On se réveille un peu secoué de la soirée précédente, au milieu d’une Z7 nettoyée et polie pour garantir le repos de ses festivaliers. Une expérience à relever car peu courante. On admire d’ailleurs l’efficacité de l’équipe qui s’est chargée de la mise en place de la salle et du respect des festivaliers les uns envers les autres. Difficile de croire au silence quasi total qu’il y a régné cette petite nuit d’octobre et pourtant, c’était le cas.

Après un petit déj-brunch varié englouti sous la chaleur timide du soleil d’automne, c’est reparti pour un tour.

z7 up in smoke 2017

 

La journée commence avec les chaleureux italiens de My Home on Trees. Un chant de talent, la frontwoman réveille les foules avec une voix diaboliquement rock’n’roll, posée telle une icône de pierre sur le devant de la scène extérieure.

z7 up in smoke 2017 my home on trees

Puis c’est au tour de The Necromancers, qui déboulent avec leur énergie toute neuve. C’est bon, c’est bien fait, ça groove et ça fuzz mais cela manque tout de même un peu de couilles, la faute à un son trop propre ? Fumée, bruit, grain, où êtes-vous ?

Satan’s Satyrs tartine un peu trop le plat à tarte en déversant un stoner un peu vieillot, surtout au niveau de la voix grinçante de Clayton Burgess, le frontmann androgyne. Cela dit, l’énergie y est et la fumée semble de retour, sous une avalanche de cheveux.

satans satyr - z7- up in smoke 2017

Place est faite à un groupe du coin, Zatokrev. Zatokrev, les gars, la sève du démon, de la fumée, beaucoup et des concerts occultes qui font bourdonner le cerveau durant deux bonnes semaines. Au rendez-vous, le groupe bâlois se donne à fond mais ne parviendra pas vraiment à toucher un public qui peine à se mettre dans l’ambiance, en ce milieu d’après-midi. Il est effectivement un peu tôt pour ce genre de gourmet.

zatokrev - z7- up in smoke 2017

Nous voilà de retour dans la salle obscure qui se prête à merveille aux tonitruants vrombissements électriques d’un cerbère borgne à douze queues ; « Ladies and gentlemen, Beastmaker from fucking California ». Un son beaucoup plus lourd et … bestial, metal, bercé d’extraits audio saturés, le groupe met tout le monde d’accord, mais finira en avance, Trevor William Church se voyant forcé à battre en retraite après d’irrémédiables traitrises de plusieurs de ses cordes. Une petite pause et on continue avec cette programmation qui malgré quelques fausses notes, s’annonce royale. C’est donc à l’extérieur qu’on se confronte à la violence de Toner Low !

beastmaker - z7- up in smoke 2017 toner low - z7- up in smoke 2017

C’est du lourd, du très lourd, notre photographe y a certainement perdu la moitié de son ouïe, face aux subs basses. En effet, une exposition trop longue aux ondes de Toner Low n’est pas sans danger, surtout celui de devenir fanatique d’un groupe irradié par sa propre science. En transe, les hollandais broient tout sur leur passage avec un talent formidable.

Après telle expérience, place à un stoner rock plus doux mais talentueusement servi par Sons of Morpheus. Tâche leur est donnée de réveiller le public qui viens de se manger un parpaing ou deux. Ils y excellent et la foule trépigne. Un grand talent et un charisme saisissant émane de la voix d’or de Manuel Bissig. On en redemande.

 

On nage à nouveau dans le brouillard et on découvre les édifiant Church of Misery qui prêche la joie et les bienfaits d’un doom de qualité. Une eau bénite bienvenue qui coule dans nos nuques échauffées. Pour rester dans un contexte religieusement enfumé, Stoned Jesus nous invite, quant à eux, à rallier leur cause avec une énergie et un son puissant à en décoiffer un crucifié.  Ils sont trois et pourtant semble être dix sur une scène qui semble, une fois n’est pas coutume, bien trop petite.

sons of morpheus- z7- up in smoke 2017 church of misery - z7- up in smoke 2017

Avec une forte affluence de spectateurs qui semblent deux fois plus nombreux que le vendredi, Low Rider envoûte la foule, qui secoue frénétiquement le moindre de ses poils corporels. Leur son a quelque chose de très aérien, bercé par une voix qui semble à l’agonie, si parfaite. Après cette expérience et une foule en liesse, il est l’heure de retourner dans la caverne Z7 avec Orange Gobelin, qui non content de se créer une armée de fans répondant au doigt et à l’œil, peut se vanter de créer le plus gros wall of death du festival. Bestial comme on l’aime ! Windhand nous balance quelque chose de plus lent et résolument plus doom. Hypnotique et certainement très goûtu, mais malheureusement le son est affreux, la voix de Dorthia Cottrell est complètement effacée par les guitares, et cela en refroidit plus d’un puisque le public semble soudain avoir déserté les lieux. C’est vraiment dommage. Mais il faut avouer que le son de la scène extérieure laisse à désirer depuis le début de l’après-midi.

stoned jesus - z7- up in smoke 2017 lowerider - z7- up in smoke 2017

Nous arrivons gentiment à la fin de plus de 12 heures de musique avec les légendaires Saint Vitus en conclusion. Un concert pêchu par des musiciens charismatiques qui ont clairement des leçons à donner en matière d’énergie à un public mou dont il semble que l’on ait perdu la moitié de l’effectif.

orange gobelin - z7- up in smoke 2017

Le festival se termine dans cette mollesse mais a su proposer une programmation variée et de très bonne qualité, que l’on espère être au rendez-vous l’an prochain, avec un meilleur son et un public un peu plus endurant.

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