Le rock US voit double en cette mi-novembre à Sébeillon, et propose deux visages aussi distincts qu’ils sont complémentaires. Deux voix plutôt, celle de la contestation sauvage façon The Last Internationale qui ouvre la soirée et celle d’un rock originel, poisseux, version Rival Sons. Avec son ton faussement doux, Delila Paz nous convie à nous battre pour contrer ce que l’humain a de plus tordu, de plus inique. Elle n’a pas son pareil pour nous pousser à regarder les politiques d’un œil critique. Le tout au son d’un power-trio livrant un rock sauvage et brut relevant encore un peu plus l’urgence du propos. Avec sa tessiture large, mais qu’il prend souvent plaisir à laisser filer avec délicatesse dans les profondeurs, Jay Buchanan nous emmène, lui, là où le rock prend ses racines, quelque part dans les années soixante. Le terreau y est organique, capiteux, fertile.

Et loin de simplement emprunter des chemins déjà tout tracés, avec ses comparses de Long Beach, il nous happe par la main pour filer vers des espaces à débroussailler. Et il n’y aura pas d’autre choix que de le suivre parce qu’ainsi qu’il le dit en entame du récent album de Rival Sons ‘Hey baby, le diable va t’attraper si je ne le fais pas d’abord’. Il y a donc fort à parier que l’on se laisse aller à l’abandon de ces deux facettes d’un rock diaboliquement envoûtant.

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