LE POST-PUNK N’EST PAS MORT

C’est bien connu, les genres musicaux vont et viennent, se transforment, évoluent, et certains éclaboussent plus que d’autres. Et 2018 semble voir l’arrivée du post-punk comme figure de proue. Petit retour sur le mouvement.

C’est quoi ?

Contrairement à de nombreuses idées reçues, le post-punk n’a pas été créé ‘post’ l’ère punk : né en 1970 pour se démarquer du punk-rock, ce genre musical se veut politique mais moins agressif, tendant parfois vers d’autres styles. Beaucoup nomment Joy Division, The Horrors et Fugazi comme groupes influents de post-punk, pourtant à des années lumières les uns des autres niveau sonorités. Vers les années 90, c’est place à l’indie qui verra le post-punk se faire cracher à la gueule de la part des médias, et se fera donc tout petit dans le paysage musical, avant de refaire surface sous forme plus commerciale. Nommons Shame, Idles, Savages, Protomartyr ou encore les Français de Rendez-vous qui secouent la planète musicale à grands coups de sons sans concessions et de crachats transpirants.

Post-punk ou new-wave ?

Enlever l’agressivité du punk-rock et l’on se retrouve avec… De la new-wave. Raccourci trompeur, me direz-vous. Là où la new-wave se veut arty, le post-punk se retrouve avec des paroles plus politiques dans le but de faire changer les moeurs et de pointer le doigt sur les phénomènes de société. Imaginez-vous dans les années 70, donc post-68, où l’on se questionne musicalement et où l’on cherche à produire quelque chose de différent de ce que l’on trouve directement sorti d’un local de répétition humide. Artistiquement parlant, il y a certes des similitudes entre post-punk et new-wave, d’où une certaine catégorisation assez proches entre les groupes qui virent post-punk (Public Image LTD) et new-wave (The KVB). L’approche low-key et DYI est forte, et c’est ce qui fait son charme : pas de chichis (punk), et une recherche musicale poussée (new-wave).

Pourquoi ?

Alors comme on vous le dit depuis le début, c’est vers une tendance rétro-seventies que beaucoup d’artistes contemporains se dirigent. Si l’heure de gloire du rock-psyché ne semble pas faiblir, bien que se diluant dans de nombreux styles, le post-punk a à nouveau toute sa place en 2018 : regardez les guignols qui se font présidents (et pas besoin d’aller si loin qu’outre mer pour en trouver), regardez à quel point Brexit fout le bordel, à quel point nous vivons dans des pays riches et pourtant si carencés en bon sens. Là où le psyché tend à la rêverie et au subconscient, c’est le nez dans la merde que nous plonge le punk. Des jeunes qui se foutent en l’air et qui vivent une vie misérable sans avoir aucune raison de le faire, du système social qui devrait être retravaillé de l’intérieur, il y a de quoi se poser mille et une questions sur cette société dorée qui fait tout pour se tirer dans le pied. Les avis sont unanimes : on n’est pas prêt d’être à court d’idées sur ce dont les groupes post-punk peuvent tergiverser. [XX]

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