C’est en ce glacial fin de mois d’avril, armé d’une bonne veste, mais en laissant quand même les moufles à la maison (il ne faut pas exagérer) que nous nous rendons au Port Franc de Sion pour une soirée de post- rock/punk psychédélique


Début des hostilités à 21h30 avec les Suisses de MK-Ultra. Pour un bref instant de culture générale, MK-Ultra fut en son temps un projet top secret de techniques de manipulation mentale orchestrée par la CIA dans les années cinquante. Voilà, c’est dit !

Malheureusement pour MK-Ultra, le public est un peu, absent ! Nous comptons en ce début de set neuf personnes. Les Sédunois seraient-ils restés calfeutrés chez eux à cause des températures hivernales ? Nous pourrions presque le croire au vu de l’affluence générale de cette soirée qui oscilla autour d’une cinquantaine de personnes. Passons.

Début de concert dans une ambiance sur fond de lumières bleutées et de fumée remplissant tout l’espace scénique. Une introduction sonore d’une dizaine de minutes nous fait patienter avant l’entrée d’une guitare atmosphérique. On perçoit au travers de cet épais ‘brouillard’ sur la gauche de la scène, le gars des ‘samples’ assis sur une vieille chaise. Chaise que nous trouvions peut-être chez les nobles de l’époque. Parfait pour un baron des effets sonores, car ils sont, disons-le, plutôt réussis.

Le combo interprétera deux titres d’une vingtaine de minutes chacun. Le deuxième se voulant un tantinet plus rythmé, plus énergique. Il se terminera sur quelques notes de flûte traversière.

Mk-Ultra a su captiver les personnes présentes, à l’image de cet homme en transe qui nous a démontré que danser peut finalement être à la portée de tout un chacun.

Après un rapide changement de scène, surgissent The Contact High. The Contact High est la rencontre d’une personne sobre avec une personne intoxiquée, puis il y a un transfert de l’état d’intoxication de la personne intoxiquée à la personne sobre, mais sans contacts. Psychogénique en somme. (retour de l’instant culturel).

Introduction à la basse. Vous me direz normal, le line-up c’est un bassiste et un batteur. Seul Ed Sheeran fait plus sobre. L’ambiance passe du bleu pour MK-Ultra à rouge pour The Contact High. Une basse dont la ‘disto’ grasse nous fait vibrer les boyaux. Leur musique est envoûtante. Avec leur ambiance sonore très particulière, on s’évade du Port Franc pour s’en aller vers une autre galaxie. Mais on en revient vite, tant la monotonie générale de l’ensemble ne nous permet pas de rentrer pleinement dans le concert. Une certaine lassitude nous traverse de la racine des cheveux à l’ongle du petit orteil. Quarante minutes de set et puis s’en vont. Il était temps.

Place ensuite à Qujaku (pas d’instant culturel ce coup-ci). Les Japonais sont ici ce soir pour leur unique date en Suisse. Comparé au précédent groupe, c’est un énorme line-up de quatre musiciens qui sont devant nous. Shuya, le leader de la bande, commence seul à la voix. L’ambiance se fait on ne peut plus planante tout du long. Jusqu’à ce que des instants ultras énergiques emprunts d’un monstrueux groove captent notre attention. Le public semble conquis et participe avec dévotion à ce voyage musicale un peu hors du temps. Le guitariste du combo fait preuve d’une énergie débordante et maltraite tantôt sa guitare, tantôt le ‘Floor tom’ posé à ses pieds.

Soirée en demie teinte ce soir, dû principalement à la très faible affluence. La qualité musicale était présente, en tout cas pour les initiés ou amoureux du genre. Pour ma part, j’ai trouvé cela monotone. Mais n’est-ce pas justement cette sorte de monotonie qui fait tout le charme de cette musique psychédélique ?

Saluons le courage des programmateurs du Port Franc pour cette programmation. Ils n’ont pas peur d’aller au-delà des sentiers battus et c’est tant mieux pour l’offre culturelle de la capitale valaisanne.