C’est à 18h30 que les portes des Summer Nights de la Z7 s’ouvrent. Le concept se veut plutôt agréable. L’intérieur de la salle est rempli de tables pour que nous puissions nous restaurer, et à l’extérieur une scène est montée pour l’occasion. Ruons-nous donc sur la traditionnelle saucisse de veau/frites, le tout ‘légèrement’ arrosé d’une ‘tétinée’ de ketchup et de moutarde. On ne peut décemment pas assister à des concerts le ventre vide, vous en conviendrez !


C’est avec un dernier morceau de saucisse coincé entre une canine et une prémolaire, que nous assistons à l’arrivée sur scène de The Weyers. Eux, ils sont frères et Zurichois, et nous distillent une musique pop-rock relativement énergique. Luke et Adi Weyermann ne sont que deux sur scène, accompagnés de ‘samples’. Une mise en jambe correcte qui nous permet, au fil du set, de se mettre dans l’ambiance de ce festival.

Bien que nous restions à la Z7 de Pratteln, nous partons en direction de l’Irlande pour cette ‘deuxième première partie’. C’est le groupe du Comté de Wicklow, God Is an Astronaut, qui est chargé de nous faire vibrer au son de ses notes. Cette soirée est pour l’instant placée sous le signe de la famille. Après les frères Weyermann, c’est les jumeaux Kinsella qui nous gratifient de leur musique que nous qualifierons de post-rock, d’atmosphérique, ou même de psychédélique au vu de certains passages. Je ne sais pas s’ils ont chargé dans leurs ‘flightcase’ le merveilleux climat irlandais, mais une légère averse fait son apparition durant leur concert. Malgré cela, on se laisse embarquer dans leur musique planante. Le reproche que nous pourrions formuler consiste à dire que leurs compositions (uniquement musicales) sont sur la longueur répétitives. On notera de belles harmonies à la guitare, mais des tempos linéaires et peu de variations mélodiques. Je verrais bien ‘ God Is an Astronaut’ en première partie d’un groupe comme ‘ Riverside’. Nous sommes satisfaits de leur prestation, mais regrettons néanmoins la froideur des musiciens à notre égard. En même temps, ce n’est pas de la Jamaïque qu’ils proviennent.

Forts de leur dernier album en date ‘ The Last Hero’, les membres d’Alterbridge peuvent se targuer d’offrir à leur public de belles et puissantes compositions. J’aurais envie de dire que la discographie, depuis ‘ One Day Remains’ en 2004, n’est que réussite. ‘Come to Life’ ouvre les hostilités, et nous fait prendre vie instantanément. Le son est très bon, malgré la voix de Myles Kennedy qui durant tout le set se trouvera parfois noyée sous le flot des guitares. Le titre ‘Addicted to Pain’ fait des ravages. Quelle compo ! La complémentarité de Mark Tremonti/Myles Kennedy n’est plus à démontrer. Tant vocalement que guitaristiquement, l’osmose est parfaite. On connaît Myles Kennedy pour être un vocaliste hors pair, mais il est aussi un guitariste de grand talent (jetez une oreille au solo qu’il fît en ‘guest’ dans le dernier Lacuna Coil !)

Le concert est grandiose, et tout le monde s’amuse, sur scène comme dans la fosse. On sent Alterbridge relâché et très à son aise. Le fait que ce soit la dernière date européenne y est pour quelque chose, assurément. Le bassiste semble un peu plus en retrait, et ne rechigne pas à parfois rester confiné près des amplis, vers l’arrière. Pourtant, son jeu est audible et très efficace. C’est ensuite un ‘Watch Over You’ purement acoustique que Myles interprète seul à la guitare. Que de charisme ! ‘Isolation’ résonne, puis nous remontons le temps avec le titre ‘Blackbird’ datant de 2007. Le combo farfouille dans ses archives pour nous sortir une set-list attrayante et complète. On voyage dans la discographie du groupe. Myles profite pour remercier comme il se doit les membres de son staff technique. Mark Tremonti part dans un délire ‘ Another one Bites the Dust’ et ses camarades le suivent. L’ingénieur du son ‘retour’ arrive sur le devant de la scène et s’improvise une danse sous les rires des membres du groupe et sous les nôtres. Bel esprit.

Un vrai régal de voir un groupe soudé, musicalement affûté, possédant un répertoire capable de soulever les foules. Alterbridge est à la musique rock ce que Hans Zimmer est à la musique de film. L’album ‘ The last Hero’ est d’ores et déjà une référence, et l’on se dit vivement le prochain. Mais il nous faudra être patient, car Myles Kennedy a annoncé un album solo, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

On rentre donc heureux à notre hôtel, en emportant avec nous le souvenir d’une soirée réussie sur tous les plans, et en se réjouissant d’y revenir le lendemain pour d’autres concerts de qualité, comme la Z7 sait nous offrir.

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