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Ancien membre de New Model Army, leader de The Almighty, Thin Lizzy et Black Star Riders, et compositeur hors norme, sans oublier un parolier fascinant, Ricky Warwick sort ‘enfin’ un double album solo le 26 février 2016.


Sortir deux albums solo, ‘When Patsy Cline Was Crazy (And Guy Mitchell sang The Blues) / Hearts On Trees’ c’est un exploit, mais il s’agit d’albums financés par les fans : pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour les sortir au grand public ?
Ces albums sont bien ceux financé par les fans, et la raison pourquoi ils ne sont sortis que maintenant, c’est qu’avant je n’étais pas disponible pour en assurer la promotion. Cela fait moins d’une année que les titres étaient disponibles en ligne et cela a pris moins d’une année pour finaliser le deal avec Nuclear Blast et trouver le bon moment pour que je sois disponible. Cela fait six ans que je suis presque toujours en tournée, d’abord avec Thin Lizzy et ensuite avec les Black Star Riders, et c’était important pour moi de trouver le temps de pouvoir parler de ces albums et de faire quelques concerts pour les promouvoir car j’en suis très fier.

Pouvoir collaborer avec tes amis, Joe Elliott (Def Leppard), Ginger Wildheart, Andy Cairns (Therapy?) ou encore Damon Johnson (Black Star Riders) ça a de l’importance pour toi ?
Avec un album solo, on peut être aussi narcissique que l’on veut : tu peux appeler tes potes et leur dire que tu fais un album et tu voudrais qu’ils y jouent un peu de guitare, ou chanter quelques lignes, et si ils sont partants c’est cool. Pour un groupe c’est différent, tu dois tenir en compte les autres membres du groupe et leurs opinions. Cela me donne la liberté d’être totalement égoïste et narcissique, mais ce sont avant tout mes amis et ils sont tous des musiciens très talentueux. C’était un honneur pour moi, cela faisait des années que je voulais travailler avec Ginger ou Andy Cairns, on n’avait jamais trouvé le temps en vingt-cinq ans d’amitié et on a enfin réussi à le faire. Mais ce ne sont pas uniquement mes amis, je suis également fan de ce qu’ils font.

Du coup tu va retourner sur la route encore une fois ?
Absolument ! Dans cinq semaines on va ouvrir pour Stiff Little Fingers lors de leur tournée au Royaume-Uni, je me réjouis d’avance. C’est assez étrange parce que cette année j’aurais cinquante ans, les Stiff Little Fingers sont la raison pourquoi je fais ce que je fais aujourd’hui, je suis allé les voir quand j’avais treize ans et ça a changé ma vie, je suis sorti de ce concert avec une seule idée en tête : où trouver de l’argent pour m’acheter une guitare électrique. Je l’ai fait, et je peux le dire que c’est grâce à ce groupe que j’en suis là aujourd’hui. Avoir cinquante ans et me dire que je vais tourner avec eux c’est un sentiment vraiment gratifiant, comme si une boucle était bouclée.

Tu as en quelques sortes accompli ton rêve d’adolescent ?
Oui et de multiples fois! J’ai déjà eu la possibilité de jouer avec Stiff Little Fingers sur scène, bien sûr le plus gratifiant était de pouvoir jouer avec Thin Lizzy, sans oublier le succès que j’ai eu avec The Almighty, j’ai été béni et je n’ai jamais rien pris pour acquis.

Et tu vis maintenant à Los Angeles, c’est un accomplissement personnel ?
Cela fait maintenant onze ans que j’y habite, je l’ai fait par amour, j’ai rencontré ma femme et c’était plus logique que je quitte l’Irlande pour y emménager. Quand j’étais gamin, j’ai toujours regardé les show américains à la télévision : Starsky & Hutch, Kojak… pour moi l’Amérique était une autre planète, j’ai toujours eu une certain fascination pour ce pays. Maintenant j’habite à Beverly Hills, et oui, je pense que c’est un accomplissement personnel Je suis néanmoins très fier de mes racines et de mes origines.

Chacun des titres sur les albums racontent une histoire, et on retrouve des thèmes de ton passé, la guerre pour des Black Star Riders ou Thin Lizzy, la religion pour Almighty.
Tous les titres ont été coécrits avec un très bon ami à moi, Sam Robinson. On a le même âge et on vient du même quartier à Belfast, avec des intérêts similaires, et comme avec les Black Star Riders j’aime bien conter des histoires et avoir une substance dans mes textes. Mes inspirations viennent de bon conteurs : Strummer, Dylan ou encore Phil Lynnott. Il y a beaucoup de jeunes groupes qui n’ont pas ce genre de textes, ils sont moins profonds, je pense qu’il faut un certain degré de confiance pour écrire et dévoiler des aspects de sa vie, parfois je me dis que je ne suis pas originaire de L.A. alors ma vie n’est pas très glamour, mais en fait elle est différente des autres, et c’est la diversité qu’il faut raconter. C’est ma vie, et c’est pas parce que ce n’est pas Sunset Boulevard ou Ocean Drive que c’en est moins intéressant : écris sur ce qui est vrai, et cela va devenir glamour parce que ce sera authentique. Concernant les thèmes abordés, je vais toujours parler de ce que je ressens, de ce qui me dérange, ou de sujets qui ont généré une étincelle ou des souvenirs racontés par des amis ou ma famille, et l’histoire vient d’elle-même. Le passé, le présent et le futur, tout peut engendrer des idées.

Le titre ‘Johnny Ringo’s Last Ride’ est excellent.
C’est le titre sur lequel Ginger a participé, c’était trop fun de l’avoir sur l’album. Johnny Ringo était un docker qui vivait à Belfast-Est, un homme très dur et un sacré personnage, c’était un poète et un peintre, mais il le cachait parce que ça l’aurait rendu moins dur auprès des gens, il était du genre bipolaire.

Le titre ‘Tank McCullough Saturdays’ parle de quoi ?
Tank McCullough est un joueur de foot dans mon équipe préférée et celle de Sam Robinson, Glentoran de Belfast-Est. Tank McCullough s’appelait Billy McCullough et c’était notre héros quand on était gamins, ça raconte juste l’histoire de comment on se levait le samedi matin et qu’on allait voir le match de notre équipe préférée : il en reste des sons, l’émotion de prendre le bus, tout l’excitation que tu ressens et comment tu y allais avec ton père, il pleuvait toujours, on avait froid, on a essayé de mettre tout ça dans ce morceau. Dans les chœurs ‘Don’t cry for me no more’, c’est afin de pouvoir repenser à tous ces gens qui ne sont plus avec nous, et qu’il ne faut pas être triste, mais plutôt les célébrer.

En parlant de célébration, il y a beaucoup de fans de Motörhead qui vont célébrer la vie de Lemmy ce week-end.
On savait qu’il n’était pas en forme, mais je crois que personne ne pensait qu’il allait partir aussi vite. C’était un choc, c’est triste, une partie du monde rock’n’roll est décédée, la musique restera pour toujours. Je te rejoins en disant qu’il faut célébrer sa vie, c’est ce que Lemmy aurait voulu, et son héritage va nous rester éternellement. Il était génial, il a vécu sa vie à fond, il ne s’en est pas plaint et personne d’autre ne devra le faire à sa place, il a tout fait.

Merci pour tes confidences! Pour revenir à ton album, comment tu as fait pour travailler les compos, vu que tu étais souvent sur la route.
La technologie! On a tout écrit via internet, Facetime et email, on se renvoyait des idées comme un ping-pong, mais l’ordinateur y a grandement participé. Les gens blâment souvent la technologie, mais pour certaines choses elle est géniale.

Comment se présente ton début d’année 2016 ?
Souvent sur la route, soit en solo, soit en groupe, mais tout se prépare bien à l’avance, il n’y a pas que moi, il faut gérer la logistique pour trois autres personnes et synchroniser les agendas avant la prochaine tournée de Black Star Riders. Le line-up sur la tournée sera Gary Sullivan à la batterie, j’ai joué avec lui dans Sic, Mark Thwaite (Peter Murphy) à la guitare et Robbie Crane (Black Star Riders) à la basse. On est tous potes, alors sur la route il n’y aura pas de soucis, ils ont également joué sur l’album, tout est familier pour eux.

Donc encore une fois tu sera loin de tes filles…
Oui, mais je l’ai toujours fait, elles y sont habituées, et il y a Skype et Facetime. Ce qui compte, c’est la qualité du temps qu’on passe ensemble et pas la quantité. Quand je suis à la maison, la famille est la chose la plus importante pour moi, c’est moi qui les réveille pour aller l’école, qui fait le chauffeur, prépare les repas et j’aime faire ça, c’est du boulot mais c’est essentiel pour les bons rapports. Nous avons une bon niveau de vie, on arrive à faire ce qu’on veut et mes filles l’acceptent, tout est cool.

Quelque chose à ajouter sur l’album ?
Procure-le-toi s’il te plait! Il y a vingt-huit titres qui y figurent, ainsi que des bonus, et Nuclear Blast a préparé un bon packaging, il y même un vinyle vert pour les vinyle junkies dont je fait partie, merci pour le soutient et on espère vous voir sur la route. [Suzy Inderbitzin]

FICHE CD
Nom de l’album : When Patsy Cline Was Crazy (And Guy Mitchell Sang The Blues) / Hearts On Trees
Label : Nuclear Blast
Website : http://rickywarwick.com

 

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