Le Lausanne Underground Film & Music Festival revient en force du 18 au 22 octobre pour une édition aux accents jeunes et aventureux à la Cinémathèque Suisse et huit lieux complices lausannois. Cinq compétitions internationales présenteront une fresque cinématographique sans limites et huit cinéramas feront honneur à des esthètes marginaux dans une sélection débordante de près de 100 films ! Le volet musique se décline en quatre soirées investissant les entrailles du Casino de Montbenon dans un défilé intense de plus de 20 concerts, la plupart inédits en Suisse. L’OFF enfin, volet gratuit du festival, explorera la thématique de l’usage militaire du son et une série de workshops proposera à tout un chacun de découvrir le gène de hors-la-loi du mainstream qui sommeille en eux.


 

Film
Le festival ouvre ses portes avec le premier long métrage d’un ami du festival, à savoir « Les garçons sauvages » de Bertrand Mandico (18.10) en première suisse ! Le festival s’achèvera sur la note amère de « Laissez bronzer les cadavres » du duo visionnaire Hélène Cattet et Bruno Forzani (21.10) qui se déplaceront pour l’occasion. La compétition internationale présente cinq films en exclusivité suisse dont trois premiers longs métrages : « Kuso » de Steven Ellison alias Flying Lotus, « Blueberry Fields » d’Aleksander Vartanov et le thriller millénial « Like Me » de Robert Mockler.

Aux côtés des compétitions, les cinéramas font la part belle à des auteurs et personnalités à contre-courant. Redneck Is Not Dead pose un regard à 360o sur la figure redneck alternant documentaires contemporains et fictions classiques proposés par Maxime Lachaud, auteur d’un ouvrage dédié à ce genre. Les compères Christophe Bier et François Angelier de l’émission culte Mauvais Genres sur France Culture s’offrent un anniversaire XXL pour leurs 20 ans et proposent une traversée dans des chefs d’œuvres oubliés à l’instar du trop rare « Le Lézard noir » de Kinji Fukasaku, réalisateur de « Battle Royale », présenté en 35mm pour l’occasion.

Délégation massive de la crème de la scène expérimentale irlandaise avec l’Experimental Film Society qui présente une partie de son immense collection. Rouzbeh Rashidi, directeur et fondateur de l’EFS, viendra accompagné de deux réalisateurs expérimentaux (dont le suisse basé à Dublin Jann Clavadetscher) autour d’une sélection pointue de courts métrages et un long métrage non narratif de trois heures pour une expérience hors du temps.

Hisayasu Satō, roi du film rose nippon et ovni du genre, viendra défendre à Lausanne sa filmographie alternant érotisme hétéro et homo. Hommage à deux figures du cinéma DIY et contestataire avec une rétrospective dédiée au Nécro-réalisme de Yevgeny Yufit, figure de l’opposition en ex-URSS, et à Nikos Nikolaidis, icône du Nouveau cinéma grec et auteur le plus primé de son pays, qui viendront saupoudrer ce programme d’envie de révolte. Enfin, la restauration de la balade onirique de Werner Nekes, « Uliisses », récemment menée par la Deutsche Kinemathek, sera dévoilé en première suisse par l’une des restauratrices du film.

Musique
Événement privilégié pour toutes les expérimentations de l’avant-garde électronique, le LUFF présente cette année pour la première fois sur scène Klara Lewis et Graham Lewis (18.10). Le bassiste du groupe post-punk Wire vient aux côtés de sa fille, productrice émérite de dark ambiant, pour un concert exclusif. Klein (20.10), digne héritière du gospel nigérian teinté de r’n’b fraîchement signée sur le label de référence Hyperdub jouera pour la première fois en Suisse.

Stíne Janvin (19.10) présentera sa performance phare Fake Synthetic Music où elle reproduit le son du synthétiseur par la seule force de sa voix, et l’inconnu au radar Daniel Bennett (19.10) exposera ses pièces brutales de synthèse électronique.

Des armes et dispositifs de pouvoir pris comme instruments de création artistique, le volet musical de cette édition ausculte et détourne la thématique très contemporaine de l’usage militaire et social du son. Le duo Kutin/Kindlinger (18.10) ouvrira le festival avec une performance mettant en scène des vitres pare-balles exposées aux coups de feu. Sam Kidel (21.10) se jouera des hotlines avec sa muzak manipulée et Sandra Boss (18.10) usera de son Acoustic Appraiser, appareil mesurant le niveau d’audition, pour soumettre le public à une rencontre fortuite autour du spectre sonore. Defektro (21.10), enfin, s’armera d’un canon à son pour clôturer cette semaine d’expérimentation. Une thématique poursuivie dans L’OFF, volet gratuit du festival.

L’OFF
Volet entièrement gratuit du festival, L’OFF se penche cette année sur les usages autoritaires et répressifs du son. Au programme : des performances, un Karaoké Philosophique « spécial autoritarisme » (21.10), des conférences menées par la chercheuse Juliette Volcler (19.10) et l’artiste Sam Kidel (21.10), l’exposition « Nowhere to Run » du photographe Valentin Faure et l’artiste sonore Hector Fassa (18-22.10) qui explore la mince frontière entre industrie et guerre.

Workshops
Les workshops du LUFF sont autant de portes d’entrées à l’univers du festival toujours à prix ultra-sympa. Faire revivre la défunte Kowloon Walled City à travers des archives historiques et oniriques, participer à la performance Hit Parade de Christof Migone (20.10) et réduire en pièces quinze micros, diriger en bande un orchestre de haut-parleurs (acousmonium) ou sa pédale d’effet personnalisée et assister à une masterclass donnée par le percussionniste expérimental australien Sean Baxter sont proposés à un nombre limité d’aventurier-ères de l’underground.

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