1er juillet 2017, Roskilde Festival
Si la pluie est partie, la boue est restée ! On entame cette dernière journée sans se rendre compte que le festival touche à sa fin, ayant passé les derniers jours à un rythme bien peu habituel ! La journée qui m’attend sera de loin la plus forte en matière de violence et de décibels !

Pig Destroyer – ‘It’s never too early to mosh’

Avec votre café, vous prendrez un peu de Pig Destroyer? Après trois jours intenses, fatigués par la boue et la pluie, quoi de mieux, pour se réveiller ?

Il est midi mais la scène du Pavillon, même si la foule est clairsemée, est déjà bien remplie pour une heure pareille ! En plus, le chanteur encourage le public à se lancer dans des moshpits en leur disant ‘It’s never too early to mosh!’ Et la foule s’y met !

Intros faites de textes parlés, bruitages obscurs ou cris d’horreur, voix qui hurle, son direct, énervé et express, midtempo massifs, blastbeats et sauvagerie grindcore se terminent par une invitation du chanteur à aller boire des bières avec le groupe au bar se situant à côté de la scène !

Full Of Hell – ‘Men will always fail’

Quel plaisir de voir un festival où on peut trouver, au même moment de la journée, de la folk pop comme les Lumineers, et … Full of Hell. Plus tard dans la journée, plusieurs personnes m’ont dit être passé devant la scène du Pavillon, intrigués, mais sans s’arrêter à cause de la violence de la musique. Et c’est sans conteste la musique la plus violente de la programmation entière de l’édition 2017 du Roskilde !

Pig Destroyer, un peu plus tôt, a bien fait le job en préparant nos oreilles à la destruction totale qui a suivi avec Full of Hell ! Violence à l’état pur (à tel point que je l’ai écrit deux fois sans m’en rendre compte sur mon calepin en prenant des notes), sorte de death grind harshnoise, ponctuent leurs morceaux d’interludes faites de larsen et autres bruitages étranges et bidouillages de table de mix d’où débordent moult câbles.

Le chanteur, comme possédé, se plie en deux pour hurler, parfois rejoint par le guitariste, et lorsqu’ils unissent leurs voix, on atteint une puissance vocale monstrueuse. Alternant entre growl et scream sans transition d’une façon déconcertante, le frontman remue, tombe à genoux et s’agite comme un loup-garou en pleine transition.

Après trente-cinq minutes et un morceau intitulé ‘Men will always fail’, ils nous annoncent ‘We are Full of Hell from the United States and that’s all we’ve got’. Un set bref, mais avec un style pareil, nul besoin de plus pour faire passer le message.

Ils quittent la scène en laissant derrière eux sonner leurs instruments en larsen assourdissants, après une prestations habitée. Par des forces bien obscures! Quelqu’un lance un ballon rose sur scène, et il ne reste plus que lui qui s’y balade, virevoletant et contrastant avec le show auquel on vient d’assister.

C’est bien la première fois qu’écrire une chronique de live me prend plus de temps que le live lui-même !

Quoi qu’il en soit, Full of Hell porte bien son nom : avec un son pareil, on voit mal de quoi d’autre ils pourraient être remplis !

Jenny Hval – Jenny au pays des merveilles

La Norvégienne Jenny Hval, sur la scène voisine, présente son show plus proche de la performance artistique que du ‘simple’ concert. Des danseuses déguisées sur scène agitent des rubans et tissus blancs sur cette pop electro atmosphèrique un peu expérimentale, tantôt rêveuse sans être joyeuse, tantôt dansante, rajoutant à l’ambiance un côté ouaté.

Rythme tribal, aspect presque mystique, jeux de miroirs et voix douce qui sait se faire inquiétante, Jenny Hval nous emmène dans son pays des merveilles peuplé d’êtres étranges, lumineux et intrigants.

La prestation de Jenny Hval paraît encore plus douce, perdue au milieu des autres lives mouvementés vus dans la journée !

Trap Them – Varan hardcore crust psychopate

Ça commence par le chanteur qui s’approche du bord de la scène en fixant le public d’un regard inquiétant, menaçant et proche de la folie, une vraie tête de dangereux psychopate dans un film d’horreur. Après quelques minutes, il se met à courir, trébuche, se jete violemment en avant, lance son micro et manque d’assommer le bassiste.

Le groupe étant réputé pour sa sauvagerie que rien n’arrête en live, les photographes sont là en masse. Lors d’un concert, le chanteur s’est brisé les deux pieds et une cheville, ce qui ne l’a pas empêché de continuer le show, et de terminer la tournée en chaise roulante ! Les photographes ont eu leur lot d’opportunités pour prendre des clichés qui en mettent plein la vue: le chanteur, de sa démarche reptilienne, s’avance et saute au milieu du public et y chante quelques minutes, remonte sur scène d’un bond et s’enfonce le micro presque en entier dans la bouche.

Les musiciens restent en retrait tout en s’assurant de balancer un puissant hardcore/grind/crust pour accompagner l’attitude sauvage du chanteur qui fini par ramper au sol tel une sorte de varan ou par sauter tête la première sur les retours au bord de la scène.

PH/MR Peter Hayden Band – space rock de clôture

Les Finlandais commencent leur set par des sonorités planantes, une sorte d’électro atmosphérique, qui commence très vite à s’allourdir et à se transformer en doom metal et en space rock heavy et expérimental.

Tout en créant des boucles répétitives qui permettent d’entrer dans le show facilement, les premières paroles, si on peut qualifier ça de paroles, se font entendre après quinze minutes, syllabes étranges scandées et sonnant lointaines.

Le son de ce PH/MR Peter Hayden Band peut sembler moins accessible au premier abord mais il réussit l’exploit d’emporter même les plus réticents, cette foule hypnotisée parcourue de rayons de lumière dessinant des cercles sur le sol.

Conclusion

Ayant couvert les événements musicaux du festival uniquement, il est bon de préciser que le Roskilde est bien plus que des concerts : ce festival est carrément une ville, et il y a tellement à voir que l’ennui ne se pointe jamais.

L’organisation est au top, les bénévoles sont partout pour y contribuer, les Danois.es sont accueillant.es et sympa, le public était sage et a évité le crowdsurfing, malgré le nombre impressionant de festivaliers, on n’étais jamais serrés, l’accueil médias et l’espace presse constituent ce dont tout journaliste peut rêver.

La diversité de la nourriture (il fut un temps où le vegan en festival devait se lever tôt pour trouver son repas, époque révolue au Roskilde en tout cas), le défi de la qualité sonore a été relevé avec brio alors que le timing étant limité, il s’agissait plus de linechecks que de soundchecks, et les découvertes musicales furent nombreuses.

La qualité de la programmation est au top: aucun show ne fut mauvais.

Si on peut recommencer l’année prochaine, mais sans la pluie, la boue et le froid, on sera là!

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