C’est une salle des Docks sold-out qui accueille ce soir des musiciens dont les performances acoustiques sont reconnues loin à la ronde. Soirée placée sous le signe de l’émotion, du partage, mais aussi du groove.


 Christine Zufferey (Mary Zoo) foule en premier la scène lausannoise. La Valaisanne et son style folk acoustique seront en charge de chauffer une salle pas forcément acquise à sa cause.

Le set débute tout en douceur. La voix de Christine rempli l’espace, même si parfois son vibrato nous donne quelques sueurs froides. Les mélodies sont belles et inspirées. Le violoncelle d’Emilie Cavallo donne une profondeur, voir un côté plus dramatique à l’ensemble. L’osmose entre les musiciens est une évidence, et ce line-up a quelque chose d’attachant.

L’ensemble du concert se veut sobre, limpide. On aimerait qu’un petit vent de folie souffle sur scène, mais tout reste relativement linéaire. Le public semble même un peu assommé par tant de douceur, et peine à pleinement entrer dans le concert. Malgré les qualités musicales incontestables du groupe, on se demande si ce choix de première partie est judicieux. Mais comme Gabriela (de Rodriguo Y Gabriela) fût invitée sur un titre du dernier album de Mary Zoo, ceci explique peut-être cela.

Après 35 minutes de musique ouatée, le quatuor s’en va sous les applaudissements polis mais pas forcément convaincus du public. Je dis oui à cette musique, clairement. Mais pas là.

C’est sur un fond sonore de Pantera que nous patientons avant la venue sur scène de notre tête d’affiche tant attendue (ce qui dénote totalement de l’ambiance planante de Mary Zoo vous en conviendrez). Le volume augmente et c’est Tool qui résonne dans les enceintes, comme pour nous signaler que les choses sérieuses vont commencer.

Gabriela arrive sur scène en chaise roulante. La pauvre s’est blessée lors d’une sortie en course à pied. On se dit dès lors que son assise rythmique sera encore meilleure qu’à l’accoutumée. L’énergie du combo est d’entrée de jeu à son maximum. Mais ils vont devoir batailler pendant les premiers morceaux pour réveiller une audience un peu amorphe. Dans la foulée Rodriguo nous annonce l’arrivée prochaine d’un nouvel album et qu’ils nous en joueront quelques titres ce soir. C’est bien le titre ‘Orion’ qui lance réellement le show. Que cette reprise est belle. Leur arrangement de ce titre de Metallica est sublime. Garder la matière première d’un titre tout en se l’appropriant à sa manière. Du grand art ! L’interactivité du combo avec le public est permanente. Des regards et des sourires envers les personnes présentes font aussi partie de ce pourquoi les Mexicains ont un tel succès. Et comme nous ne sommes pas là uniquement pour tirer au cul et les regarder se donner sans relâche, nous sommes mis à contribution pour frapper dans les mains en rythme (plus ou moins) ou encore chanter juste (plus ou moins) le titre ‘Behind blue Eyes’ de qui l’on sait.

Le groove et l’énergie vont de pair et croissent au fur et à mesure que la soirée avance. N’oublions pas que les deux musiciens officiaient dans un registre metal à leur début (leur groupe s’appelait Tierra Acida) et que ce style musical fait partie de leurs racines. Donc quand ils nous sortent de leur chapeau ‘ killing in the name of’, nous ne sommes pas surpris, mais ravis ! Et comme pour prendre son public à contre-pied, c’est le titre jazz ‘Take Five’ et son légendaire 5/4 qui est interprété. Jouissif.

Du talent, de la versatilité, de l’humour, de la musicalité, de l’énergie et du groove. Même Betty Bossi ne peut se targuer d’inventer de recettes aussi goûteuses. Alors si Rodriguo Y Gabriela nous invite à nouveau à partager un repas musical, je réserve une table de suite.

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