30 juin 2017, Roskilde Festival

Roskilde – Jour 3

Parler du temps qu’il fait, c’est bien un truc sur lequel tout le monde est d’accord : c’est chiant. Va savoir pourquoi, tout le monde le fait quand même. Un des seuls contextes où le temps qu’il fait est un sujet de discussion acceptable, c’est lorsqu’on est en festival, car que tu sois du genre à devoir emporter des litres d’écran total ou que tu sois friand de flaques de boue, la météo, ça te change ton fest du tout au tout ! Et toi, à choisir, t’es plutôt bain de boue ou coups de soleil ?

Of Mice And Men

Nous, on a pas trop eu le choix, ça a été la boue. Après la conférence de presse avec la porte-parole Christina Bilde et le programmateur Anders Wahrén, c’est le moment d’aller voir Of Mice And Men au Pavillon. Le point positif avec la pluie, c’est que ça rassemble les gens sous les tentes des scènes. Le point négatif, c’est qu’avec le nombre de personnes qui s’y sont réfugiées, il sera impossible de voir le show de Of Mice And Men. On en entend quelques bribes …

Angel Olsen – ‘It’s raining outside but I feel sexy inside’

L’autre point négatif de la pluie, c’est que nombre de personnes rassemblées sous les tentes n’y sont pas pour la bonne raison. Soit pas pour profiter des lives, mais pour se protéger de la pluie et parler.

Les musiciens de Angel arrivent sur scène en costumes élégants, déballant une atmosphère tout en apesenteur, jusqu’à l’arrivée acclamée de la chanteuse.

La songwritter américaine nous déballe ses pépites indie folk de sa voix sensuelle et rauque qui se brise par moments. Même elle, normalement si inspirée, nous parle de la météo : ‘ It’s raining outside but I feel sexy inside’.

Elle nous emporte dans son univers entre ombre et lumières, dévoile les différentes textures de sa voix mais davantage de variations dans l’intensité du show auraient eu plus d’impact sur la longueur.

Against Me! – ‘Do it yourself, but all together, not alone by yourself !’

Quand on a vu un groupe en live à trois reprises en moins de six mois, soit on perd toute objectivité, soit on en gagne.

Le groupe mené par Laura Jane Grace, attirant une petite foule venue s’abreuver de punk, s’était effectivement produit au Greenfield festival, où nous nous trouvions il y a deux semaines.

La notoriété des punks américains de Against Me! n’a cessé de grandir depuis de la sortie de l’album ‘Transgender Dysphoria Blues’, avec lequel la chanteuse Laura Jane Grace a révélé sa dysphorie de genre et sa transition.

Depuis l’annonce de sa transsexualité, Laura Jane Grace paraît plus à l’aise en live que jamais ! On peut s’attendre à tout avec eux : il y a tout juste une année, Laura brûlait sur scène son certificat de naissance en signe de révolte contre des décisions politiques prises en Caroline du Nord ! Against Me! dégaine ses hymnes trans comme ‘Transgender Dysphoria Blues’, ‘Delicate, Petite and others things I’ll never be’ ou ‘True Trans Soul Rebel’.

Au moment où notre chronique du Greenfield était publiée, une chronique sur un webzine était mise en ligne (et retirée depuis), et disait, mots pour mots, que Laura Jace Grace ‘avait mieux réussit son changement de sexe que ses tatouages’, quelques phrases qui suffisent à se rendre compte du chemin à parcourir dans l’esprit des gens actuellement au sujet de la transsexualité.

Saluons également la performance et l’alchimie de groupe: Inge Johannson à la basse, incapable de tenir en place, Atom Willard dans le rôle du batteur énergique qui tape agressivement, un James Bowman calme mais efficace à la guitare et pour les choeurs… Le tout confère au show une dynamique de scène qui fonctionne à merveille et reste sincère.

La différence entre le Greenfield et aujourd’hui, c’est la durée du set, qui a permis au groupe de rajouter dix titres à sa setlist, qu’il s’agisse de titres plus anciens ou récents. Le groupe se permet un peu plus de temps de parole entre les chansons, interaction avec le public qui ne fait qu’améliorer la qualité du show. Laura nous explique que dès le début, ils sont un groupe DIY (Do It Yourself) et qu’ils continueront ainsi. Tout en précisant que ‘Do It Yourself doesn’t mean that you have to do it all alone!’ C’est que dès leurs débuts il y a vingt ans dans une petite ville de Floride, Against Me! n’a jamais cherché à s’accorder à tout prix aux standards punk, préférant le style DYI comme étendard – leur premier concert se déroule dans la laverie du coin – et repoussant limites et conformisme de manière unique.

Devant l’enthousiasme des premiers rangs, le personnel de sécurité ne peut s’empêcher de danser et chanter avec nous.

De véritables ovnis dans un mouvement punk souvent un peu trop binaire.

Foo Fighters – Être rock en 2017

L’excitation est à son comble dans le public lorsque les premières notes de ‘All My Life’ retentissent ! Commencer en douceur, pour Dave Grohl, est un concept inconnu. Il n’attend pas et crie dès le début !

Les titres s’enchaînent au fur et à mesure que la nuit tombe : ‘Learning to Fly’, ‘Time like these’, ‘Pretender’, ‘Best of You’, ‘My Hero’ … et c’est là qu’on se rend compte du nombre d’hymnes que le groupe a écrits !

Lorsque Dave Grohl présente les membres du groupe, chacun d’eux se lance dans une reprise, et c’est finalement la mythique ‘Schools Out’ de Alice Cooper qu’ils reprennent presque en intégralité !

Le bémol, c’est bien le vent et la pluie: si on était pas encore au courant, on comprend vite que le son, c’est des vibrations, et que le vent nous les fait parvenir par vagues. Le résultat, c’est qu’on a l’impression que quelqu’un s’amuse avec le bouton du volume tellement ce dernier est inégalement réparti par le vent. Malgré tout, on peut se rendre compte de la puissance du système sonore et imaginer le résultat en temps normal.

Difficile de reprocher quoi que ce soit au set des Foo Fighers, carré et vivant, avec un Dave Grohl charismatique et qui déborde de rock n roll attitude, engagé, grande gueule au grand coeur. Peut-être que c’est ça, en fait, être rock en 2017.

Une des prestations les plus solides du festival jusqu’à maintenant !

Cult of Luna – messe noire

A l’heure où la voûte étoilée s’est mise à briller (derrière les nuages, oui oui!), c’est l’heure du culte de la lune ! Les Suédois de Cult of Luna prennent leur temps pour installer une atmosphère adéquate sans peine en augmentant progressivement l’intensité de leur musique lors des dix premières minutes. Les guitares se font d’abord entendre gentiment en résonnant longuement. Ensuite, le combo fait ce qu’il sait faire de mieux : un post metal sludge à tendance doom.

L’assemblée prend des airs de messe noire alors que le groupe balance ses longs morceaux, parfois à la limite de l’ambient, mais toujours lancinants, remplis de riffs oppressants et de cette voix grave hurlée. Un show funeste emprunt de sorcellerie !

Je t’avoue que Cult of Luna, c’est un peu ma drogue : quelques minutes d’écoute suffisent à me propulser dans un état second. Il faudra que je pense à proposer ça à ma prof de yoga pour remplacer les mantras !

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