Ce troisième jour marque la réapparition du soleil et des 25 degrés, ce qui est plutôt agréable. Ce qui l’est moins, toutefois est que, la pluie n’étant pas apparue depuis un certain nombre de jours, le sol par en poussière, au sens propre du terme. Car comme le dit si bien collègue Sandra Lehmann, envoyée spéciale ici même l’année dernière : c’est la malédiction des deux P des festivals … Soit la Pluie (ce qui fut le cas lors de l’édition 2017), soit la Poussière, belle et bien au rendez-vous cette année.


Les festivaliers ressemblent de plus en plus à des braqueurs en puissance, avec leurs lunettes noires et leur bandana remonté jusque sur le nez, pour ne pas mourir d’asphyxie. Mais ne nous plaignons pas d’être au sec, après tout, une belle journée s’annonce.

Photo ©Pauline Elmer

 

The Hunna

C’était ma découverte pré-festival, le groupe que je ne connaissais pas et que j’avais envie de voir en live grâce à un coup de cœur sur la playlist Spotify du Roskilde. Voilà qui est chose faite, malgré une heure de passage peu favorable. En effet, le combo anglais joue à midi … Cela ne retient visiblement pas la poignée de fans présente depuis quelques minutes déjà, avant le début du concert. The Hunna, c’est une sorte de pop-rock bon enfant, qui met de bonne humeur pour la journée. Formés en 2015, ils connaissent un succès grandissant et mérité, et, bien qu’actuellement chez High Times, il ne serait pas très étonnant de les voir un jour signer chez un label comme Hopeless Records, par exemple. Ils sont (très) jeunes, pêchus, et ont l’air de vraiment aimer ce qu’ils font. Ce qui est assez cool, d’ailleurs, car ça se ressent dans leur prestation, on prend autant de plaisir qu’eux, même si on ne connaît pas leurs titres. Avec un album à leur actif et un à venir la semaine prochaine (13 juillet). Pour l’anecdote, le groupe a retardé sa tournée ainsi que la sortie de l’album initialement prévues pour fin mai, car la plupart de leurs fans étaient en période d’examen à ce moment-là (vous avez dit teenage rock ?) ! Une belle découverte pour bien commencer la journée avec le plein d’énergie.

 

Descendents

On ne présente plus ce groupe mythique de la scène punk-rock californienne. Du haut de leurs 40 ans de carrière (rien que ça !), on les reconnaît facilement par leur logo et mascotte ‘Milo’, caricature du chanteur, qui les suis depuis leurs débuts. Descendents, ce n’est pas rien dans ce milieu. Malgré différentes pauses, leur carrière est exemplaire et ces pères (ou grand-pères) du punk-rock made in California ont toujours autant d’énergie qu’à leurs 20 ans (ou presque). Le concert est vraiment bien et voir ces ‘morceaux d’histoire’ jouer sur la scène Avalon est un réel plaisir. On regrettera juste le fait que le public n’ait pas sincèrement répondu présent.

 

Young Fathers

Avec une telle affiche pour cette édition 2018 du Roskilde, j’avais un objectif : faire des découvertes. Quand on m’a proposé d’aller voir le concert de Young Fathers, j’étais moyennement emballée, mais quand on a un objectif … C’est donc sans réelle conviction que mes pas m’ont guidés au concert du groupe venu d’Édimbourg. Et quelle ne fut pas ma surprise ! Jamais je n’ai pris une pareille claque lors d’un concert, mais là, le combo écossais fait tout juste, du début à la fin. La notion du temps pendant le show est inexistante, les titres s’enchaînent, nous invitant les uns après les autres à danser toujours plus. Le guide du festival décrit Youg Fathers comme ‘une expérience live exceptionnelle’. Le show du groupe ne fait que confirmer ceci. Ce trio mêlant trip hop, soul, RnB et hip-hop est mon coup de cœur tous genres confondus (un comble, quand on écrit pour le Daily Rock) de ce Roskilde 2018. Allez les voir en live au moins une fois, vraiment.

Photo ©Pauline Elmer

 

Massive Attack

Il faut attendre 1h15 du matin pour que Massive Attack sorte de sa tanière. L’emblématique Orange Stage accueille donc le mythique groupe de trip hop venu de Bristol. Les festivaliers sont nettement moins nombreux au rendez-vous que pour Eminem ou Bruno Mars, mais cela ne retient pas Massive Attack de nous fournir un spectacle de qualité. Le jeu de lumière et l’utilisation du grand écran sont à saluer pour ce concert d’une heure et quart. On regrette toutefois l’heure tardive de passage qui nous achève un peu après les vingt kilomètres parcourus dans la journée.

 

Conclusion

Bien que cette affiche nous fasse parcourir les 900 mètres de long et 600 mètres de large (approximativement) du festival, il est possible de trouver l’occasion de vagabonder entre les concerts. Franchir l’enceinte des festivités musicales et aller explorer les primes abords du camping est une expérience sociologique et humaine assez exceptionnelle. On se croirait sur une autre planète, le paysage est lunaire, le sol est sec et les tentes sont poussiéreuses. Bienvenue de l’autre côté, où la bière est moins chère et où l’on peut trouver des discothèques sauvages dont les choix musicaux sont très discutables, allant du rap danois à ‘Mambo No. 5’ et où le sol est jonché d’objet non identifiés. Il est probablement plus sage de profiter des 5 heures de semi-nuit (car même si le soleil se couche vers 22 heures, la luminosité reste, elle, bien présente) pour récupérer des forces avant le jour final du festival.

Photo ©Krists Luhaers

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