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© Laure Noverraz

Nous avons profité de ce dernier jour au festival anglais ArcTanGent pour une petite interview pleine d’humour avec le groupe de math rock Poly-Math, originaire de Brighton


 

Vous avez sorti récemment un nouveau EP ‘Reptiles’, en quoi diffère-t-il de vos enregistrements précédents ?
Joe, Chris et Tim : On l’a sorti en début d’année … C’est la première fois qu’on travaille avec un producteur, ça change beaucoup la donne ! C’est la première fois qu’on travaille avec quelqu’un qui amène sa propre pierre à l’édifice, qui prend le temps de développer notre son. Il y a un immense saut entre ‘Reptiles’ et ce qu’on a fait auparavant, et ça s’entend. Lee, le producteur, est devenu en quelque sorte le quatrième membre de Poly-Math, il apporte beaucoup d’idées. On l’a approché avec des chansons live qu’on jouait les trois à l’époque. Et il arrive a apporter beaucoup de choses, à voir où est-ce qu’on pourrait être énorme – en mettant 55 guitares sur une chanson – et voir où on doit rester sobre – en enregistrant une batterie avec juste deux micros overheads.

Sur votre Bandcamp, on peut voir que vous avez sorti cet EP, et quelques singles isolés … Y a-t-il une chance que vous sortiez un album complet un jour ?
J. :
On vient d’enregistrer notre nouvel EP. On est retourné vers Lee encore, donc on a fait cet enregistrement avec lui. On y est allé avec l’idée d’en faire la deuxième partie de ‘Reptiles’. Ce qui en est ressorti, c’est qu’on a enregistré moins de chansons : il y a 6 morceaux sur ‘Reptiles’, et seulement trois sur l’EP suivant, ce qui correspond tout de même à 40 minutes !

Donc vous préférez enregistrer des singles plutôt que des albums complets ?
J., C. & T. : On pense que ça garde maintient l’intérêt des gens. Je ne pense pas qu’on soit très grand comme groupe, les gens peuvent nous oublier … Donc si on apporte des choses en continu aux gens qui nous suivent, on n’arrête jamais de leur rappeler qu’on est actif. Donc on peut faire des enregistrements live, et mettre de côté des chansons plutôt réservées pour nos sorties plus imposantes, et les enregistrer correctement. Ça encourage les gens à suivre l’actualité de Poly-Math, même en écoutant une chanson isolée. Si tu enregistres une seule chanson, tu auras une chronique, si tu enregistres un EP, tu auras une chronique. Donc si tu enregistres un album avec 14 titres, ça te fera une seule chronique pour 14 titres. En plus, on est extrêmement flemmards, pas foutu d’avoir de bonnes idées … Et on se déteste, on ne se parle jamais. On ne veut pas rester dans la même pièce, c’est pour ça qu’on enregistre que des EPs, c’est le temps maximal qu’on peut se supporter mutuellement.

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© Laure Noverraz

Le réalisateur Jonathan Cenzuel Burley a fait quelques vidéos pour Poly-Math : à quoi est due cette collaboration ?
T. :
C’est une de nos connaissances, un de mes amis, et il a fait plusieurs films pour lesquels j’ai écrit la bande originale. Il voulait faire un clip musical, il a proposés d’attacher des caméras aux têtes de nos guitares, et d’autres trucs du genre. C’est juste quelque chose d’un peu différent, un outil de promotion esthétique en gros. Donc on a travaillé avec lui uniquement grâce à mes relations avec lui.
J. : Tu n’as pas été payé pour écrire la musique de ces films, donc …
T. :Ouais, on ne l’a pas payé non plus, c’est donc un échange de bons procédés.

Il y a une différence entre l’écriture de musique de film et l’écriture d’un morceau de Poly-Math ?
T : Ah ouais, carrément, ça n’a rien à voir ! Les films de John sont en espagnol, c’est des films d’auteurs. Il est venu avec une idée … Je crois que le tout premier film sur lequel on a bossé, il est venu vers moi en me disant « Je veux un mélange de musique gitane et de flamenco espagnol ». J’ai fait des recherches là-dessus, et j’ai fait de mon mieux! Pour le deuxième film, j’ai fait des choses plus classiques, comme des arrangements de cordes, et des trucs du genre. J’ai acheté un accordéon, j’ai dû apprendre tout seul à en jouer, parce que je voulais intégrer ça … C’est très différent, et j’aime bien m’investir dans des choses vraiment hétéroclites, et de réfléchir en dehors de ma zone confort. Et d’une fois que j’ai fini ça, je peux recommencer à écrire et jouer du lourd !

Donc ces musiques de films, n’influencent en rien Poly-Math …
J. et T. : Au contraire, ça nous influence énormément ! La musique traditionnelle espagnole se retrouve dans beaucoup de gammes et de notes que nous utilisons, avec beaucoup de disto, d’octaveurs et de delays. En gros, on joue de la musique traditionnelle espagnole, avec 20 effets dessus, et beaucoup plus rapide.

Et c’est quoi votre trip avec les bananes ?
J. : On avait naïvement réservé le studio pour seulement trois jours, en pensant qu’on allait seulement enregistrer une démo, et Lee voulait exploiter chaque seconde de ces trois jours, donc il a travaillé 72 heures consécutives, plus ou moins. C’est donc arrivé dans le studio quand Tim enregistrait ses pistes de guitares, et un de nos potes s’est pointé après avoir joué un concert avec de l’alcool qu’il ne voulait pas boire, donc il nous a laissé une bouteille de gin et une palette de bière.
T. :Vous aviez déjà enregistré vos parties, j’étais en train de me taper 20 heures de prises de guitares …
J. : Ouais, avec Chris on a bu tout ça, et on s’est endormis. Et comme c’était des journées de 20 heures de travail, on s’est endormi Tim bossait, on s’est réveillés, il enregistrait toujours. Et à un moment, je dormais et Chris a posté une vidéo en ligne de lui en train de me fourrer une banane dans la bouche.
T. : Depuis, dès que quelqu’un s’endort, on sort une banane et on filme.
C. : Et ça m’arrive toujours à moi, parce que je suis à moitié narcoleptique … je me chope plein de bananes.

wearepolymath.bandcamp.com