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Du ‘Wall of Sound’ de Phil Spector à ‘The Wall’ de Pink Floyd, wagons de références alléchantes se bousculent quand l’on pense au titre que les petits gars de Nashville ont choisi de donner à leur septième album. On pense y dénicher un retour à une musique rugueuse, fracassante, on espère s’y faire renverser par des vagues de distorsions. Même la pochette a quelque chose d’attirant avec ces visages qui émergent d’une eau dormante, presque la vision d’une forme de renaissance. On pourrait même y voir une relecture graphique très floydienne de la pochette de leur second effort ‘Youth and Young Manhood’. Alléchant, oui tout cela est fort alléchant.

Très vite pourtant une question se pose, les quatre musiciens ne sont-ils pas plutôt en train de se noyer sous nos yeux? Foin de rock vigoureux, pas de claque sonique, cette galette ne sort jamais de la ligne suivie depuis ‘Come Around Sundown’, à savoir une autoroute à tubes taillée pour conduire le combo sur les scènes des stades gigantesques. Rien de mauvais en somme, mais rien de bien original non plus. Et hélas on est obligé de donner raison aux musiciens, ce ‘WALLS’ est bien l’acronyme de ‘We are like love songs’, parce qu’une chanson d’amour ça doit plaire, rassurer les cœurs tendres, pas vous rentrer dedans.

Alors amis rockers, ne nous reste qu’une chose à faire, appeler au secours une horde de sauveteurs pour que les Followill ne se noient pas définitivement. En attendant que de noueux bras amicaux ne vienne les tirer de là, le mieux est d’immédiatement les inciter à s’accrocher aux débris de leur embarcation à la dérive. Parce que tout n’est pas encore perdu. A commencer par ces mélodies qu’ils savent toujours écrire, qui donnent encore à leur musique une forme de vie intense. Et puis il y a la voix de Caleb, toujours un vecteur efficace pour nous coller au fond du siège, toujours puissante. On n’oubliera pas la basse de Jared qui n’a pas son pareil pour cavaler en faisant se soulever la poussière et qui serait une magnifique assise pour envoyer du très lourd. Reste à ne pas perdre pied, pour de bon.

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