIA – Novembre 2015

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Pouvez-vous vous présenter et faire l’historique du groupe ?

Salut à tous et merci de nous accorder cette interview. Il y a Julien au chant et à la guitare, Cyril à la guitare, Arnaud à la basse et moi (Pierre) derrière les fûts. On est donc de Saint-Nazaire et alentours. Le groupe existe depuis 2003, depuis douze ans maintenant et on fait du death metal que certains qualifieront d’old school. On vient de sortir notre deuxième album auto-produit mais sorti avec le soutien de M&O Office pour la promotion et de M&0 Music pour la distribution numérique.

Ca n’a pas été trop dur de trouver un nom de groupe vu le nombre de groupe de death qu’il existe déjà et l’imagination débordante des membres de cette communauté ?

À vrai dire, le nom du groupe a été choisi un peu par hasard. À l’époque, il nous fallait un nom pour nous inscrire dans les locaux de répétition. On écoutait des groupes comme Sepultura ou Pantera donc Atrocia ça sonnait bien! On a pas mal hésité à changer de nom à un moment donné et puis, les gens de la région nous connaissant sous ce nom-là, on a finalement décidé de garder ce patronyme.

Comment s’est fait accueillir votre nouvel album ?

On a eu d’excellents retours de la part des gens qui nous soutiennent (y compris à l’étranger) ou de la part des groupes avec lesquels on a pu jouer et de très bonnes critiques de la part des webzines, ce qui est vraiment encourageant! Certains attendaient cet album depuis un moment, d’autres nous ont découvert avec celui-ci. En tous les cas, on a vraiment l’impression d’avoir franchi un cap avec cet album, au moins sur le plan artistique. À notre concert de sortie à Saint-Nazaire, on a été agréablement surpris par le nombre de spectateurs et notre merchandising a pris une claque !

Pourquoi y a-t-il eu un trou de 6 ans entre Gambling with the reaper et Inward chaos ?

Gambling With The Reaper était encore considéré comme une démo à l’époque où on l’a enregistré, du coup on a pu sortir cet EP assez rapidement, sans trop s’attarder sur la production. En 2008, au moment où l’on s’apprêtait à enregistrer le premier album, deux membres du groupe ont décidé de quitter l’aventure, ce qui a failli mettre un terme au groupe. On a finalement décidé de continuer en faisant revenir notre premier chanteur et en recrutant un nouveau bassiste. Mais tout ce processus a nécessité une période de transition et de réapprentissage des morceaux ce qui nous a emmené en 2010 lorsque nous avons enregistré Inward Chaos. Ensuite, il y a eu pas mal de problèmes techniques avec l’enregistrement (certaines pistes ont dû même être ré-enregistrées) et le mixage a pris énormément de retard, ce qui nous a amené à sortir l’album qu’en 2012. Pour ce deuxième opus, nous avons décidé de travailler avec d’autres personnes, plus professionnelles, et tout s’est passé pour le mieux. Donc le rythme des prochaines sorties devrait revenir à la normale !

 

Vu l’endroit d’où vous venez, ce ne doit pas être trop dur de trouver des dates ? Vous tournez beaucoup ?

Par ici, l’effet Hellfest a sans doute accru la popularité du metal, toutefois cela reste essentiellement les cafés-concerts qui en programment. Pour les SMAC et autres salles, le metal reste un style marginal au sein de la programmation, ce qui est bien dommage. On a pas mal joué dans les grandes villes de l’Ouest comme Nantes et Rennes. Maintenant, notre but est d’aller conquérir d’autres régions.

Avez-vous déjà participé à de gros concerts / festivals ?

On a eu l’opportunité de faire quelques premières parties prestigieuses, notamment avec Gojira chez nous et avec Possessed à Paris. On a également participé aux deux premières éditions du Bloodwave Metal Fest à Saint-Nazaire qui a accueilli des groupes comme Supuration, Mercyless, Svart Crown, Otargos, Recueil Morbide et Ad Patres. Jouer à d’autres festivals sera l’une de nos priorités pour 2016.

Comment voyez-vous l’évolution du metal en général depuis les années 2000 ?

Le nombre de groupes est devenu hallucinant. Il y a eu une véritable effervescence que ça soit chez nous ou en Europe de l’Est. Il est donc plus difficile aujourd’hui de se démarquer qu’il y a 25 ans. Inévitablement, lorsqu’on est fan de metal, on est influencé d’une manière ou d’une autre par une multitude de groupes, c’est pour ça que l’originalité aujourd’hui est forcément relative. Ce qui nous importe c’est de réaliser notre propre mélange d’influences et surtout de faire ce qui nous plaît, pas forcément de révolutionner un art qui aujourd’hui touche peut-être ses limites en matière de créativité.

Ce qui est dommage à mon sens c’est que le metal tend à s’uniformiser, notamment en matière de production : des sons synthétiques, mécaniques et froids qui n’offrent pas beaucoup de diversité en matière de timbre. C’est pour cela que pas mal de groupes se ressemblent, ne serait-ce qu’au niveau du son, alors qu’il y a 20 ans, la plupart d’entre eux avait un son qui leur était propre. C’est sûrement aussi pour cela que les groupes des années 90 ont plus facilement laissé leur empreinte dans le paysage musical.

Dans le death metal, on a eu également ces dernières années une vague de groupes qui recherchent la virtuosité mais qui oublient parfois la musicalité (le groove, la mélodie, le changement de dynamique…), ce qui, à mon avis, reste le plus important dans la musique. Et je pense que pas mal de gens commencent à s’en rendre compte et reviennent un peu aux sources.

Et Atrocia dans 10 ans ?

Si l’on est encore là, on espère que l’on se sera fait un nom, au moins dans l’hexagone, que l’on aura partagé l’affiche avec d’autres grands noms du metal, à travers l’Europe et pourquoi pas en dehors, et que notre musique aura un impact sur la scène metal.

Pouvez-vous nous donner votre top 5 artistes – album qui vous ont le plus marqué ?

Au nom du groupe et en restant dans la sphère death/thrash je dirais :

  • Napalm Death – Harmony Corruption
  • Sepultura – Arise
  • Cannibal Corpse – Butchered At Birth / The Wretched Spawn
  • Suffocation – Effigy Of The Forgotten
  • Dying Fetus – Destroy The Opposition

 

Groupe : Atrocia

Label : M & O Music

Promotion : M & O Office

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