C’est entre le 14 et le 16 mars, soit le 15, que nous nous rendons au Docks de Lausanne afin de passer une soirée en compagnie de Trivium et de ses deux groupes d’ouverture Shvpes et Sikth.

L’affluence n’était pas énorme malheureusement, que ce soit pour la tête d’affiche ou pour les groupes l’accompagnant. Mais que faisaient les fans de Trivium en ce mercredi… Il y avait-il du foot à la télé ? Joséphine ange gardien en primetime ? Un cour innovant d’Aquaponey à la piscine Lausannoise de Mon-Repos ? Va savoir, mais c’est dommage, disons-le franchement.

Commençons donc notre soirée par commander une bière, simplement nous retourner d’un quart de tour et ensuite souder solidement nos coudes sur la barrière nous séparant de la régie. Puis dans la foulée, Shvpes fît son apparition.

Entrée fracassante de son agité de la cafetière de leader Griffin Dickinson. Bon, afin de ne pas faire durer le suspense, oui Griffin est le fils de Sir Bruce Dickinson, frontman adulé d’Iron Maiden. On se dit avec joie, comme le veut l’expression, que la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. Ce coup-ci, malheureusement l’arbre est au sommet d’une pente très raide, et lors de sa chute la pomme roula inexorablement vers le bas, très loin. On peut être le fils du chanteur de la Vierge de fer, sans avoir hérité d’une magistrale présence scénique, ni d’un puissant organe vocal. Souhaitons-lui d’avoir au moins hérité de la gentillesse et de la modestie de son père. Le combo est là ce soir pour défendre son premier album Pain Joy Ecstasy Despair. Les morceaux sont très répétitifs. Un peu hard-rock, un peu grunge, voir même parfois des influences très Rage Against The Machine. Ce sont des compositions très décousues. C’est un jeune groupe se cherchant. L’ensemble n’est pas mauvais mais manque fortement d’identité propre. Le public montre de l’intérêt pour ce jeune band et c’est très bien. Par contre, nous ne parvenons pas à occulter de nos esprits un `vivement la suite`.

Sikth foule ensuite les planches. Changement radical de niveau musical. Comme le groupe fût formé en 1999, il eût été fâcheux qu’ils ne soient pas affutés, les bougres. On s’en va dans du metal progressif, voir du Djent, du mathcore. Les deux vocalistes alternent joyeusement voix clean et growls. Mais pas au même niveau. On s’aperçoit que Mikee Goodman prend l’ascendant sur Joe Rosser, tant en présence vocale que scénique. On passe un très bon moment avec eux, car leurs compostions se veulent variées et intéressantes. Ils parviennent à faire monter la température dans la fosse et c’est tant mieux. Il nous faut être à point pour Trivium.

C’est avec un tantinet d’impatience que nous attendons Trivium. Il a été prouvé que la bière est un bon médicament contre l’impatience. Nous profitons donc pour nous soigner. Retentissent soudainement les notes de Run To The Hills de… Non, là quand même, ce n’est pas utile de préciser. Arrivent ensuite sur scène le combo d’Orlando, Floride. C’est tout sourire et avec une motivation certaine que Trivium interprète le premier titre de son set `Rain`. D’après les recommandations du frontman Matt Heafy, on doit secouer notre tête, bouger notre cul et ne pas être timide.

La complémentarité de la paire Heafy/Beaulieu fait merveille. Les deux maîtrisent parfaitement leurs parties vocales et font preuve d’une réelle maîtrise de leurs guitares. Les solos se veulent hyper techniques. Au détriment parfois de la musicalité ou du feeling. Quand à Paolo Gregoletto, nuls doutes qu’il est un excellent bassiste sachant s’imposer comme il se doit dans tous les morceaux. Il assure aussi comme un beau diable derrière son micro, pour des deuxièmes voix efficaces.

La bonne humeur communicative des musiciens entraîne de petits `Circle pit` ainsi que de petits `wall of death` (pas de la taille d’un wall of death à la Dagoba au Hellfest, on est aux Docks !) Nous venons même à nous demander si Matt Heafy n’est pas un descendant de Gene Simmons tant il sort sa langue un nombre incalculable de fois durant le concert. Devrions-nous peut-être conseiller à Matt de se maquiller aussi et de renommer son groupe `Kissium` ? Non, il y a des limites à ne pas franchir.

Le groupe nous a offert lors de cette sympathique soirée, une setlist fort plaisante, variant du plus pêchu au plus calme. Trivium su emmener l’auditoire dans les méandres de sa discographie. Alors oui, les groupes de metalcore (BFMV, Architects, As I lay Dying, Killswitch Engage etc..) sont légions. Mais Trivium a indubitablement fait de ses prestations live sa force.