©Davide Gostoli

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Le metalcore joue à guichets fermés. Après le Volkshaus de Zurich la veille, les Docks ont également affiché complet en ce samedi 6 février pour accueillir Parkway Drive. Les australiens venaient présenter leur nouvel album « Ire » accompagnés de Thy Art is Murder et Architects en ouverture de soirée.


Depuis des années, le metalcore a pour habitude de proposer des concerts aux premières parties nombreuses, jouissant pour la plupart d’entre elles d’une certaine notoriété. Une opportunité pour les labels de placer intelligemment leurs poulains et créer une entente particulière entre les groupes, accroissant ainsi leurs communautés de fans respectives. Une meilleure chance de remplir les salles, donc. Preuve en est, Parkway Drive a affiché complet sur la moitié des dates nord-américaines en automne 2015. Même si la popularité des australiens n’est pas à discuter, il va de soi qu’ils peuvent remercier la présence des appréciés Miss May I, Thy Art Is Murder ou In Hearts Wake. Pour sa tournée européenne promouvant l’album Ire, débutée le 22 janvier en Allemagne, la bande de Winston McCall accueille Architects, l’un des groupes les plus affluents de la scène metal britanique, précédé des australiens de Thy Art Is Murder. Pour leur crochet en Suisse les 5 et 6 février, Parkway Drive ont joué successivement à guichets fermés. Nous étions aux Docks de Lausanne le deuxième soir. Ambiance bouillonnante.

En ce samedi soir, l’Avenue de Sévelin déborde à 19h à peine, heure de l’ouverture des portes. Soirée complète, mille personnes s’agglutineront dans le hangar des Docks. Des jeunes, des vieux, des tatoués, des plugués, coiffés d’une crête, d’une mèche, ou d’un bonnet à l’effigie des artistes de ce soir. Pas le temps de trainer dehors si l’on veut une bonne place, la fosse est déjà pleine à craquer pour accueillir la première partie. Visiblement attendu des lausannois, Thy Art Is Murder donne le ton. Un son lourd, brutal, un scream caverneux déchainant les premiers rangs. Le deathcore des australiens est maitrisé et touche son public malgré un changement récent de frontman suite au départ de CJ McMahon en décembre dernier. Un outsider n’ayant déjà plus rien à prouver. À suivre de près.

À peine quinze minutes de relâche et c’est Architects qui déboule à la vitesse de Gravedigger. Malgré l’absence du guitariste Tom Searle, contraint de quitter temporairement la tournée pour raisons médicales, les autres membres du groupe assurent le show avec une énergie communicative. Sam Carter maitrise son chant clair et son scream à la perfection, que ce soit sur le rageur Broken Cross ou le mélodieux Castles In The Air. Ne disposant cette fois que de trois quarts d’heure pour briller – première partie oblige – les anglais nous gratinent du meilleur de leur dernier album Lost Forever//Lost Together pour finir sur l’immanquable These Colours Don’t Run repris en chœur par les fans. Un show rodé et efficace souffrant légèrement de la qualité médiocre du son et du manque de lead-guitare.

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Les retardataires tassent un peu plus la foule transpirante, puis on entend les débuts de Bohemian Rhapsody en fond sonore. Les metalleux jubilent, chantent bras dessus bras dessous, et sont enfin prêts à accueillir la tête d’affiche. Les premières notes de Destroyer raisonnent. Explosion de confettis et apparition remarquée de Winston McCall, nouvellement blond pour équilibrer les quotas suite à l’absence du bassiste Jia O’Connor de la tournée. Parkway Drive dégage une énergie euphorique. Le son est puissant, propre, et dévaste déjà les premiers rangs ne sachant plus où mettre leurs t-shirts et leurs bières. Les mosh-pit s’étendent sur le fracassant Dying To Believe, les headbangs deviennent chaotiques sur le frénétique Karma qui nous replonge à l’époque de l’album Deep Blue. D’une sympathie toujours plus étonnante, les surfeurs australiens sont au plus proche de leur public et permettent aux plus courageux de s’adonner au crowdsurfing depuis la scène. Certains en profitent pour prendre un selfie avec leurs idoles, d’autres sautent les pieds en avant dans la fosse. Ce qui commence à alarmer la sécurité, désormais sur le qui-vive. Les Docks bouillonnent et reprennent en chœur le rassembleur Vice Grip et l’entêtant Wild. Le frontman se donnera corps et âme et poussera ses derniers cris ravageurs sur l’excellent Dedicated. Le rappel se fait attendre par un « One More Song ! » général. Les cinq musiciens enterreront finalement la salle avec Crushed et clôtureront une heure et demi de show avec Home Is For The Heartless. Parkway Drive confirme une fois de plus son statut de tête de peloton et peut se venter d’avoir mis du baume à l’âme lausannoise.

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