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©The Claypool LennonDelirium

Suite à la tournée commune de leurs groupes respectifs, Primus et The Ghost Of A Saber Tooth Tiger, Les Claypool et Sean Lennon ont décidé que leur entente était trop parfaite pour en rester là. Rendez-vous est donc donné au Rancho Relaxo, le studio/maison de Claypool en Californie. Là, gavés de liquides à pourcentage et de substances délictueuses, les deux musiciens ont lâché leurs instruments dans des territoires plutôt colorés. Résultat ? C’est un peu comme superposer deux films en espérant en créer un troisième.

Dès l’introduction de la chanson qui donne son titre à l’album, on sait que l’affaire comportera hommages et clichés psychédéliques. Bandes inversées et clin d’œil volontaire ou pas au One Of These Days de Pink Floyd, The Claypool Lennon Delirium n’essaie pas de masquer l’identité de ses membres. La basse de Claypool, reconnaissable entre mille, est bien là, pleine de virtuosité, de « Slap » et de rythmes. Pour Lennon les choses sont légèrement plus compliquées. Faire un album ouvertement influencé par le psychédélisme anglais des 60’s alors que papa John en fût l’un des plus influents acteurs est un pari risqué, à moitié réussi.

Le pauvre ne peut pas compter sur une voix unique, tant son organe vocal rappel celui de son mythique paternel. Et nous devons l’avouer, nous ne pensons pas un moment que Sean essaie de masquer sa légendaire filiation. N’est pas Jeff Buckley qui veut.

Monolith Of Phobosest un drôle de voyage.  Plus proche de l’aventure périlleuse que de la randonnée pépère. ‘Cricket And The Genie’, une suite en deux parties plutôt réussies rappelle cette période charnière à la fin des 60’s où le psychédélisme se muait tranquillement en musique progressive (rock progressif et non techno). On débute par une basse claypoolienne pour poursuivre avec un rythme très « Glitter » pour enfin s’en éloigner et poursuivre vers des cadences plus syncopées.  ‘Mister Wright’ est la plus Primusienne des chansons de l’album. Un groove imparable, funky et irrésistible.

La marque de Claypool se fait ainsi sentir sur d’autres chansons de l’album tels que Breath Of A Salesman et Captain Lariat. Sean Lennon sort quand même son épingle du jeu grâce aux deux dernières pièces de l’album, ‘Bubbles Burst’ et ‘There’s No Underwear In Space’. La première, mélodique et planante nous laisse entendre ce que Sean Lennon a fait de meilleur. La deuxième, qui termine l’album est simplement splendide. Chœurs trafiqués, claviers stellaires, effets spéciaux magnifiquement intégrés, on termine ainsi un album trop bancal pour être parfait, mais qui donne paradoxalement l’envie de le réécouter. [Serge Mailloux]

FICHE CD
Monolith Of Phobos
ATO Records
www.theclaypoollennondelirium.com

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