Passant de quatuor à trio, il a fallu plus d’une année pour concocter cette nouvelle galette. Un album travaillé à merveille qui s’annonce déjà comme l’un des meilleurs albums helvétiques de 2017. On vous aura prévenu.


Votre musique a beaucoup d’influences seventies, pourtant aucun album n’est sorti en vinyle, format qui colle à votre genre. Pourquoi ?

Par le passé c’était une question de circonstances. Le format vinyle nécessite un mastering différent que le format CD ou MP3, ce qui sous-entend plus de temps et de moyens financiers. Mais ‘Western Lies’ sortira en vinyle. Nous avons passé une année à enregistrer l’album et avons pris soin de chaque note, de chaque son. Le vinyle sera plus intéressant pour les audiophiles qui souhaitent capter cette dimension.

L’album n’est pour l’instant disponible que sur demande auprès du groupe et pas sur un label. Pourquoi?

En réalité, il n’y a que nos fans fribourgeois qui ont pu se le procurer lors de notre vernissage non-officiel à Fri-son. Nous avions organisé cette date afin de nous obliger à terminer le processus d’enregistrement, mixage et mastering du disque. Cela faisait plus d’une année que nous avions commencé à travailler dessus et sans deadline, nous n’aurions jamais terminé. Produire sa propre musique présente des avantages évidents en termes de créativité mais également des désavantages en termes de timing. Il n’y a plus de limite et l’artiste peut avoir envie de ré-enregistrer, de refaire ‘mieux’, de chercher plus loin à l’infini. Jusqu’au dernier jour, on a continué à faire des arrangements.

En nous concentrant uniquement sur l’artistique, nous ne nous sommes pas intéressés à l’aspect commercial et à la sortie. Mais depuis les choses ont bien changé et nous avons envoyé le disque à gauche à droite. L’oeuvre a suscité beaucoup d’intérêt chez les spécialistes et nous avons récemment signé chez Noisolution qui est un excellent label berlinois. L’album sortira aux alentours de mars 2017 dans toute l’Europe.

Si vous deviez décrire l’album à quelqu’un qui ne l’a pas entendu ?

Nos influences premières sont les seventies et les groupes comme Led Zeppelin, mais avec ce disque nous nous en sommes distancés. C’est un style qu’on a beaucoup joué et écouté. On l’utilise à présent comme base pour aller plus loin et créer notre propre univers. On ne se met pas de limites: certains de nos morceaux intègrent des boucles électroniques et des sonorités ethniques. Tout a été enregistré dans notre local et nous avons passé des heures voire des jours à obtenir certains sons. Avec recul, nous étions à la limite de la folie. Le résultat est particulier et assez unique. Au niveau artistique, ce que véhicule l’étiquette rock en ce moment ne nous correspond plus. Du rock seventies, on retient souvent la drogue et l’alcool mais pour nous cette époque symbolise la liberté artistique avant tout. Pour ne pas être catalogué au sein de tout ce qui nous déplait dans l’image que peut véhiculer le rock aujourd’hui, nous avons décidé de définir notre genre sous l’appellation ‘creative rock’. C’est l’aspect artistique qui nous intéresse plutôt que la rock attitude. Au niveau des paroles, ‘Western Lies’ est une sorte de dix commandements des mensonges de l’ouest: Religion, politique, conflits est-ouest, business musical… mais de manière imagée et avec une certaine ironie. Je pense que les textes sont plus matures qu’auparavant et traduise une plus grande vérité car nous sommes immergés à 100% dans notre art. Les paroles sont devenues très importantes dans notre musique et sont en phase avec la période que nous vivons.

Depuis une année vous évoluez en trio suite au départ de votre chanteur Didier Coenegracht. Vous avez cherché à le remplacer ?

Didier était avec nous durant quatre ans et nous avons fait un très beau parcours ensemble. C’était un chanteur de haut niveau et nous savions qu’il était irremplaçable. La meilleure chose à faire était de jouer la carte de la sincérité musicale et de nous mettre à nu en assurant le chant nous-mêmes. Ce fut une révélation! Quel plaisir! A nous trois, nous représentons le noyau du groupe et il serait difficile pour une quatrième personne de l’intégrer. Notre force réside dans le fait que nous avons progressé ensemble musicalement au cours des années sans jamais nous quitter. Nous nous connaissons parfaitement, tout en nous influençant les uns les autres. Nous formons un triangle au sein de notre propre microcosme. Dès que nous sommes ensemble, il y a des étincelles de créativité. Nous sommes les trois très différents et c’est ainsi que fonctionne notre dynamique. En 2016, nous avons appris à chanter, Marco est devenu ingénieur son et nous créons nos clips nous-même (Maxime est graphiste).

En live vous allez jouer d’anciens morceaux ?

On le fait déjà. Et de toute façon nos morceaux évoluent tout le temps. Nous sommes incapables de garder un morceau dans sa forme initiale ! D’un concert à l’autre, un titre sera différent.