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La grande rousse s'est fait attendre. C'était pour mieux revenir avec un projet musique/multimedia ambitieux. Melissa toujours aussi passionnément s'en explique (en français dans le texte) à Daily Rock.
Qu'as-tu fait pendant ces quelques années ?
En fait, l'album n'est pas seulement de la musique, c'est aussi un film, une bande-dessinée et j'ai créé ma nouvelle boite de prod. Ça a pris quelques années. J'ai dû établir une structure artistiques et de business qui tienne la route. Lorsque j'ai décidé de faire ce projet complet, ça n'avait plus de sens pour moi de travailler avec une maison de disque traditionnelle, car ils n'auraient jamais compris et accepté ma démarche. Et il était vraiment temps de changer. Je suis donc devenue indépendante après douze ans de major. C'était une opportunité pour moi de faire quelque chose de plus spécial. Le film m'a pris au moins un an. C'était une grande production, même s'il dure seulement une demi-heure. C'est un film 'fantasy' qui m'a demandé beaucoup d'efforts. Roadrunner est venu seulement à la fin du processus pour la sortie de l'album. Je suis très contente d'avoir trouvé une compagnie qui sorte mon produit tel quel.
Sortir un produit si ambitieux, tu penses que ça devient nécessaire par les temps qui courent ?
Non c'était juste honnête (rires). Je ne fais rien pour le business. Je ne sais pas si tu connais mon background, mais j'ai fait une formation d'arts visuels dès l'âge de six ans. C'était juste le temps pour moi, d'amener mon art visuel et conceptuel avec la musique. La technologie a aussi complètement changé, j'avais donc plus d'opportunités pour mélanger toutes ces choses. Pour moi, c'est une chance de pouvoir créer de cette façon, mais chacun fait ce qu'il veut et a maintenant les moyens techniques de le faire.
Cet album est plus mystérieux, sombre, mais aussi plus affirmé.
Mais pas dépressif (rires). En fait, le message du film, de l'album et la bande-dessinée, est d'abandonner ta raison pour retourner vers le cœur, le subconscient, vers l'émotion et du coup vers l'inconnu des fois.
Tu collabores encore une fois avec des gens d'univers différents comme Glenn Danzig par exemple.
Danzig était l'un des mes héros quand j'avais seize ans. C'est une sorte de père spirituel pour moi. C'est un rêve de rentrer dans son monde et de l'inviter dans le lien. 'Father's Grave' raconte l'histoire d'un fossoyeur qui a perdu son père et la discussion qu'ils ont ensembles au cimetière. Sa musique m'a beaucoup inspirée. Rock, fantasy, romantique, érotique. Certaines chansons de mon premier album avaient été écrites avant même que je rentre dans Hole. Ce nouvel album est presque mon véritable premier album et me définit vraiment. J'ai pu vraiment y mettre toutes mes inspirations, il reflète qui je suis et ces gens font partie de tout ça.
C'est vrai qu'on sent un style plus affirmé, psychédélique.
Oui psychédélique est le bon mot pour définir le tout. Le premier avait été écrit entièrement avec une guitare. Pour 'OooM', je voulais plus travailler avec ma basse justement et avec un batteur, notamment pour 'Lead Horse' ou 'The Hunt'. C'était très important d'évoluer. Et ces chansons plus psychédéliques sont plus faciles à écrire pour moi.
Les chansons sont liées par un fil conducteur?
'Out of our Minds', je l'ai écrite en 2005, mais 'Isis Speaks' en octobre 2009, donc c'est vraiment sur une longue période, mais je voulais vraiment avoir un concept avec en son cœur la chanson 'OooM', revenir vers cette émotion des choses. Cette idée est présente dans tous les morceaux.
Sur scène, comment ça va se traduire?
Je vais passer le film en intro pour mettre les gens dans l'ambiance. Ensuite quelques visuels pendant le show. Mais j'ai envie de concerts intimes, juste un groupe qui fait du rock. J'ai grandi dans un univers simple et brut. En été, je ferai quelques festivals et en automne, ça sera plus élaboré avec des courts-métrages et j'aimerais inviter des artistes locaux.
En concert à l'Abart le 24 août 2010
Fiche CD
Nom de l'album : Out of Our Minds
Label : Roadrunner/Musikvertrieb
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