Par rapport à leur discographie, cet album fait partie des plus aboutis en termes de créativité et de profondeur. C’est sérieux comme entrée en matière, mais oui, Trivium a mûri, il faut bien le reconnaître. On se dirait que la fougue des débuts ait été atténuée avec le temps, mais pas tant que ça : dès les premières notes la recette Trivium est présente. L’énergie, la maîtrise du chant en growl autant qu’en clair et la facilité avec laquelle le chanteur Matt Heafy passe de l’une à l’autre est impressionnante. Cela dit, les fans comblés et rassasiés, un espace pour les touristes et les détracteurs se distingue rapidement lors de l’écoute avec au final une grande baffe dans la gueule. Et ouais ! Cette galette est une réussite. Certes, ce n’est pas le plus agressif des groupes, mais il n’empêche que les titres s’enchaînent harmonieusement. Si bien qu’il devient aisé de se le taper entièrement sans s’en rendre compte. Je dis ça avec une oreille et un goût absolument prononcés pour des groupes tels que Kreator, Behemoth, Nile et autre Sodom, c’est dire le niveau de bâtardise metallistique que je me trimbale depuis bientôt 35 ans. Du coup, mon avis sur cette rondelle prend une odeur de sainteté, qui n’est pas sans me filer de l’urticaire sévère à la limite de la purulence apocalyptique.Mais mon objectivité journalistique me force à l’admettre : ‘What The Dead Men Say’ est plaisant de bout en bout. En résumé, Trivium offre au monde un album puissant, aux textes symboliques autant que décalés, rien que ça. Non, sans déconner, je réenvisagerai sérieusement mon rôle de public-rejet lors de leur prochain passage au Hellfest ou au Motocultor.

Note : 4/5

www.trivium.org

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