Dans le cadre du Persistence Tour, qui s arrêtait à Lausanne fin janvier, Daily Rock a rencontré Lou Koller, chanteur du groupe Sick Of It All et légende vivante de la scène hardcore new yorkaise.

Le Persistence Tour a débuté depuis un petit moment maintenant. Comment cela se passe ?
Pour l’instant tout se passe très bien. On est à mi-chemin de notre tournée et jusqu’ici tous nos concerts se sont super bien passés. Quasi toutes nos dates sont sold-out, c’est très cool. Et on prend beaucoup de plaisir sur cette tournée.

Vous avez quasiment un show tous les soirs donc pas de repos ?
Exact, c’est un peu le souci, on fait 12 ou 13 concerts à la suite sans jour de repos et ça te prend toute ton énergie et ta santé. Tu vois tous les chanteurs des autres groupes avec qui j’ai parlé me disent la même chose ‘mec ma voix est tellement fatiguée j’ai besoin juste d’un jour sans chanter’, mais il y a assez de temps entre deux concerts car il y a tellement de groupes sur cette tournée que je peux je rester tranquille et ne parler à personne, comme ça ma voix peut se reposer un peu.

Comment on se sent en tant que tête d’affiche principale de la tournée ?
C’est fun et surtout très prestigieux, mais le public est assez endormi au moment où on monte sur scène. Après avoir vu tous les autres groupes, s’ils ne sont pas surexcités à l’idée de te voir, ça te demande un peu plus de motivation et d’en envoyer un peu plus chaque soir pour les remettre sur pieds. Lorsque j’allais voir des festivals, j’appréciais tous les concerts mais je gardais toute mon énergie pour la tête d’affiche et là je me demande où sont ces gens ? Il faut que j’envoie du lourd pour réveiller le public chaque soir.

Le nom Koller est très courant en Suisse. Est-ce que vous avez des ancêtres chez nous ?
Non, pas de Suisse. Apparemment mon nom viendrait d’Hongrie. Il y a peut-être des origines suisses mais je ne le sais pas.

Votre dernier album s’intitule ‘Wake The Sleeping Dragon’. Selon moi, le dragon de Sick Of It All n’a jamais vraiment été endormi, alors pourquoi ce besoin de le réveiller ?
C’est plus pour faire référence à ce qui se passe aux Etats-Unis. Les gens se plaignent beaucoup, ils n’aiment pas quelques chose mais ne savent pas quoi faire, ni comment résoudre leurs problèmes. Alors que, lorsque nous étions jeunes, on agissait. Du coup, on essaie de réveiller les esprits afin que les gens ne laissent pas les choses aller, mais qu’ils comprennent que faire entendre ta voix peut faire la différence. On essaie d’éveiller les gens dans ce sens. On n’est pas en train de dire qu’il faut manifester 24h/24 7/7, tu peux aussi aller t’amuser.

C’est la première fois qu’un disque de SOIA a été composé de manière individuelle avant d’être travaillé en groupe. C’est une façon de faire qui vous convient ou cela s’est juste passé ainsi pour d’autres raisons ?
C’est les circonstances de la vie qui font que cela a été fait ainsi. Nous n’habitons plus dans la même ville. Avant nous vivions tous à New York. Mon frère Pete vit en Floride, je vis dans le New Jersey, Craig vit dans le Queens,…on est un peu tous éparpillés, donc on travaille tous séparément puis on regroupe tout ensuite. C’est la vie !

Selon toi, en quoi cet album est-il meilleur que le précédent ?
C’est difficile à dire car j’aime beaucoup le dernier album et j’en suis très fier. Pour celui-ci, nous nous sommes donné moins de temps pour le faire et pourtant il a l’air de mieux fonctionner. Je ne sais pas pourquoi mais on dirait qu’il a mieux capté les énergies que l’album précédent. On a aussi travaillé les voix dans des styles différents. Le producteur Jerry Farley et moi-même, nous nous sommes installés dans le studio deux semaines avant l’enregistrement, on a repassé toutes les chansons puis on a essayé différents styles vocaux.

Justement, vous collaborez depuis longtemps avec Jerry Farley.
Oui, il a été notre ingénieur principal pendant plusieurs années. Notre producteur danois, qui fait le mix et le master de nos albums, nous a suggéré de travailler avec lui et cela s’est super bien passé.

Les paroles du dernier disque semblent plus légères que d’habitude. Vous en aviez marre d’être si sérieux ?
Oui, les gens dissent qu’on a un bon sens de l’humour. C’est venu naturellement dans certaines de nos paroles. On s’en tape un peu plus des choses maintenant, on est arrivé tellement loin dans notre carrière que rien ne peut vraiment nous blesser.

Beaucoup de groupes se lancent désormais dans des tournées anniversaires pour célébrer la sortie d’un album important dans leur histoire. Est-ce quelque chose que vous envisagez ?
Je pense que comme nous sommes constamment en train d’écrire de nouvelles choses, on n’est pas vraiment intéressés par ce concept.

On avait fait un festival au Texas où ils nous avaient suppliés de jouer une chanson de notre premier album et notre quatrième album qui avaient la même date d’anniversaire. Cela ne nous tentait pas vraiment mais on l’a quand même fait. C’était cool, mais on avait de nouvelles choses que l’on voulait jouer, des morceaux que l’on continue de créer. On n’a pas arrêté de jouer nos anciens morceaux, on joue toujours certains de nos vieux titres dans nos concerts, mais on n’est pas vraiment intéressés par rejouer un album pour une tournée anniversaire.

Je regardais une vieille interview de toi où tu disais qu’une de tes chansons préférées de SOIA, ‘Alone’ n’était jamais jouée en live. Est-ce que tu as réussi à l’ajouter à ta setlist depuis ?
Il y a deux ou trois ans, on a joué pour le 30ème anniversaire du groupe à New York. C’était en juillet et on a fait un seul gros concert et vers la fin de l’année on en a fait trois dans des plus petits clubs, l’un à Brooklyn, l’autre dans le Queens, et le dernier à Manhattan. Et seulement dans un seul de ces concerts j’ai pu la jouer. Pour cette tournée, on voulait la mettre sur notre setlist mais le batteur n’a pas voulu (rires). J’ai dû le supplier pour pouvoir la jouer une fois.

J’aimerais t’entendre à propos d’une ancienne chanson, ‘DNC’. Quand on voit le nombre de tueries ou d’accidents par arme à feux aux Etats-Unis, il est difficile de comprendre comment justifier cette liberté d’avoir des armes à la maison?
C’est toute la beauté de Sick Of It All. On est quatre gars avec parfois quatre opinions différentes. Je suis pour plus de contrôle sur les armes à feu, mais pas notre bassiste. Lui, il possède des armes et cette chanson c’est sa vision de la question. Il considère que le gouvernement n’a pas à t’enlever tes armes parce que tu pourrais en avoir besoin. Ce qui est fou car qu’est-ce que tu vas faire avec ton fusil contre un tank ? Enfin, voilà c’est son avis et au final, c’est aussi une chanson pas seulement sur le contrôle des armes, mais plus généralement sur le gouvernement qui te supprime des droits.

Quelle est la question à laquelle tu en as marre de devoir répondre ?
Il n’y en a pas vraiment, mais je pourrai me passer de certaines comme ‘racontez-nous l’histoire du groupe ou celle de la scène hardcore de New York’ car tout le monde connait cette histoire. Tu peux trouver l’information partout.

Si tu pouvais te poser une question dans le cadre d’une interview ?
Pourquoi est-ce que je continue à jouer encore aujourd’hui? Parce que j’y prends encore beaucoup de plaisir.

Est-ce qu’il y a un mot que vous souhaiteriez dire à nos lecteurs suisses ?
On n’est pas venu en Suisse depuis les années 90, je pense en 1992 lors de notre première tournée européenne, puis on est revenu en 1993, et c’était à chaque fois de bons moments. Je comprends cette limite des décibels pour les concerts et j’en profite car j’ai des problèmes aux oreilles depuis 1989, mais cela craint car on est tellement sourds que l’on doit mettre le volume des amplis à fond rien que pour s’entendre. Mais oui j’apprécie de revenir en Suisse et de voir le public nous soutenir et prendre plaisir à nous écouter. [Alex Pradervand & Fred Gallotte]

Notre compte rendu et photos ici sur la date du Persistence Tour qui a eu lieu aux Docks de Lausanne le 23 janvier 2019 !

www.sickofitall.com

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