Si Puscifer s’amuse à nous faire voyager tout au long de leur discographie, et que leur album sorti en 2015 ‘Money Shot’ nous orientait vers le désert et les plaines qui invitent au voyage spatio-temporel, ‘Existential Reckoning’ nous plonge les pieds dans la boue, dans ce quotidien si sale, si hyper-tangible, mais pourtant inchangé, comme le titre de départ ‘Bread and Circus’ l’indique : du pain et des jeux, le mantra de l ‘Ancienne Rome, qui permettait ces divertissement superflus pour éviter que le peuple ne se rebelle. Avec ‘Far Right, Far Left, all the same shit, we’ve heard it all before’, Maynard James Keenan illustre bien la fatigue générale sur ‘Fake Affront’. Après tout, nous vivons dans l’ère où Trump et consorts ont le monopole, et les Américains n’ont jamais mis leur langue dans leur poche lorsqu’il s’agissait de démontrer les problèmes de la société. Le groupe pose son poing sur la table si fort qu’il n’a pas besoin de guitares distordues pour appuyer son propos. Tout ici est minimaliste, le synthé se fait plus présent, la voix de Keenan domine, on se fait malmener durant douze titres où le groupe semble nous asséner ‘réveille-toi, réveille-toi’, prêt à l’apocalypse. Un superbe effort de la part du supergroupe qui pose ici un Puscifer mature, plaisant. ‘It’s gonna be alright, everything will be alright’, nous dit ‘Bedlamite’. Tout ira bien. On s’accroche à nos sièges, et on prie. Fort et puissant, ‘Existential Reckoning’ n’est peut-être pas fait pour nous rassurer, mais nous ouvrir les yeux sur ce monde qui a grand besoin de changement. Maintenant.

Note : 4.5/5

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