Marzella, deux elles, deux voix. Celle de Marzia, celle d’Ella.

Un nom singulier qui ondule, qui surprend aussi.

Parmi les ombres, dans un jeu de clair-obscur savamment orchestré, deux silhouettes s’avancent. Entrée théâtrale qui s’opère dans le feutré.

Soudain, une lumière ambrée et bleue : on les découvre.

Marzia, tenue noire, sobre, chapeau noir, guitare acoustique : l’allure distinguée d’une artiste de jazz jouant dans une cave enfumée. A ses côtés, Ella, pantalon large, chapeau blanc sur une longue chevelure, guitare électrique : une cow girl surgie d’un Western.

Vous l’avez compris : c’est un duo détonant.

Et ce n’est qu’un début.

Aux premières notes, la voix de Marzia, aérienne, pénétrante répond à celle d’Ella, tantôt déchirante, tantôt caressante et cette superposition fonctionne à merveille dans cet ensemble dépouillé. L’émotion nous atteint alors par vagues. On vibre au son des guitares, sourit à l’évocation de certaines paroles avant d’être emportés dans une ambiance façon Far West dont on a du mal à revenir. Leurs voix racontent un univers peuplé d’amours douloureuses, de rencontres étonnantes, de routes qui prennent fin, de destins croisés pour un temps.

Tout au long du concert, Marzella étonne, fascine.

Tonalités folk, pop ou encore country, elles n’hésitent pas à allier l’italien à l’anglais et au français pour une fusion réussie. Si elles sont incarnées par leurs mélodies, elles ne sont pas moins animées par une complicité que l’on devine ancienne. Sur un hochement de tête, un sourire, elles échangent les chapeaux et les guitares, jouent du clavier à tour de rôle et s’en amusent.

Tendres ballades, morceaux plus rock, plus incisifs, chansons françaises, le visage de Marzella est multiple, inclassable, mouvant.

Derrière elles, leurs voix entrelacées retentissent encore alors même que les projecteurs sont éteints.

Ecoutez… [Sabrina Richard]