Quel plaisir, mais quel plaisir de voir le Port franc de Sion complet en ce 7 août 2018 ! Mais l’affiche de ce mardi y est pour quelque chose. Premièrement, voir sur scène les Valaisans de Blasted est toujours un régal, et deuxièmement, que des pointures comme Sepultura fassent une halte en Valais, est tout bonnement incroyable. Mes mots sauront-ils vous faire revivre cette soirée d’anthologie ? Je l’espère.

C’est pile à l’heure que le quatuor du Valais central Blasted fait son apparition sur scène. Cette salle n’est pas une inconnue pour les membres du combo, car ils y avaient fêté leurs dix ans en janvier 2017. Ils ont certes dix ans de collaboration musicale, mais il ne leur faut pas autant d’années pour être en place avec leur set de ce soir. On dit quoi, trois-quatre minutes tout au plus ! On sent les musiciens concentrés et très à leur affaire. Carlito, l’indéboulonnable ‘frontman’ de la formation est très en voix. Une voix entourée de passablement d’effets qui n’occultent en rien la performance vocale du communicatif chanteur. Le point fort de Blasted, c’est que chaque musicien possède du charisme et du talent. Revenu au sein de Blasted en 2016, Guillaume Jordan se veut impérial à la basse. Il forme, avec Simon Claret à la batterie, une fantastique section rythmique qui n’a rien à envier à la paire Adler-Campbell d’un certain Lamb of God. Les rythmiques complexes et syncopées ne constituent pas non plus un obstacle pour le décontracté guitariste Nicolas Maret. Le concert, d’une fluidité exemplaire, ravit les nombreux fans présents. Officiant pour la première fois derrière la console pour eux, leur ingénieur du son a fourni un travail des plus agréable, ou dynamisme et équilibre régnaient en maître. Un jeu de lumière épuré, mais en totale harmonie avec la prestation du groupe, finit d’asseoir le professionnalisme dont tout le monde a fait preuve ce soir au sein de Blasted. Bravo !

Allez, viens écouter Sepultura, en plus à trois minutes de bagnole de la cahute, ça serait con de manquer ce concert non ? Oui, mais tu vois, sans les frères Cavalera, c’est plus pareil. Voilà ce que j’ai pu entendre ! Formé en 1984 au Brésil, le combo a certes perdu deux de ses membres iconiques (un en 1996 et l’autre en 2006) mais il a toujours continué et persévéré avec son Trash Metal, notamment grâce à l’impulsion de l’imposant leader Derrick Green. C’est donc avec joie et excitation que nous attendons la formation sud-américaine.

Les Brésiliens commencent leur concert avec ‘I Am the Enemy’, plage deux de leur dernière galette Machine Messiah, sortie en 2017 déjà. Le tempo est donné et cette déferlante de notes sera légion durant toute la prestation du groupe. Andreas Kisser, comme à son habitude, se charge avec brio de la rythmique, ainsi que des parties solos de guitare. Il se mettra aussi en avant lors d’un solo de guitare acoustique, qui mettra en exergue ses racines brésiliennes ! Faisant partie des meubles (depuis 1984 avec Sepultura) le bassiste Paulo Jr, un peu en retrait, gratte frénétiquement sa basse, suivant le groove du jeune batteur Eloy Casagrande. Un batteur ultra énergique, au jeu très physique, avec qui ‘ l’Eloy’ de la physique et de l’apesanteur sont mises à mal. Ca déroule et l’ambiance est bonne. Les Valaisans, Genevois, Vaudois et autres, semblent ravis de la prestation scénique des Brésiliens. Au vu de la moyenne d’âge du soir, Sepultura a dû bercer l’adolescence d’une grande partie de l’auditoire ! On l’attendait et on l’a eue ! ‘Roooooootssss Bloody Roootttttss’ ! Je me permets cette orthographe douteuse, mais vous savez exactement ce que je veux dire, ou hurler plutôt ! Quel hymne ce refrain ! Je crois que nous l’avons tous scandé dans notre chambre, à l’époque ou l’acné et l’appareil fixe bien ancré sur les chagnottes faisaient partie intégrante de notre corps. Et c’est sans surprise que Sepultura nous quitte sur les notes de ce titre emblématique. Le quatuor brésilien tient la route, et je suis sûr qu’il cavalera à ce rythme effréné encore plusieurs années.

Merci qui ? Merci le Port Franc ! Puisses-tu à nouveau nos présenter des affiches de cette trempe.

www.leportfranc.ch

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