Si vous avez fréquenté le milieu metal lausannois (disons entre la sortie du premier Morbid Angel et la fin de leur crédibilité) sans jamais croiser la silhouette architecturale de Steph’ Grand, seules deux explications sont imaginables. Soit vous avez systématiquement inversé les proportions classiques de bière et de picon, soit vous avez menti sur vos sorties à vos parents, prétextant des concerts comme alibi pour vos réunions secrètes d’amateurs de poneys. Apercevez-le une fois et vous n’oublierez plus sa dégaine de chef de la garde personnelle de Gengis Khan, contrastant de manière stupéfiante avec sa gentillesse – aussi longtemps que vous le tiendrez loin d’un fondateur de Soulless, du temps où les thrasheurs portaient encore baskets et moule-burnes. Le gaillard a emmené ses bruyants comparses sur les tournées de légendes comme Samael, Sadus ou Megadeth, visez le pédigrée. La formation a pourtant peu alimenté les bacs des disquaires, attendant 2010 pour sortir sa première galette sous la nouvelle identité de Science of Disorder. Son successeur ‘Private Hell’ nous parvient tout récemment, avec onze titres qu’il est malaisé d’écouter en restant assis ni sans rien casser !

Au fil des pistes se maintient un tempo façon charge de la brigade lourde, dont la recherche d’impact maximal ne prime jamais sur l’inventivité des compos, le tout servi par un son pur laissant chaque instrument prendre toute sa place. Mention spéciale au nouveau vocaliste Jérôme qui s’impose avec puissance et maestria, quelque part entre le territoire d’un LG Petrov (Entombed époque ‘Wolverine’) et l’empire de John Joseph (Cro-Mags époque ‘Alpha Omega’). Une dose massive de testostérone conquérante qui démontre que Lôzane bouge encore !

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Note : 5/5

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