2001, l’Odyssée de l’espace est, avant tout, un exercice d’ambiance. Il faut atteindre un certain degré d’hypnose pour pouvoir s’asseoir devant un film pendant 2h40 – et condenser cette intensité en un album d’un peu plus d’une heure n’est pas chose aisée.

C’est pourtant ce qu’a accompli The Kompressor Experiment dans ‘2001’, avec une fluidité déconcertante. Les atmosphères se suivent et ne se ressemblent pas, mais les changements de signature rythmique fonctionnent et le projet explore mille ambiances sans jamais perdre sa cohésion. Il y a des synthés de l’espace – appropriés – planants, il y a des grosses guitares et des sons lourds et collants, il y a là quelque chose qui a été soigné dans ses moindres détails. C’est, en effet, le cas : l’album est une adaptation d’un ciné-concert que le quartet valaisan a tourné de 2016 à fin 2018 et le bénéfice du live se traduit par l’ampleur du son, complètement enveloppant, un son qui a appris au fil des concerts à investir chaque recoin de la pièce. La multiplicité des approches se ressent constamment dans chacune des textures, notamment par la présence très ponctuelle d’une voix (David Glassey, ex-Herod), qui été a décrite comme ‘utilisée comme un instrument’ dans notre interview du groupe. Effectivement, chaque instrument est joué de manière à compléter un son global, pas une série de riffs mais bien la somme de leurs interactions, encore une fois : l’ambiance. C’est là une expérience complète qui nous est proposée, pensée jusque dans ses détails les plus purs, au nom de l’harmonie.

kompexp.bandcamp.com

Note: 4.5/5

Notre interview avec The Kompressor Experiment