– Misère Michèle, regarde le temps, qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire ce week-end ?
– Et bien mon Georges, commençons par arracher la page météo, puis prenons le temps de la brûler doucement, mais attention Georges! Toooout doucement. Ensuite nous cracherons sur les cendres à tour de rôle et entreprendrons la macarenna trois fois avant de nous équiper de nos plus belles chaussettes en laine et de nos jolis anoraks fagotés par belle-maman. Car oui Georges, cette semaine, c’est le Rock Altitude au Locle et nous allons adopter la fantastique stature de ses spectateurs qui, clairement, jamais ne se soucieront de la météo en août.

Chaque année, au début du moi d’août, qu’il grêle des vaches ou non, Le Locle remonte toutes ses pendules pour accueillir le Rock Altitude Festival sous sa jolie patinoire. Dès votre arrivée dans la petite bourgade, vous ne pourrez manquer le nom du festival planté bucoliquement à flanc de colline, façon Hollywood.

Cette année, Michèle et Georges s’y rendent dès le mercredi. Une programmation ‘rock et plus si affinité’ soignée les y attendent. On commence avec LISTENER qui ouvre merveilleusement bien cette douzième édition, avec un rock impulsif et un chanteur guitariste lead qui n’a ni froid aux yeux, ni froid …aux pieds. Une intensité qui fera frétiller la corde sensible chez plus d’un, LISTENER frappe direct dans le cœur et les tripes. Viennent ensuite BRNS ( Burns ? Bruns ? Bérénisssse ? ) un brin plus pop qui plantent leur petit univers dans la géniale odeur de bois de la ‘pati’. Un concert teinté de couleurs chaudes qui amorce un début de festival enthousiaste.

Le public est là et la Tent Stage est bien remplie pour le concert d’ESBEN AND THE WITCH. Et bien Michèle y perdra presque son Georges. Petite réflexion concernant la Tent Stage, il faut que je vous compte mon amour inavoué pour une… tente. Sans prétention, avec un set de scène qui cherche toujours l’originalité, sa programmation me séduit chaque année, avec de fabuleuses découvertes, des concerts marqués d’une intimité que la plupart des scènes de festivals ont tendance à perdre, et la rencontre de groupes espérés qu’on y écoute enfin, le cœur au chaud. Ah la Tent Stage… Et cette année n’échappe pas à la règle avec ESBEN AND THE WITCH pour qui Georges chavire dès les premières minutes. L’obscurité nous entraîne loin du rivage au son de la voie torturée de Rachel Davies, les flots se font sombres au rythme d’un son rock tant lourd et d’ampleur que subtil et mélodieux.

S’ensuit une tempête attendue, non pas un soit disant orage, mais bien le concert d’ARCHIVE, qui remplit toutes les attentes. Une équipe bien particulière avec différentes énergies qui se démarquent les unes des autres, chaque musicien à son poste pour un centre de scène relativement vide, comme si le groupe se mettait en cercle au devant des spectateurs afin de se lancer dans la création de tout un monde qui leur est propre. Des spectateurs qui eux, constituent un public calme, mais présent, répondant à l’appel et même si parfois durs à faire réagir, sont d’une attention sans faille. Il fait froid mais qu’importe. Ce qui compte c’est de vivre la musique, entouré de ses amis ou de sa petite famille. Le public du Rock Altitude est un public attentif et discipliné, à envoûter.

La soirée se termine en beauté avec AUTISTI qui délivre un concert et une ‘rage du rock’ endiablés. Ils illustrent parfaitement cette manière d’habiter sa musique, de la vivre jusque sur la pointe des pieds. Michèle et Georges repartent tout contents dans leurs jolis anoraks, car si la soirée est terminée, l’édition 2017, elle, ne fait que commencer.

 

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