Lors de la récente interview que Mike Portnoy a accordée au Daily Rock, il nous disait que cette tournée unique pour son cinquantième anniversaire était un cadeau qu’il voulait faire à ses fans. Voyons donc si nous avons apprécié son petit présent.


Commençons par le groupe d’ouverture de ce soir, Next To None. Disons-le d’entrée, c’est le groupe du fils de Mike Portnoy, Max, qui lui aussi est batteur.

Dès les premières notes, c’est un sentiment ultra mitigé qui domine. Les musiciens nous délivrent une musique qui sent bon le mélange de toutes leurs influences, mais avec une identité propre proche de zéro. Non à zéro ! Plus nous avançons dans leur prestation, plus leurs compositions décousues, déstructurées et sans impact nous lassent. Tout n’est que fougue pour espérer épater la galerie. Nous ne saurions vous fredonner une mélodie ou vous décrire un moment marquant tant c’est le vide abyssal sur scène. Et si nous parlions du comportement scénique de l’ensemble du groupe. Mention pour le bassiste et le guitariste qui semblent plus posés, et plus enclins à faire de leurs mieux. Quant à toi Thomas Cuce, frontman et pianiste, je sais qu’il existe de très bonnes écoles de musique outre Atlantique. Alors n’hésites plus, l’inscription est gratuite !! Mike Portnoy assure une promotion sans failles de son cher fils Max. Qu’un père soit fier de son fils, je le conçois parfaitement. Mais là, il ne rend pas service à sa progéniture. Max Portnoy est frimeur, hautain et suffisant. Moins faire le show et le pitre pourrait faire en sorte qu’il assure ses parties de batterie correctement. Et dire qu’il a été élu meilleure révélation batterie 2015 ! Peut-être que de démonter la batterie de son père tous les soirs l’aiderait à garder les pieds sur terre.

Nous vous subissons Next To None, c’est pour ça que nous vous sommes reconnaissants de n’avoir joué que trente minutes. Mais il est vrai qu’il est déjà 20h45 et que votre cacao vous attend près de votre girafe Sophie. Allez hop au tour bus les enfants, car demain une dure journée vous attend. Vous allez devoir faire saigner d’autres tympans.

C’est à 21h30 que le tic-tac d’une horloge nous arrive aux oreilles. Puis le fameux texte ‘ close your eyes and begin to relax…’ et c’est parti pour ‘Overture 1928’ et une plongée dans les années 2000 et le légendaire album de Dream Theater ‘Scenes from a Memory’. Logiquement suivit de ‘Strange Déjà vu’ du même opus. D’ores et déjà l’ensemble sonne massif et puissant. Le groupe Haken et Eric Gillette sont en mesure de nous sublimer les compositions de Dream Theater. ‘The Mirror’ est interprété, et c’est assez drôle, car c’est ce titre que Mike Portnoy avait joué il y a quelques années avec Haken pour le fun en se disant qu’il voudrait un jour rejouer avec les Britanniques. Chose faite.  Premier morceau de bravoure pour le guitariste Eric Gillette qui se veut incisif et efficace lors du solo de guitare. Vocalement ‘The Mirror’ est exigeant, mais Ross Jennings n’a aucune peine à nous faire oublier James Labrie !

Mike Portnoy s’avance sur le devant de la scène, nous remercie de notre présence et nous explique le plaisir que constitue pour lui cette tournée. Il introduit le premier titre de la ‘Twelve-step Suite’ qui est ‘The Glass Prison’. A partir de cet instant, ce ne sera pas loin d’une heure de musique non-stop. ‘The Dying Soul’ et son passage à la ‘Blackened’ de Metallica ainsi que son thème principal harmonisé à trois guitares nous ravi. ’The Root of All Evil’ verra Eric Gillette prendre le lead vocalement et cela lui réussit plutôt bien (tiens, il nous fait aussi oublier James Labrie). Viendra ensuite ‘ Repentance’ et là, c’est Mike Portnoy au micro. Quels progrès il a fait au chant ! Ensuite arrive ‘Shattered Fortress’ et la reprise des thèmes de tous les titres précédents, pour clore en beauté cette ‘ Twelve-step Suite’.

C’est toute une histoire de vie qui fut racontée pendant ce concept écrit par Mike Portnoy afin de mettre des mots et des notes sur sa lutte contre l’alcoolisme. Magnifiquement pensé, écrit et qui plus est construit de manière intelligente et cohérente.

Petite pause pour les acteurs de cette soirée, et pour nous aussi accessoirement. Les musiciens reviennent sur scène et nous balance ‘ Home’.  Conner Green possède un jeu de basse très proche de celui de John Muyng. Avec un point en plus pour Green, on l’entend. ‘Home’ se voudra le titre le plus efficace jusqu’ici. Ce mur de guitare avec Eric s’imposant en patron, nous délivre une puissance et une précision hors-norme. ‘Dance of Eternity’ nous achève littéralement. Ses passages techniques normalement repris par la paire Rudess/Petrucci en duo, sont ce soir repris par cinq musiciens à l’unisson et dans une synchronisation parfaite. Le niveau stratosphérique des musiciens choisis par Portnoy nous subjugue. On terminera ces deux heures de show par ‘Finally Free’ qui voit Portnoy nous livrer une nouvelle version de son solo final, joué par-dessus le thème musical.

L’ancien batteur de Dream Theater nous a livré ce soir sur un plateau son répertoire le plus personnel. Il a su s’entourer de musiciens qui non seulement était capables d’exécuter cette musique, mais qui en plus avaient cette capacité de la vivre et de la transmettre. Mike Portnoy n’a pas besoin des membres originels de Dream Theater pour en sublimer la musique. Un peu comme Mark Knopfler n’a pas besoin des membres de Dire Straits, ou David Gilmour des membres de Pink Floyd.

On peut désormais faire notre deuil de voir Monsieur Mike Portnoy interpréter ce répertoire sur scène. Par contre, on ne peut faire le deuil de cette musique, car elle est immortelle.

Ps : ton cadeau Mike, on l’a adoré. Happy Birthday !

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