Bienvenue dans un contexte post-apocalyptique et guerrier, Hiroshima et son liquidateur atomique donnant son nom à l’album. Avec une voix un peu étouffée growl, mixée en retrait, et des cavalcades de batterie qui commencent à être vintage pour qui n’a pas connu le siècle dernier, ʿLittle Boyʾ rappelle les heures glorieuses du death n’ayant pas encore coupé le cordon avec son thrash de papa. On tape spontanément du pied en quelques secondes d’écoute, ce qui est toujours bon signe. L’ensemble est très compact, un peu trop peut-être, la basse manquant de relief et vibrant dans les infras. On pense aux Moutards de Bodom ou à Amon Amarth, voire par moments à Bolt Thrower ou à l’Emperor de ʿAnthemsʾ. On apprécierait parfois un rien plus de folie et de hargne dans des compositions très contrôlées, d’une exécution technique pour ainsi dire sans faille – mais c’est l’insatiable en matière de blast beats qui parle, là. Certains passages de Insane Circles ou The Black Army montrent que le potentiel d’une destruction plus radicale encore est bien là. Remarquons une assez belle inventivité, à l’image de War is over ou A hate so strong, cumulant les influences de plusieurs chapelles métalleuses sans perdre sa cohérence ni sa patate. Les solis harmonieux, conférant un peu de vie et de couleur à un ensemble aux teintes dominantes de cendres et d’ossements, conservent toujours une sobriété bienvenue, sans branlage de manche excessif. En forme d’hameçon à buzz qui semble pleinement assumé, la piste finale propose une très incongrue reprise de Maître Gims (l’on voudra bien pardonner au soussigné, rapophobe au-delà de ce que les mots permettent d’exprimer, de ne pas s’infliger la comparaison avec l’original). Un tonitruant quintette lausannois qui mérite d’assourdir les foules bien au-delà de ses frontières cantonales.

https://pijab.bandcamp.com
Note : 5/5

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