C’est dans la joie et l’allégresse que je me rends à Pratteln en ce vendredi ensoleillé de fin septembre. Cette zone industrielle située dans le charmant canton de Bâle-Campagne sera la Mecque du doom et du stoner pour les deux jours à venir. Même si le Z7 est une salle incontournable durant toute l’année tant sa programmation est pointue en termes de rock et metal, le pèlerinage annuel pour l’Up in Smoke festival reste un évènement tout particulier, et ce pour sa quatrième année consécutive. 

La formule reste la même que pour les précédentes éditions – deux scènes, la Main Stage dans la salle et la Smoke Stage en extérieur, sous tente. Petite restauration sur place, saucisses-frites pour résumer, après tout, le gras c’est la vie, et c’est bien pour ça qu’on est là.


Jour 1 – vendredi 30 septembre 2016

High Fighter démarre les hostilités à 17h00 pile. Et les allemands envoient du pâté ! La grosse patate en ouverture de festival, une chanteuse en forme alternant chant clair et growls pour un effet des meilleurs. On s’ouvre la première canette de Feld et on se dit « c’est parti ». Sinistro leur emboîte le pas sur la Main Stage, mais j’ai bien peur de ne pas pouvoir rester objective face aux miaulements incessants de la chanteuse. Je passe mon tour.

Les italiens de Giöbia seront les premiers ce soir à nous faire franchement planer avec leur acid rock alors qu’il fait encore jour. Mention spéciale au batteur qui porte un t-shirt Le Poulpe. Bref une très bonne entrée en matière pour ce qui nous attend juste après, j’ai nommé les lausannois de Monkey3, valeur sûre de stoner psyché instru. Comme à leur habitude ils ont scotché tout le monde. Leur nouvel album ‘Astra Symmetry’ est un vrai régal en live. Dÿse prend la suite sur la Smoke Stage, que dire, un bordel sans nom alors qu’ils ne sont que deux sur scène (guitare/batterie). Je ne m’y suis pas trop attardée.

Les grecs de 1000mods enchaînent sur la Main Stage, et ce sera pour moi LA CLAQUE du festival. Leur nouvel album ‘Repeated exposure to…’ est à mettre entre toutes les mains de fans de stoner et fut une véritable partie de plaisir en live. Du coup la transition sur le doom de SubRosa est un peu difficile tant les ambiances sont contrastées. Mais ayant eu la chance de pouvoir les admirer quelques jours auparavant en salle à Genève, je peux affirmer que leur show en vaut la peine. Truckfighters vient clore ce premier jour de festival à coup de sauts de cabris dont on a l’habitude lors de leurs shows. Leur stoner est concis et efficace, quelques longueurs psychés nous feront parfois espérer que c’est bientôt fini mais leur final triomphal a permis a tout le monde de quitter la salle avec le sourire. On titube joyeusement jusqu’à son hôtel / son sac de couchage / sa yourte et on se pieute rapidement car le plus lourd reste à venir le lendemain.


Jour 2 – samedi 1er octobre 2016

C’est avec un peu de pluie que démarre le jour deux de l’Up in Smoke 2016. Rien de bien alarmant, en plus tout est super bien organisé et couvert dans l’enceinte du festival.

Après un (ou 28) grands cafés, Ephedra nous attaque le bout de lard sur la Smoke Stage avec leur heavy stoner instrumental alors qu’il est à peine 12h40 du matin. Les jeunes de Zofingue maîtrisent leur sujet et annoncent la couleur de ce second jour : ce sera gras et lourd à souhait.

Le deuxième concert commence, avec cette voix féminine un peu agaçante, je m’approche et ah non, c’est un homme au micro. Mother’s Cake ne m’aura pas convaincue à cause la partie chant, désolée les gars… pourtant les musicos assuraient un max avec un son psychédélique à l’ancienne. L’enchaînement se fait en douceur avec Desert Mountain Tribe qui reste dans cette veine psyché suivi de Wucan sur la Main Stage et leur rock tantôt agité, tantôt plus serein, mené par sa sublime chanteuse maniant la flute traversière à merveille.

Il est désormais 16h30, les choses sérieuses commencent avec Black Cobra. Le sludge aux relents doom des Californiens tranche radicalement avec ce qu’on a eu depuis ce matin. Encore un groupe capable de te retourner une scène rien qu’à deux. Les légendes du désert prennent le pas sur la Main Stage : Yawning Man et Fatso Jetson. Acteurs incontournables de la scène desert rock depuis les année 80, ces mecs apparaissent un peu comme des héros aux yeux de nombreuses personnes dans le public ce soir.

Le reste de la soirée fut un enchaînement de bonnes claques en pleine face, entre le gros doom de Cough et Yob et les prestations plus que mémorables de Greenleaf et Elder d’une efficacité à toute épreuve. Et pour finir, les deux têtes d’affiche du festival se retrouvaient ce soir et sont apparues comme une consécration à l’issue de ces deux journées bien remplies. Pentagram et son fougueux Bobby au micro depuis plus de 40 ans ont su satisfaire leurs fans, et Electric Wizard est venu achever le festival (et les festivaliers) avec son doom plus lourd et malsain que jamais.

Bilan: une quatrième édition à succès ayant affiché complet et ce malgré l’annulation de John Garcia. On regrettera juste que cela ne dure que deux jours ! Aller, il est temps quitter Pratteln, le foie certes un peu tendu, mais les dates de la cinquième édition étant déjà annoncées, on peut déjà se réjouir. RDV les 6 et 7 octobre 2017, toujours dans la mythique salle du Z7 pour à nouveau deux jours de stoner fou et doom dantesque. Vivement ! C’est pas pour rien que stoner rime avec bonheur.


Photos – vendredi 30 septembre : © Christian Ballard // samedi 1er octobre : © Nicolas Keshvary.

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