Photos par Maud Robadey

Nous sommes allées prendre un bain de soleil dans ma contrée d’origine, le Valais. Nous sommes arrivées sur place vendredi, manquant malheureusement la première soirée de ce festival, devoir oblige. Après avoir collectionné quelques échos parmi le public présent la veille, on regrette de ne pas y avoir été ! Mais nous avions encore deux belles soirées devant nous, rapport en suite de lecture.

 

Le vendredi, la Plaine Bellevue à Sierre nous a accueilli avec une météo revenue clémente et une foule assez conséquente, causée certainement par un certain barbu venu droit du Texas. Mais avant sa présence sur scène, nous avons eu droit d’assister à la performance d’Angel Forrest et son band, venant droit du Canada. Angel flirte avec le public, tout sourire et vivant pleinement son art. Elle profite de parler en français québécois en majorité avec le public, et parvient à créer une ambiance intimiste dès le premier titre. En osmose avec les musiciens qui l’accompagnent, elle danse et foule la scène à pieds nus. Durant le reste de la soirée, on la verra encore dans l’enceinte du festival, très ouverte à la discussion et profitant d’écouter les deux groupes la suivant.

 

Le créneau entre les concerts est court, nous allons vite nous rassasier et retrouvons sur scène le groupe ayant attiré les foules aujourd’hui : il s’agit de Supersonic Blues Machine, accompagnés par l’emblématique Billy F. Gibbons. Celui-ci retourne au Sierre Blues Festival, seul, après le véritable succès du concert de ZZ TOP lors de l’édition précédente. Par contre, attention : il s’agit bien d’un Featuring de l’artiste. Supersonic Blues Machine, c’est en premier lieu Fabrizio Grossi, producteur et multi-talent à la basse, Lace Lopez à la guitare et chant ainsi que Kenny Aronoff aux fûts. Pour soutenir leur prestation sur scène, ils étaient soutenus par d’autres musiciens et un chœur. Leur blues moderne fonctionne bien, revitalisant le public après cette journée estivale et montrant tour à tour -l’incroyable talent réuni en ce même lieu. Avons-nous peut-être oublié quelque chose ? Oui ; Billy F. Gibbons apparaît sur scène vers le dernier quart du set, jouant les titres les plus emblématiques de ZZ TOP. C’est au moment bien précis qu’une des étoiles du Texas fait son entrée que l’on s’en rend compte ; les gens se sont déplacés pour lui et n’hésitent pas à le montrer.

Le concert se termine, une grande partie du public se met malheureusement en marche vers la sortie sans attendre le dernier groupe de la soirée, Guy Verlinde & the Mighty Gators. Fêtant leurs dix ans de scène devant un public fortement réduit, on ne peut s’empêcher d’être un peu déçu d’être en comité autant réduit. Ils donnent tout, nous montrant que la grande fierté belge du blues n’est pas juste un titre grandiose. Clôture de cette soirée, nous rentrons afin de mieux revenir le lendemain.

 

Samedi, nous avons profité de la belle météo afin d’aller au Blues en Ville prenant place dans plusieurs endroits à Sierre. Luke Hilly & The Cavalery ont joué plusieurs petits sets en terrasse, le duo nous donnant des frissons avec leurs titres doux-amers.

Après s’être rassasiées, nous sommes retournées à la Plaine Beaulieu pour notre deuxième soirée. C’est là que nous remarquons de manière évidente qu’une grande partie du public était présente pour le vendredi soir et Billy F. Gibbons : le nombre de gens présents augmentera subtilement dans le courant de la soirée. Nous sommes arrivées en milieu de set d’Eric Triton, nous venant droit de l’Ile Maurice. Le gaucher préférant jouer sur une guitare à l’envers possède un talent incroyable. Il nous transporte dans son univers, fondé sur le sega, y entremêlant du swing et du blues.

Le groupe suivant qui s’élance sur scène, c’est la Jeff Jensen Band. Ils se transforment un véritable tourbillon, tirant tout le public sous leur emprise avec leur mélange de blues, de soul et de rock. Leur musique décoiffe, le premier pouvant en témoigner et Jeff Jensen en personne! On sent toute la passion dans chaque coup sur un fût, chaque slap sur une basse, chaque coup de plectre dans une six cordes. C’est un groupe à vivre, un rapport écrit ne pourrait jamais leur faire justice.

 

Y suit Sugaray Rayford, dont le nom correspond très bien ! Malgré leur annonce en début de concert qu’ils étaient épuisés par un long voyage, dès les premières notes ils ont réussi à faire bouger le public depuis les tentes ombragées au devant de scène en plein soleil. Le chanteur au timbre incroyable se déhanche sur scène, jusqu’au moment où le public ne bouge pas assez à son opinion. Il sort de scène, cause un instant de panique parmi la sécurité, et s’élance dans le public. Moment mémorable de cette édition du Sierre Blues !

La prochaine est la grande Ana Popovic, de laquelle nous savons qu’une prestation live ne peut pas décevoir. La guitariste et chanteuse accompagnée par son groupe nous balance un blues revigoré, s’ouvrant sur le funk, le rock et le jazz. La déception du peu de public reste, mais le live reste mémorable grâce au talent débordant des artistes. Ce concert est la clôture du Sierre Blues pour nous, nos devoirs nous rappelant à l’ordre et nous empêchant de rester pour The Blues Mystery.

C’est ici que nous tenons remercier Manu Broccard, Silvio Caldelari et toute l’équipe du Sierre Blues Festival pour leur accueil extrêmement chaleureux, leur excellente organisation et le son de qualité durant les concerts. A l’année prochaine ! [MF]

http://www.sierreblues.ch/

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