Débranche tout !

Et départ pour le Zermatt Unplugged 2019

Le Daily Rock a enfilé ses chaussures de montagne et mis sa grosse doudoune à capuche pour monter à Zermatt et vivre les deux premiers jours de ce festival Unplugged, unique en son genre et dans un cadre exceptionnel et magique, une quinzaine de scènes de la station jusqu’au pied du Cervin et 80 artistes à découvrir …. Que du bonheur !

Mardi 9 avril, 11h30, on arrive dans l’immense parking de Täsch, où l’on laisse notre voiture, notre natel, nos soucis et on débranche tout.

On prend nos valises et le train pour Zermatt. A peine arrivés en station, l’ambiance est déjà reposante, pas de voiture, des calèches à chevaux, la foule qui se traîne de terrasses en terrasses en profitant du soleil radieux qui inonde la vallée en cette fin de saison de ski. Déjà quelques notes flottent dans l’air et l’envie de vivre pleinement ce festival se fait sentir.

On prend notre chambre d’hôtel et on contrôle que le matériel photo est en ordre, puis on file vers notre première scène en rentrant dans la montagne par un tunnel qui nous amène à l’ascenseur pour le paradis, eh oui, la porte s’ouvre sur la terrasse du Schönegg et la vue sur le Cervin est époustouflante. Il est là devant nous, majestueux, baigné de soleil et dominant ce Zermatt Unplugged d’une façon patriarcale.

On se pose face à la scène miniature avec un bon verre de petite arvine et on déguste la douce balade interprétée par Bobby Bazini. Bazini est autant italien que Paolo Nutini est …… écossais, il est donc canadien, de la belle province de Québec. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là, même style, avec ce grain de voix unique, une magnifique découverte pour ouvrir les feux de ces deux jours qui s’annoncent déjà merveilleux. Je profite de lui demander quel effet ça lui fait de jouer dans un cadre aussi grandiose ? Il me répond, avec ce délicieux accent québécois : à chaque que je lève la tête et que je vois ce paysage fabuleux je me dis ‘mais c’est incroyable’. A n’en pas douter, on va reparler de ce sympathique québécois qui est ‘tombé en amour’ de Zermatt.

On quitte ce splendide balcon et on grimpe jusqu’au ‘Place to be’, la terrasse du Cervo, autre ambiance, mais toujours cette extraordinaire vue sur le Matterhorn. Sur la belle scène, les suisses Steiner et Madlaina nous offrent leur Indie-folk-pop plaisant et rafraîchissant. Le public bigarré à souhait, entre festivaliers, skieurs, surfeurs et clubbers, c’est un joli mixte d’après-ski-concert-disco au pied de mazots centenaires, c’est ce charmant mélange qui fait que ce festival est unique en son genre.

Retour en station pour découvrir The Taste Village, des effluves de raclette, de cervelas grillés et autre risotto à la truffe, un vrai melting-pot de saveurs locales et exotiques, et une oasis de détente avec, toujours, de la musique live acoustique par les genevois Cyril-Cyril qui distillent leur disco-psyché-ethno rythmé et envoutant. La nuit tombe sur la vallée et nous entrons au Foyer pour attendre le concert de Passenger qui aura lieu sous le chapiteau d’à côté, un petit moment de répit, dans cette, déjà, belle première journée.

20h30 précises, l’artiste débarque seul avec sa guitare sur la grande scène et commence son show folk-pop tranquillement mais, avec son métier, arrive à saisir son public pour le faire lever à de nombreuses reprises. Un très bon moment de partage entre Passenger, seul, et ce chapiteau sold-out, acquis à sa cause. Ses mélodies restent en tête encore longtemps, un très joli concert par un bel artiste. En route pour notre dernier concert du premier jour, nous entrons dans la salle du Vernissage créé par l’artiste Hans Julen, un club moderne avec une belle scène et une déco tendance très réussie, mais notre concert n’est pas là, juste 100 m plus loin, sous l’hôtel Alex, pour voir la prestation de Sophie Hunger, une artiste suisse des plus appréciées à l’international.

Début du concert à 23h00, on commence à être fatigués, mais nous sommes curieux de voir où Sophie Hunger va nous emmener ce soir, elle qui vit à Berlin et vient de sortir un album plutôt électro. Un grand écart réussi, car son retour à l’Unplugged s’est fait dans une douceur agréable. Cette douceur nous a accompagné dans les bras de morphée pour une bonne nuit de sommeil.

2ème jour, le mercredi, après un super petit-déjeuner, nous commençons notre visite par la belle terrasse de l’Alex Hôtel où Sacha Love débute son concert à midi, pile poile pour l’apéro. Tout de suite son swing-blues sent la Louisiane et on se demande si c’est toujours la Matter Vispa qui coule à travers Zermatt ou si c’est le Mississippi. Le guitariste fribourgeois et sa troupe internationale mélange le blues et le rock’n’roll, ça groove dans une bonne humeur communicative. Retour au Cervo pour découvrir les zürichois de Cheibe Balagan qui ont mis le feu à la terrasse avec leur jovialité et leur swing-jazz yiddish entraînante, les après-skieurs ont même improvisé une chenille déjantée.

Sur le chemin du retour au village, les bars après-ski se succèdent et l’ambiance monte d’un cran.

Le Village n’est plus au centre de Zermatt, mais de Praborgne (son ancien nom !) tellement il y a de bas-valaisans et de nombreux suisses romands, jamais Zermatt n’avait autant parlé français, la venue de Cabrel a attiré la francophonie et tous attendent fébrilement le début de son concert sous le chapiteau. L’entrée en scène du grand Francis est sobre, seul à la guitare, il entame ses standards avec un son impeccable. L’émotion est bien là, les larmes coulent sur les visages, les yeux brillent dans la nuit. Après trois morceaux en soliste, son groupe le rejoint pour l’accompagner superbement jusqu’à l’extase des derniers morceaux où le chapiteau est debout pour acclamer Cabrel. On l’a senti heureux de venir chanter dans cette région avec ce beau caillou au fond de la vallée.

Avant de prendre le dernier train, un petit saut au concert de Tom Odell. Un grand moment de poésie, des chansons sublimement interprétées avec une mélodie de piano qui vous entraîne encore plus haut. A même pas 30 ans cet artiste britannique peut encore nous surprendre de longues années avec ce mélange envoûtant et magique qui dégage de sacrées émotions et qui vous donnent des frissons sans même comprendre les paroles …. C’est peut-être ça le vrai talent.

Et voilà retour au parking et on rebranche la prise du train-train quotidien avec des étoiles pleine la tête. Vivement la prochaine édition du Zermatt Unplugged ……. Pour débrancher à nouveau le courant.

Texte par David Bétrisey

www.zermatt-unplugged.ch

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