Le Blues gravé dans la peau !

Retour sur la plaine Bellevue à Sierre pour cette 11ème édition du Sierre Blues Festival.
Trois soirées de pur bonheur, malgré une météo qui te fout le blues…

Ça commence bien, le jeudi soir, avec un temps presque estival et une soirée gratuite (pour la première fois), qui a plu à un public par son ambiance bon enfant et ses concerts de grande qualité.
L’esprit de Memphis y règne et les ‘Southern Avenue’ ont donné envie de se lancer sur l’Highway 61, la route du blues qui longe le Mississipi. Le Sierre Blues Festival 2019 est lancé sur de belles bases.

On revient avec plaisir sur place le vendredi soir, et ce sont des bourrasques de foehn qui nous accueillent en faisant voler les bâches de la grande scène comme un voilier sur le Bol d’Or. Le Boss Silvio est inquiet et il décide sagement de ne pas prendre de risque et d’annuler le premier concert.

Place donc à Manu Lanvin qui est tout heureux de retrouver cette scène qu’il affectionne, son show est lancé, sa voix chaude et rocailleuse se marie parfaitement à son jeu de guitare énergique. Une surprenante reprise jazzy d’Highway to Hell d’AC/DC, un blues’n’roll rafraîchissant où le fils de Gérard Lanvin, avec ses Devil Blues, laisse éclater tout son talent. Malheureusement, le vent souffle encore plus fort et l’organisateur doit interrompre son concert au grand regret de l’artiste et du public qu’il venait de rendre visite sur un de ses solos endiablés. Cette tempête de vent tombe mal et on attend que le Dieu Eole se calme pour poursuivre la soirée.

Eole s’est enfin un peu fatigué et c’est la Déesse Shakura S’Aida qui entre en scène pour mettre tout le monde d’accord. Sa voix puissante, son punch nous ballade du blues à la soul, des airs de Tina Turner, une présence et un charisme unique.

Voilà le moment d’accueillir le phénomène Eric Gales. Quand on sait que Joe Bonamassa dit de lui que c’est ‘l’un des meilleurs guitaristes, sinon le meilleur au monde’ et que Carlos Santana le décrit comme ‘absolument incroyable’, on se dit qu’on va vivre quelque chose d’extraordinaire. Effectivement, d’entrée, on sent que ce gaucher, jouant sur une guitare de droitier, a un talent hors du commun et que le blues qu’il distille vient de loin … et qu’il touche au plus profond. Il arrive à nous faire oublier ce vent qui ne cesse de chahuter la vallée.

Pour finir en douceur ce vendredi mouvementé, le retour de l’ami Casal sur la petite scène nous fait un bien fou, visiblement heureux de rejouer ses hymnes de son idole Jimi Hendrix, son bonheur communicatif donne le sourire sur tous les visages. On voit que le résident de Malaga se sent bien en Valais, chez lui aussi …

La ville de Sierre se réveille ce samedi sous les notes bleues du ‘Blues en ville’, neuf concerts de blues dans six endroits différents, dispersés dans la cité du soleil…. Parlons-en du soleil, présent pendant la journée, il s’est caché sous de vilains et menaçants nuages noirs dès les premiers accords de Didier Chamartin et ses Men on A Wire, voilà la pluie et pas pour rire …. Mais on profite de la petite scène couverte pour apprécier ce blues qui nous promène de Chicago au Texas et l’orage qui gronde nous rappelle la Louisiane et ses inondations terribles d’il y a juste dix ans. Il y a du monde sous la tente de la petite scène pour se protéger de la pluie battante, et l’ambiance monte à chaque coup de tonnerre, du coup le concert est prolongé pour le plus grand plaisir des artistes et du public aussi.

Le ciel se calme et laisse la place à Paul Deslauriers, ce canadien de Toronto mélange le rock et le blues sur des rythmes qui font taper du pied, rien de tel pour faire éloigner l’orage.
Retour sur la grande scène avec Shakura pour Her Majesty – un Tribute to Aretha Franklin – accompagnée par les magnifiques voix de la californienne Terrie Odabi et de la texane Annika Chambers, soutenue à la pedal steel de l’impressionnant Monsieur Chuck Campbell (des Campbell Brothers), un joyeux mélange de talent qui porte la soul au sommet de son art et the ‘Queen of Soul’ peut être fière d’avoir provoqué la formation de Her Majesty, une réussite convaincante.

L’heure est grave, place à la légende vivante Walter Trout, le guitariste qui a joué avec les plus grands, John Mayall et John Lee Hoocker en tête. Dès que ses premières notes claquent, un frisson et une émotion parcourt la foule, quel son, quel toucher de guitare, pur et précis. C’est du lourd et ça fait du bien. Très bien accompagné sur scène, Walter Trout assène son blues rock pour nous emmener encore plus haut. La pluie a cessé et la pleine lune déchire les nuages pour rendre cette nuit encore plus blues.

Rod Barthet, l’un des tous bons bluesmen français nous accompagne pour terminer ce Sierre Blues Festival 2019, une magnifique édition où la qualité des artistes a été remarquable. Il manquait, peut-être …, la tête d’affiche qui attire la foule, mais comptons sur notre ami Silvio et son super comité pour revenir en 2020 avec, à nouveau, une affiche de qualité…Il nous semble même que les premiers noms y soient déjà inscrits, mais chuuuut !!!

Vive le Sierre Blues Festival 2020

D’autres photos de Sierre Blues 2019:

https://www.flickr.com/photos/sitatof/collections/72157709112284636/

Texte : David Bétrisey
Photos : Christophe Losberger

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.