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Le trio australien a sorti sa nouvelle collection sonique hiver/printemps. Tout y est: l’énergie sauvage, la voix cristalline, les incantations chamaniques, les riffs ancrés dans le Noir Sabbat et l’ode à la femme-louve. Extraits d’un entretien empreint de positivisme avec sa tête pensante (et chevelue).

‘Victorious’ est un titre enthousiaste. De quelle victoire parlez-vous?

Andrew Stockdale: De ces petites victoires que chacun d’entre nous peut obtenir au quotidien. Pour un fumeur qui essaie d’arrêter, un jour sans fumer est une victoire. Le titre de l’album n’est pas à prendre au sens compétitif, mais sur un plan personnel. Pour moi, me produire sur scène malgré une journée difficile peut être une victoire parfois. Etre victorieux, c’est un état d’esprit: profiter des petites choses de la vie, franchir des obstacles, cela en fait partie. Les petites victoires peuvent nous aider à en obtenir de plus grandes quand il s’agit d’affronter des problèmes plus graves.

Quels sont vos secrets pour ‘tirer le meilleur d’une mauvaise situation’, comme vous le chantez sur l’album?

Le plus important est d’avoir une perspective positive sur les événements et de ne pas amplifier les problèmes. Tout est une question de proportions. J’essaie aussi d’être reconnaissant pour ce que j’ai. La gratitude prend une grande place dans ma vie: je suis reconnaissant parce que je mange à ma faim, j’ai un toit, je fais ce que j’aime faire et je suis entouré de mes amis. En tant qu’humains, nous sommes parfois obligés d’être créatifs et imaginatifs quand il s’agit d’exagérer nos peurs, nos anxiétés, nos soucis. Voir les problèmes en ayant pris de la hauteur aide à les relativiser. Et puis jouir pleinement des bons moments et des expériences positives renforce notre bien-être.

Que faire si une situation déplaisante persiste et que malgré toute la bonne volonté du monde on ne peut rien y changer?

Alors il faut avoir le courage de changer quelque chose. Nous avons presque toujours le choix de sortir de nos problèmes. J’ai étudié la photographie pendant trois ans. Je faisais des shootings pour des magazines et des défilés de mode. Un soir, alors que je photographiais des filles, j’ai réalisé que je n’aimais pas ce que je faisais. Je n’aimais pas toute cette superficialité, ni l’atmosphère, ni l’entourage. En plein shooting, je suis sorti et je suis parti. Un mois plus tard, je formais un groupe de rock. Parfois, le fait de ne pas être heureux peut être un catalyseur pour passer à autre chose.

Dix ans déjà que vous avez commencé. Avec le recul, de quoi êtes-vous les plus fiers?

De nos chansons, sans hésitation. Quand je jette un œil à notre setlist en concert, je réalise que nous avons un catalogue de chansons non négligeable. La joie visible sur les visages de nos fans ne fait que renforcer notre vigueur sur scène. Quand nous avons débuté, je me disais que si nous dégottions un concert par semaine, ce serait déjà très bien. Sur cette tournée, nous jouons six soirs par semaine pendant trois mois. Nous avons donné des centaines de concerts dans le monde entier. Toute notre carrière est construite sur nos chansons.

Considérez-vous que vous avez ouvert la voie, en 2006, à des groupes qui aujourd’hui forment le cœur du rock rétro, comme Rival Sons, Blues Pills ou The Temperance Movement?

Je le pense sincèrement et j’accepte que l’on me donne ce crédit. Lorsque ‘Woman’ est sorti, cela a créé une inspiration. En voyant que nous avions obtenu un Grammy pour cette chanson, d’autres groupes se sont dit qu’ils avaient une chance de percer en mettant l’accent sur les riffs de guitares et en perpétuant un vieux style de musique mais d’une manière nouvelle. Toute l’histoire du rock est bâtie sur la réinvention du blues et de l’utilisation de la guitare à partir de ce qui s’est fait auparavant. Il ne s’agit pas de plagier, mais de se laisser inspirer par le meilleur. 

En concert le 23 août aux Docks de Lausanne

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