marilyn.manson.cover.OK(BD)Parler de Manson aujourd’hui est presque devenu problématique, à notre corps défendant. Après avoir propulsé le shock rock dans le cynisme de la doom generation, les choses ont pris une tournure amère.


Il fut une époque où, pour trouver des gens prêt à cracher à la gueule du groupe avec désinvolture, il fallait regarder M6 ou Fox News. Les choses ont changé. Le maître a peu à peu écorné sa superbe au fil des albums maladroits, des choix artistiques discutables, et des performances live de nature à faire hurler l’entier de sa fanbase de la première heure.

Un ‘Eat me, drink me’ post rupture qui a notablement perdu la rage et l’inspiration de la grande époque, un ‘High End of Low’ à peine mieux, et un ‘Born Villain’ duquel votre serviteur renoncera à parler de crainte de réveiller son ulcère, sont passés par là. Elle est loin, l’époque bénie de la trilogie mythique ‘Antichrist-Mechanical-Holywood’ qui a autant emballé la critique qu’elle a horrifié les parents à travers le monde.

Oui mais voilà, la roue tourne. Après nous avoir fait définitivement désespérer de lui en alignant les vautrages de mauvais goût, voilà qu’il se reprend. Nous avons encore en mémoire sa performance abominable du Gampel où non content de chanter juste uniquement lorsqu’il était samplé, il se permettait de montrer sur scène un spectacle digne du dernier des douchebags. Quand tout à coup, la bombe qu’est ‘The Pale Emperor’ t’arrive dessus. On t’invite, fringuant lecteur, à lire la chronique présente dans ce numéro que tiennent tes petits doigts avides, mais le fait est qu’il est revenu, l’antéchrist.

Choisir un seul opus dont il faudrait recommander l’écoute n’est point chose aisée. Mechanical Animals, pièce centrale de la grande époque et concept album glam, parfois pop, parfois plus accessible également, semble toutefois être une pièce unique. Si vous avez découvert Manson quand tout le monde en parlait encore, vous avez forcément entendu la ligne de gratte simple mais ravageuse de ‘The Dope Show’, le rock nerveux et déchiré au crack de ‘Rock is Dead’, ou les complaintes mortifères et acérées de ‘The Last Day on Earth’, ‘Coma White’ et surtout de l’impitoyable ‘Speed Of Pain’. Les années ont passé depuis cette époque glorieuse qui voyait encore des clips légèrement censurés passer sur un MTV dont le business model n’avait pas encore été achevé par Napster et surtout Youtube. Rétrospectivement, l’on peut encore en sentir l’impact émotionnel dans toute une génération, monument d’un passage de millénaire, d’une page que l’on tourne, et d’une adolescence qui t’emmerde. Les raisons sont multiples, et vous n’allez pas me dire qu’on s’est tous lourdés, si ?

Cet album est un réservoir à ‘nouvelle track préférée de la semaine’ en puissance, tant le niveau est homogène et les compositions variées et pertinentes. Par-dessus tout, elle sonne comme une preuve en travers de la gorge de tous les puristes, les proto-hipsters du rock, les nazis du metal ‘qui était mieux avant’ et les pourfendeurs de groupes qui vendent plus de 500 albums. Oui, on peut tout à fait produire un album qui allie succès commercial retentissant et qualité artistique à l’avenant.

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