Un an après ‘The Uncanny Valley’, Perturbator refait parler de lui avec un long EP de trente minutes. James, l’homme aux commandes, s’est confié à nous au milieu de sa tournée américaine.

J’ai trouvé ‘New Model’ très différent de tes précédentes sorties, tu as la même impression ?
Sur le plan purement technique, les percussions sont plus travaillées. Ensuite, concernant l’atmosphère pesante, je pense que ce qui a changé, c’est que je n’ai pas essayé de faire danser les gens. Je me suis vraiment amusé avec les structures, les temps des mesures, c’était vraiment plaisant à composer. Je découvrais l’EP en même temps que je le composais, là où pour ‘Dangerous Days’, je tendais à me cantonner à ma zone de sécurité.

Est-ce que tu penses qu’aujourd’hui les gens vont te suivre peu importe où tu vas ?
Je pensais avoir atteint ce stade avec mon dernier album. Cet EP, je pensais qu’il sera beaucoup plus difficile d’accès pour les auditeurs. Je m’attendais à ce qu’il divise les critiques. Ceci dit il y aura toujours des gens méfiants. La sortie de cet EP montre que je ne vais pas tenir compte de leurs attentes. Au fond, peu importe si le public suit ou pas, ce qui compte c’est si ça me plaît.

Le morceau final, ‘God Complex’, est renversant. Qu’est-ce qui t’a emmené vers un truc aussi massif ?
Il symbolise un peu mon trop-plein d’ego et mon penchant à basculer dans la grandiloquence. Pour le représenter, j’avais envie de me diriger vers une sorte d’opéra électronique qui part dans tous les sens, tantôt éclairé, sombre, énervé. Souvent énervé d’ailleurs. C’est une belle manière de clôturer l’EP, à mon avis, un morceau que les gens auraient du mal à digérer.

C’est curieux ce que tu dis sur ton ego, tu as l’air de garder les pieds sur terre dans tes interviews…
Il y a la manière dont je me présente aux gens, et il y a la personne que je suis tout seul chez moi, et c’est plutôt cette dernière que j’avais en tête. Je reconnais que ça m’arrive, quand je compose une track, d’être très fier de ce que je fais. Et en l’occurrence ça me perturbe.

Depuis tes débuts, tu es sur un tout petit label finlandais, Blood Music. Ton succès grandissant, tu songes à t’envoler vers des horizons plus lucratifs ?
J’ai été contacté plusieurs fois par d’autres labels, mais leur taille ne m’intéresse pas. Ce qui importe, c’est leur capacité à faire d’éventuelles concessions. Or, les gros labels, d’après ce que j’ai vu, restent largement concentrés sur le profit. Plutôt que de changer pour un plus gros label, je préférerais donc développer le mien, ce serait la suite logique. [Louis Rossier]

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FICHE CD :
Nom de l’album : New Model
Label : Blood Music / Music of the Void
Note : 4/5

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