Mardi s’ouvrait la 44ème édition du Paléo Festival à Nyon. Retour sur une soirée qui a largement dépassé ce que l’on attend de Paléo.


Chaleur, douceur, danse : un combo gagnant

La canicule était déjà bien installée sur la Plaine de l’Asse lorsque les premier.ère.s festivalier.ère.s ont passé les portes (respect à ceux qui ont piqué un sprint d’ailleurs). Les stands de glaces et autres milkshakes n’ont pas tardé à être pris d’assaut alors qu’au Club Tent, Billie Bird se prépare. Soleil de plomb oblige, la tente est remplie de spectateur.trice.s en quête d’ombre lorsque la Lausannoise entre en scène. Sa belle voix a envoûté le Paléo accompagnée de sonorités folk et pop. Billie Bird a offert de la douceur qui a du caractère et elle était la bienvenue dans cette atmosphère tropicale.

Au Dôme, les festivités autour du Québec se sont ouvertes avec Bodh’aktan. Les Québécois ont présenté un mélange festif de musique traditionnelle celtique, de rock et de punk. Un cocktail qui a fait effet sur les spectateur.rice.s en un rien de temps. Dans le public, ça danse, ça pogote et ça chante les histoires de pirates de Bodh’aktan. Le groupe a su convaincre la foule qui sera, sans aucun doute, présente pour leur deuxième concert mercredi.

Des cowboys sans prise de tête

C’était ensuite au tour de la nouvelle Grande Scène d’être inaugurée. Le Québec était à l’honneur pour l’occasion puisque ce sont les Cowboys Fringants qui se sont attelés à la tâche. La Plaine de l’Asse était bondée malgré de soleil de 18h qui tape sur les épaules. Là encore, la sauce ne s’est pas fait prier pour prendre. C’est certainement une des premières fois qu’on entend autant la foule chanter pour le concert d’ouverture. Sur scène, le groupe s’amuse sans prise de tête. Les musiciens n’hésitent pas à descendre vers le public, d’une extrémité à l’autre des barrières, pour le plus grand plaisir des fans. On aura aussi droit à une séance de façonnage de ballons en forme d’animaux et un petit déchirage de t-shirt suivi d’une danse déjantée. Et le public n’était pas en reste ! Deux fans ont eu la chance de partager un titre avec leur groupe préféré et le bassiste est allé chercher une ribambelle d’enfants dans la fosse pour la dernière chanson. Les Cowboys Fringants ont offert un concert généreux que le Paléo n’est pas près d’oublier !

Une Christine jacksonienne

On reste dans la danse, mais dans un autre style avec Christine and the Queens. La française a présenté un show millimétré plutôt impressionnant. Accompagnée de ses danseur.euse.s, Chris a épaté la foule en alliant mouvements contemporains et chant à la perfection. Et elle était bien déterminée à faire transpirer la foule dans un espace qu’elle de liberté où chacun peut être ce qu’il veut. Le spectacle est captivant mais l’influence de Michael Jackson est si présente, que ce soit dans les sons ou la manière de chanter, qu’on reste légèrement sur notre faim.

Petite pause avec B77 avant de repartir au Dôme

Petit duo fribourgeois, B77 emmène son public dans une transe électro cosmique. Ce n’est pas la performance qui va vous faire sauter sur place mais ça passe bien le soir pour faire une pause en planant un peu. Le rythme bat et on commence à avoir l’impression d’écouter du MGMT, surtout avec les voix intégrées dans leur musique. Ça manque peut-être un poil d’originalité dans la tendance actuelle mais c’est léché et ça sonne bien.

Québec Redneck Bluegrass Project, c’est le groupe dont tu n’arriveras jamais à prononcer le nom en entier. Mais c’est surtout une ambiance au top d’un groupe québécois (évidemment) qui fête le punk-folk comme jamais. Contrebasse, violon, mandoline, tout le monde danse, le public aussi. Et tout le monde chante. Tabernacle, si c’est ça la prog’ du Dôme, on va y passer la semaine.

Charlotte Forever

Si vous pensiez que la musique de Charlotte Gainsbourg était un peu molle détrompez-vous. Avec son dernier album Rest, Charlotte conserve sa douce fragilité mais ajoute une bonne dose de pèche électro qui a dû en dérouter certains. Elle assume enfin pleinement son héritage sans pour autant emprunter le style de son père. Si l’album sort du lot, le live en est à la hauteur. La scénographie minimaliste, faite de structures en néon accueille l’artiste au piano, et porte la voix éthérée, en anglais. Elle nous plonge dans un espace hors du temps alternant entre puissance dès que la musique commence et douceur dès qu’elle s’arrête. Le volume vocal est peut-être un peu faible, mais soutenu par le choriste et le bel équilibre musical, le concert est probablement le meilleur de la soirée. Une belle performance, entretenue par l’interprétation de Charlotte Forever. L’émotion est palpable lorsqu’elle s’adresse au public après celle-ci. Un très bel hommage et un concert à la hauteur d’une artiste. Dommage que le public ne puisse s’empêcher de discuter et rire aux éclats, brisant cette bulle crée par Charlotte Gainsbourg.

Quand la sécurité crée un mouvement de foule

Twenty Øne Piløts étaient définitivement les plus attendus de la soirée. Une heure avant le début du concert, la Plaine de l’Asse était déjà blindée et lorsque les lumières se sont éteintes, l’excitation était à son comble. Devant un écran géant qui couvre le fond de la scène et carcasse de voiture en feu, un personnage masqué muni d’une torche a ouvert les hostilités. Lorsque Tyler Joseph et Josh Dun se montrent enfin, les acclamations du public deviennent assourdissantes. Pendant 1h30, Twenty Øne Piløts ont fait voyager le Paléo à travers le rock, le rap ou encore la pop. Impossible donc de s’ennuyer.

Le duo fait également le show, que ce soit en venant faire de la batterie sur le public ou en grimpant sur une petite plateforme perchée à plusieurs mètres de hauteur à côté de la scène. En plus, ils ne se sont pas contentés de remercier les sécus pour leur travail, mais ils les ont fait participer au spectacle. Tout d’abord, dans une ambiance « dance cam » comme dans les matchs de basket, les sécus ont un à un proposé quelques mouvements de danse pour la chanson suivante. Puis, ils ont été invités sur scène pour guider la foule de droite à gauche en rythme. Ce sera sûrement la seule fois qu’on verra la sécurité créer un mouvement de foule ! Les « haters » diront ce qu’ils veulent, avec Twenty Øne Piløts, Paléo a vu gros, et Paléo a vu juste.

Avant de partir…

La fusion Vitalic / Rebeka Warrior prend. Le duo Kompromat amène ses années d’expériences dans différents projets, les combine et lance son électro brut en pleine face. Avec leur premier album Traum und Existenz, ils nous emmènent à Berlin dans une ambiance minimaliste qui passe du rêve au cauchemar, de l’éthéré à l’agressivité. La setlist, extrêmement bien gérée, ne laisse jamais place à l’ennui. Le show lumière est très esthétique et appelle à la nuit techno berlinoise. Une belle baffe, comme on les aime. Une très belle conclusion pour ce premier jour de Paléo.

Texte par Alessia Merulla & Coralie Binder
Photos par Coralie Binder & Davide Gostoli

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