© Christian 'Indy' Inderbitzin

© Christian ‘Indy’ Inderbitzin

Guitariste virtuose de son état, Nita Strauss, après avoir œuvré entre autre dans un groupe de reprise d’Iron Maiden (s’appelant The Iron Maidens), a mis sa six corde au service d’Alice Cooper. Sa guitar Clinic à Boullard Music était l’occasion de la rencontrer et d’en savoir un peu plus sur celle qu’un fameux magazine de guitare a élu comme LA guitariste à suivre du moment.


Premièrement, pourquoi as-tu choisi la guitare comme instrument ?
En fait je n’avais pas commencé par la guitare. En premier j’ai joué de la batterie, mais j’étais terriblement mauvaise. Après je me suis mise à la basse, mais je trouvais la basse ennuyeuse. J’avais déjà une guitare mais je ne l’avais jamais vraiment pratiqué avant que je ne voie le film ‘Crossroad’ et là j’ai décidé que j’allais m’y mettre sérieusement.

Quels sont tes influences, Steve Vai si j’ai bien compris mais qui d’autre ?
Marty Friedman et Jason Backer. J’ai toujours été très fan du shred. Pas forcément de jouer très vite mais aussi de jouer d’une manière qui soit intéressante à écouter.

Ton premier groupe As Blood Runs Black était vraiment très heavy, comment t’es-tu retrouvée avec Jermaine Jackson juste après ?
C’est un hasard total. Je ne considère jamais un non comme une réponse pour moi-même. Même si je dois jouer quelque chose qui ne m’est pas familier ou dont la manière de jouer ne me rend pas forcément à l’aise, je me lance dans l’aventure, je vais de l’avant et j’apprend.

Qui est Mega Murray ?
C’est mon alter-égo dans le groupe The Iron Maidens. En fait avant que j’intègre le groupe il y avait une guitariste très petite qu’elles appelaient Mini Murray. Ma personnalité est tellement énorme quand je joue que je ne pouvais par reprendre juste ce nom. Mais les autres noms étaient déjà pris, il restait juste Murray et je penses que Mega Murray correspondait bien à ma personnalité. Mais je ne fais plus partie du groupe depuis trois ans!

Tu as fais de la musique pour des jeux vidéos. En quoi cela change d’un enregistrement normal ?
Je ne pense pas que ce soit très différent. Disons que pour les jeux, tu crées plus un feeling qu’un morceau en tant que soit. Tu crées un thème pour une partie précise du jeu, mais au niveau de l’écriture d’un solo par exemple cela ne change pas tellement. Les développeurs viennent vers toi en te disant que tu dois écrire une mélodie pour quand le personnage commence à devenir fou par exemple. J’ai travaillé sur un morceau appelé ‘The Stains Of Time’ pour le jeu ‘Metal Gear Rising : Revengeance’, c’est le morceau qui accompagne le passage à la folie du héros, le but était réellement de faire ressentir ce passage d’une manière musicale.

Tu ne fais ce genre d’enregistrement qu’à la guitare ?
Oui, tu sais comme tous les guitaristes, j’aime croire que je peux tout faire comme du piano par exemple, mais mes compétences sur cet instrument s’arrête à ‘Final Countdown’ (rire).

Que s’est-il passé la première fois que tu as rencontré Alice Cooper?
Alice est une de ces personnes tellement simple à approcher que c’est difficile d’être nerveuse avec lui. Il a été tellement chaleureux la première fois que je l’ai rencontré, c’était comme rencontrer un vieil ami. Il est arrivé et m’a dit : ‘enchanté de te connaitre, je suis Alice’ et moi j’étais un peu dans le style… ‘Oui je sais’ (rires). Et en fait j’étais déjà dans le groupe au moment où je l’ai rencontré.

N’est-ce pas difficile ou frustrant de jouer dans un groupe avec deux autres guitaristes ?
En fait au début on peut croire que ça va être difficile, mais au final c’est assez simple. Il n’y a aucune compétition entre nous. On a tous des personnalités très différentes et d’une manière ou d’une autre ces personnalités nous permettent d’être très complémentaires. Souvent on peut croire qu’avec des caractères différents, le son serait brouillon, mais en fait chacun trouve sa place.

Tu es fidèle aux guitares Ibanez S, une raison particulière à ce choix?
Oui ce sont d’excellentes guitares. Je compares souvent mes guitares à des Ferrari. Une Ferrari est faite pour aller vite et être confortable, les S série d’Ibanez sont pareili (rires).

Au niveau ampli tu es sur Blackstar, est-ce important d’avoir un vrai ampli derrière toi, tu n’es pas dans le trip Fractal ?
Je penses que ça n’a pas beaucoup d’importance. Trop de guitaristes se prennent la tête sur le débat vrai ampli / Fractal, Marshall, JCM800 etc… l’essentiel c’est de trouver ce qui marche pour toi, et si ce qui te plait c’est de plugger ta guitare direct dans un JCM800 super, mais si un autre à besoin d’un style Fractal ce n’est pas mauvais non plus. Il ne faut pas rester croché sur ce genre de débat.

Maintenant que tu es dans un gros groupe comme Alice Cooper, tu as encore le choix de ton son ou c’est l’ingénieur qui prend le pouvoir?
Hmm, je dirais que pour 95% c’est mon propre choix. Evidemment tu dois t’adapter au son général, tu adaptes également ta technique aux besoins du groupe. Mais c’est plus par rapport à tes oreilles que par rapport à l’avis d’un ingé son ou d’autres guitaristes.

Deux mots sur ton futur, tu te verrais plus dans une carrière à la Satriani en solo ou comme guitariste permanente au sein d’un grand groupe ?
Comme Satriani absolument. Pour moi il est important de faire ma propre musique, et d’ailleurs j’espère qu’il y aura bientôt un cd qui sortira avec mes compos!

Une femme dans le Rock Business, toujours les vieux clichés ou cela a évolué ?
Il y a toujours des différences entre une fille et un gars dans ce business mais les choses ont changés. Tu sais quand j’allais au Guitare Center ou dans un autre magasin d’instrument la première question qu’on me posait c’était : pour qui je venais acheter une guitare ? Beaucoup de gens ne comprenaient pas qu’une femme puisse venir dans un magasin pour acheter un instrument pour elle-même. Mais ceci n’arrive plus maintenant. Tout ceci a bien changé de nos jours, et heureusement!

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