Troisième opus pour les Québécois turbulents qui offrent une palette plus lourde et sombre de leur noise énervé. Retour sur un diamant brut avec Alex Edkins (guitares, voix).



’Strange Peace’ est plus varié que vos deux premiers albums.
Absolument. On a vraiment cherché à capter ce qui se passait dans nos entrailles, et tout semble si naturel, très imbriqué avec la musique elle-même. Quand tu vois l’artwork et écoute l’album en même temps, tu te dis que c’est un tout. Au-delà de faire de la musique, on essaie de faire de l’art. Du coup on s’est vraiment concentré sur une palette de couleurs pour écrire nos morceaux, sur sortir de notre zone de confort. Cela requiert beaucoup de bravoure et soulève beaucoup de questions, mais on s’est rendu compte que c’était plus facile que ce que l’on pensait ! 

C’est aussi une progression naturelle, les fans aiment l’intensité de Metz.

Vous avez capturé comment votre son en studio ?
On a toujours trouvé notre musique pleine d’énergie ! Pour celui-ci on s’est juste dit qu’on allait jouer en live et juste appuyer sur le bouton ‘enregistrer’. Cela capture à merveille notre humeur, il n’y a pas d’artifice. Steve Albini est un incroyable ingénieur son, il nous a vraiment proposé un nouveau niveau de qualité.



Le titre me semble assez ironique.
Ah oui ? (rires) Ce n’est pas censé être ironique tu sais – c’est la façon dont on se situe dans le monde, notre façon de voir plus loin que le bout de notre nez. J’essaie toujours de me pousser à me rappeler mes valeurs, mes envies. On se demande si c’est effectivement possible de trouver ce que l’on recherche dans notre vie, dans le monde, l’idée de paix dans le monde est presque risible. Là tu as raison, il y a de quoi être ironique ! Mais quand j’écris, je ne cherche pas vraiment à produire quelque chose. Je lis beaucoup, j’écoute beaucoup de musique, cela influence naturellement ma façon d’écrire. Mais je n’écris pas quand je suis en tournée, j’absorbe des informations plutôt ! 



Tu lis quoi comme livres ? 

Pas mal de thrillers, surtout des trucs psychologique. Là je lis un livre que mon ami Iain Reed a écrit : ‘I’m Thinking of Ending Things’, ça se lit d’un trait ! Je lis aussi pas mal de biographies de musiciens. 



La vie en tournée ne te dérange pas ? Vous êtes reconnus pour être un groupe live avant tout. 

Ben, j’ai un enfant, donc c’est le seul inconvénient ; j’aimerais passer plus de temps avec ma famille. Mais chaque fois que je me réveille, que je suis dans une nouvelle ville, à jouer devant de nouvelles personnes, c’est quelque chose à laquelle je n’aurais jamais pensé, et je ne considère pas ça ‘normal’ (rires) – j’aime ma vie en tournée, c’est un rêve que je vis éveillé ! On a eu tellement de chance de pouvoir tourner en Europe, d’être reconnu, de voyager, c’est fou ! On découvre tellement de parties du monde grâce à ça.

Tu vois ta carrière et tes albums comme une progression ?
Oui absolument. Avec ‘II’, on a gagné beaucoup de fans. C’est la preuve que vivre ensemble dans la même pièce, s’imprégner de sa propre énergie, c’est bénéfique. Je n’y ai jamais pensé, mais oui, ces trois albums sont une progression vers la maturité.

Et être sur Sub Pop, c’est un rêve devenu réalité ? 
Oui, ils sont également excellents et nous aident beaucoup dans notre carrière. On a eu de bons échos de leur part, et ils nous poussaient à toujours voir plus loin.



’Raw Material’ clôt l’album : ce morceau est tellement épique !
C’est un de ces morceaux où l’on voulait juste pousser nos limites, voir jusqu’où on pouvait aller. Cela montre aussi un aspect différent de notre groupe, et j’espère que les gens se diront ‘ah okay, je ne m’attendais pas à ça’. [Rhys Buchanana]

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Fiche CD :
Nom de l’album : ‘Strange Peace’
Label : Sub Pop
Note : 2,5/5

 

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