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‘Et voila, le Daily Rock s’acharne, une fois de plus, à chercher des idées d’articles dans sa vieille pile de CD poussiéreuse. Ils feraient mieux de faire des articles de fond sur l’influence du power metal sur la nomenklatura nord-coréenne !’

Tout d’abord, quand on parle de Noir Désir, il convient de mettre au clair quelques menus détails qui peuvent paraître triviaux mais sur lesquels il serait presque nécessaire de légiférer.

  1. ‘Aux sombres héros de l’amer’ s’écrit ainsi. Ce n’est pas ‘Oh ! Sombres héros de la mer’ (on dirait Soldat Louis….) et ce n’est pas ‘O !Sombrero de la mer’ (Gipsy Kings….). Un peu de respect !
  2. ‘Le vent nous portera’ n’est pas leur meilleure chanson, loin de là. C’est juste qu’elle passait à la radio quand tu t’es fait larguer à 15ans et que tu devais la chanter à l’école.
  3. Et ouais, Cantat a tué sa copine, c’est pas pour autant qu’il faut boycotter Noir Désir. Ah si ? Quand même ? Et tu vas, de ce pas, écouter les Sex Pistols ou Burzum pour te consoler ? Mais grand bien te fasse.

Mais laissons derrière nous ces détails de l’histoire et entrons dans le vif du sujet. Sous le caractère putassier du titre de l’article (qui fonctionne néanmoins puisque vous lisez encore), se cache une intime conviction en manque de reconnaissance : cet album live est la quintessence de Noir Désir, un parpaing de l’histoire du rock, un incroyable chant du cygne pour un groupe mythique ainsi que votre disque préféré une fois que vous l’aurez réécouté.

Vous n’êtes pas encore convaincu que c’est le meilleur live du monde ? Faites donc un peu d’archéologie et allez rechercher ce double album dans votre grenier (vous pouvez même aller sur votre site de streaming favori, je vous le permets (c’est pour la bonne cause)).

Bref, Play !

Dès les premières secondes, ‘Si rien ne bouge’ installe une ambiance solennelle. Entre le rythme lancinant de la batterie et la voix transpirante, on se rend déjà compte du potentiel énorme de ce live. Que dis-je, un live ? Ce sera une messe. ‘One trip one noise’ et son harmonica fou laisse la place à ‘A l’envers à l’endroit’.

La cérémonie continue notamment avec la reprise de Léo Ferré ‘Des Armes’, une ode aux mots et aux maux. Une ‘Ernestine’ qui reste digne et calme avant la tempête nommée ‘Tostaky’, on imagine la fosse, l’émeute, le sang, la sueur et les larmes guidé par la voix du prophète Cantat.
La belle et terrible reprise de Brel ‘Ces Gens-là’ ouvre pour ‘Comme elle vient’. Apogée de l’album, la musique nous frappe comme une flèche et l’ouragan finit en apocalypse. ‘Ce n’est pas moi qui clame’, longue épitaphe, achève ce qu’il subsiste de notre âme bouleversée par les deux heures et demie d’émotions.

Une telle intensité, une telle rage, une telle justesse, il ne vous reste plus qu’à respectueusement vous incliner et reconnaître que c’est, comme notre titre l’indiquait, le meilleur album live de tout les temps. [Cyrille Chatton]

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