Les carrières en solo, lorsqu’elles viennent de chanteurs dont le rôle proéminent a galvanisé l’ego, et qui s’achèvent après un ou deux albums embarrassants, au mieux dans un timide retour de l’enfant prodigue vers ses compagnons, au pire dans l’oubli si le groupe se montre rancunier, moi je ne marche plus. Par contre, si on me dit que c’est le batteur qui tente de voler de ses propres baguettes, là, tout de suite, je dois reconnaître que la curiosité me saisit malgré moi. A raison ici puisque c’est l’occasion de dessiner les contours de ce que Nick Porsche a pu, ou n’a pas pu, apporter aux disques de Puts Marie. Il troque ses balais pour la guitare, le chant et, surtout, l’écriture des morceaux, en y étalant une sensibilité qu’aurait pu présager la fine retenue de son jeu au sein de Puts Marie. S’ouvrant sur un ‘Come a Little Closer’ légèrement grotesque évoquant le Tom Waits des années 1980 et s’achevant sur une reprise du fameux ‘Sunny’ de Bobby Hebb qui vous fera oublier jusqu’à votre prochaine boum la version de Boney M, Nick Porsche navigue à vue entre ces deux pôles dans des ballades typées rock, traversant des territoires bluesy et soul sans jamais se perdre franchement. La parenté avec Puts Marie est visible, mais la comparaison n’est pas en défaveur du batteur reconverti, qui se montre d’une immédiateté assez rare pour un artiste suisse sur des titres comme ‘Sorrow’ ou ‘It’s better to Love Her’. Reste juste cette impression que l’article s’entête dans une époque et un univers qui ne correspondent pas vraiment aux rives du lac de Bienne, qui l’ont pourtant vu naître – sentiment qui donne un léger goût factice à la démarche, du reste très convaincante.

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Note : 4/5

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