Facing the Enemy. Crédits photo: Laura Gambarini.

La faute aux aléas de la vie (lire : des crampes ovariennes du démon), je débarque, la mort dans l’âme et les dents baignant dans les antalgiques après avoir raté les quatre premiers groupes de début de week-end. Je n’ai donc pas pu apprécier la performance des Lausannois de Facing The Enemy, dont la musique entre les genres – mais toujours hardcore-adjacente – aurait sans doute été du bel effet sous la petite tente (j’en profite pour adresser un immense big up aux ingé’ son et lumière de la petite scène, qui n’est petite que par le nom tant l’espace – visuel et auditif – est utilisé d’une manière intelligente). Si je n’ai pas pu être présente, j’en suis navrée, car comme tous les groupes sélectionnés à l’issu du tremplin du festival, on est là dans la qualité la plus absolue.

J’ai aussi raté les Romontois d’Among Vultures (anciennement Attack Vertical), dont vous pouvez admirer le cover live de Sail d’Awolnation juste ici pour la peine, juste parce qu’il me fait kiffer. C’est ensuite Venom Prison qui ont investi la grande scène, et vous constaterez à la vidéo ci-dessus que ça devait, à n’en pas douter, être plutôt intense. La voix de Larissa Stupar nourrit mon âme et les mots sortant de sa bouche encore plus ( « rapist, fucking die, you deserve to die in agony, waste of life (…) done with being victimised and misogynistic culture / castration / genital mutilation / perpetrator elimination / fucking die » <3 ) et la seconde où les Gallois.es remettent le pied en Suisse, je serai collée à la porte de la salle dès l’ouverture. Pour finir la quadrilogie des groupes manqués, c’est Bloodbath qui ont distillé leur death lourd et collant sous la petite tente.

J’arrive, donc, pour le début de And So I Watch You From Afar, qui me font instantanément sortir de mon corps et de son ventre tout tordu. La soirée d’hier était placée sous le style du sandwich, et les Nord-Irlandais ont tout compris à la technique, commençant directement par Set Guitars To Kill, entrée directement dans mon top 15 perso des meilleures chansons d’intro de concert. Le ton est donné, et ledit ton est très, très lourd ; c’est une expérience mystique hypnotique que le public vit là, et le jeu d’interactions entre les membres du groupe souligne parfaitement la facilité avec laquelle les instruments se répondent. Du début à la fin, toutes les personnes présentes sont investies à 100% dans la musique, et le public est en feu, la plus grande ovation finale du festival pour l’instant.

Cult of Luna. Crédits photo: Arnaud Baeza.

Parfaite intro pour Cult of Luna, qui récupèrent les gens encore hagards pour les propulser dans une galaxie touchant à la transcendance. Il est à noter que le basilic du diable était impliqué, mais mes notes disent (et je cite) : « j’ai quitté mon corps et fondu dans la musique », et je suis toujours d’accord avec cette version des faits. Les ingénieur.es tech du groupe sont absolument au top de leur forme et scellent la bulle, laissant place à une ambiance totalement enveloppante. Il y a, à tous les niveaux, une sophistication dans les détails, du backdrop à base de rideaux effondrés absorbant parfaitement les effets de lumière au choix des pédales d’effet des guitares, permettant d’injecter la texture d’une multitude d’instruments absents de scène. Le groupe est « fully possédé putain » (encore une fois, je cite), et lors du climax de In Awe Of, je me surprends à verser une larme, submergée par la puissance du son. De tout évidence, je ne suis pas la seule à avoir été émotionnellement investie ; un technicien son monte sur scène pour éteindre le dernier ampli et, instantanément, le public le hue, sans une seconde de battement. Les lumières s’allument et les gens sifflent encore, certainement un petit peu tendus d’avoir été ramenés à la réalité.

Il me semble opportun de noter la proportion assez énorme de groupes suisses à Rock Altitude, qui maintient pourtant année après année une des meilleures programmations du pays ; comme quoi, c’est pas si difficile de faire jouer des groupes locaux ! La preuve avec Herod, qui proposent une superbe transition vers quelque chose de plus effréné ; les battements rythmiques sont vraiment imprévisibles mais pas d’une manière anxiogène, et le set est maîtrisé à la perfection, l’énergie restant constamment tout en haut.

 

La perle du jour
Venom Prison : « lives erased for wealth and greed, bringing the end to the human breed / revolt, resist, destroy the rich ! »

 

Venom Prison. Crédits photo: Anthoni Grande.

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