La canicule était encore de corvée pour accueillir les festivalier.ère.s mercredi après-midi. Au programme : transpiration et décibels.


Ambiance torturée et sauvage

Sur la Plaine de l’Asse, on active ses radars pour trouver les meilleurs coin d’ombre pour déguster frozen yogurts ou autres cornets de glace. A l’entrée du festival, c’est au son de Tamino qu’on tente de se rafraîchir. Les sons qui s’échappent de la tente sont torturés, presque dépressifs. La lenteur des rythmes fait baisser notre propre rythme cardiaque. Pratique pour faire baisser notre température mais on préfère quand même s’amuser sur de la musique plus festive.

Direction donc vers la HES-SE pour le concert sauvage de Cyril Cyril. Si on est admiratif de les voir jouer sous ce soleil assommant, ils le sont encore plus envers le public qui ne cesse d’arriver au milieu des plantes pour les écouter. Le cadre est magnifique avec cette gigantesque pépinière et leur musique nous fait voyager à travers le monde. C’est avec grand plaisir qu’on retrouvera les Genevois au Club Tent plus tard dans la soirée pour un set plus long (et à l’ombre). Leur musique est hypnotisante, indéfinissable et aura certainement marqué les esprits.

 

Bod’haktan acte II

Du côté du Dôme, Bod’haktan sont repartis pour un tour. Découverts le jour précédent, on ne peut s’empêcher de retourner les voir, et tout Paléo semble avoir eu la même idée. Le Dôme est blindé pour danser au son des canadiens. Véritables showmen ils sont, pour l’instant, une des meilleures découverte de Paléo, toute édition comprise. Mention spéciale pour leur reprise de Jump aux influences celtiques !

Pépite australienne

Lorsqu’on s’approche de la Grande Scène on se demande un peu où on est tombé. Xavier Rudd est dans un trip électro-tribal inattendu. Puis, on change totalement de style pour passer à de la folk, presque rock, aux touches traditionnelles australiennes. On reste scotché devant sa démonstration de didjeridoo, instrument traditionnel des Aborigènes du nord de l’Australie. La voix de Xavier Rudd passe des grave aux aigus dans une danse captivante qui nous fait presque pardonner la coupe mulet du chanteur. Voyage garanti sur un autre continent !

 

Automates déjantés

On sait tous que Matthieu Chedid est un grand compositeur et un as de la guitare. Habitué à des shows assez grandioses de – M –, en apercevant les instruments plutôt disposés comme des œuvres d’arts que prêts à l’emploi, on se dit que, peut-être, ils joueront par eux-mêmes, sans musiciens. Et le problème, c’est qu’on a raison. Malgré le talent évident de l’artiste, on attend pendant les premiers morceaux l’arrivée des musiciens qui… n’arrivent pas. Les instruments sont effectivement des automates. Si on est frustré un instant, on finit tout de même par se dire que ce mec est un génie. Le concept est perché, mais n’est-ce pas un des traits caractéristiques de -M- ?

Loin des concerts sur bande-son plutôt insipides, – M – anime la scène avec brio, en assurant guitare, chant et percussions. Cela déçoit quand même une partie du public qui décampe déçu après quatre ou cinq chansons. Le fils Chedid conserve avec lui une foule nombreuse de choristes amateurs sur la plaine de l’Asse, qu’il fera participer à ses plus grands tubes, comme à son habitude.

Ce soir encore, les bénévoles sont à l’honneur. Après avoir vu la sécurité créer un mouvement de foule avec Twenty One Pilots, c’est l’équipe de la Grande Scène qui participe au show en se livrant à une battle de danse orchestrée par -M-. Un beau moment qui fait sortir de l’ombre ces personnes que l’on ne pourra jamais assez remercier pour leur travail.

Alors on chante – M -, sans être bien certains d’aimer qu’il ait viré les musiciens.

 

Trop de sample tue le sample

Sur les Arches suivent Polo & Pan. Le duo french touch est monté en flèche depuis quelques années. Ils commencent sur un sample du thème du film « Le Grand Blond avec une Chaussure Noire » (Sirba, de Vladimir Cosma). On a un peu de peine à voir le rapport avec leurs compositions plus tropicales. L’ensemble de la performance (enfin le peu qu’on a bien voulu en voir) enchaîne les samples sans queue ni tête et de morceau lancés avec un simple appui sur un bouton et au chant live mais déformé. On est loin de la séduction exotique de Caravelle. Où alors on est mauvais public. Car il est vrai que leur fanbase – relativement jeune – est restée sur place à danser tandis que nous repartions au pas de course.

Ne pas se fier aux apparences

De retour au Village du Monde pour Les Trois Accords. Le titre évoque une simplicité mais c’est peut-être un piège. Si pour certains morceaux, le groupe québécois nous livre une sorte de garage rock avec peu d’accords (mais efficaces), les paroles sont quant à elles truffées de jeux de mots et d’un humour délicieusement tordu. Franc succès pour le groupe qui mêle esprit et autodérision. Le public est chaud et en redemande en chantant leurs titres préférés à tue-tête.

 

Quart d’heure vaudois pour Lana Del Rey

Les fans aux premiers rangs de la Grande Scène n’en peuvent plus. Après une journée d’attente, leur excitation est palpable. Malgré une masse compacte devant la scène qui s’est formée dès la fin de -M-, le reste de la Plaine de l’Asse est encore relativement vide lorsque l’on vient nous présenter Lana Del Rey… qui arrivera quinze minutes plus tard (elle a sûrement voulu tester le quart d’heure vaudois). Dans un décor estival avec chaises longues, palmiers ou autres balançoires en fleurs, l’Américaine entre en scène.

La première chanson ne convainc pas vraiment, la faute au son et à sa voix faiblarde. Elle perdra définitivement une partie du public trois minutes plus tard en annonçant qu’elle était heureuse d’être là… à Genève. Comme quoi, on pourra maintenant laisser Johnny tranquille ! Elle récupérera tout de même quelques festivalier.ère.s en descendant vers ses fans, leur offrant quelques minutes pour prendre des selfies, faire des câlins et récolter quelques cadeaux. Certains crierons à la communication et au show millimétré, il n’empêche que quand vous avez attendu plus de 10h pour être là, c’est un peu une consécration.

On quitte la Plaine au son de Pongo qui, au Détour, déchaîne les foules grâce à des rythmes Afro-portugais qui contrastent avec la pop dépressive de Lana.

Texte: Alessia Merulla & Coralie Binder
Photos: Coralie Binder & Davide Gostoli

 

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