1993, Memphis. J'arrive au Night Club de Jerry-Lee Lewis. Je demande au barman si le “ killer ” va venir jouer dans les jours à venir. L'énorme colosse me regarde avec un sourire résigné et un accent du sud à couper au couteau: “ ça même Dieu ne le sait pas, ou alors seul Satan pourrait en avoir une idée ”. Cette réaction démontre bien l'aura malsaine qui se dégage de Jerry-Lee Lewis. Remarquez, cette réputation vient de loin. En 1958, âgé de 22 ans, le scandale éclate. L'heureuse élue est sa cousine de 13 ans. Il est mis au ban jusqu'à sa renaissance artistique dans les années 60. Mais ce n'est pas tout, pêle-mêle au cours de sa carrière: il blesse par balle son bassiste, il est arrêté pour conduite en état d'ivresse. Il tente ensuite d'entrer par effraction à Graceland, la propriété d'Elvis. En 1983 sa quatrième femme se noie dans leur piscine, sa cinquième épouse meurt plus tard dans des circonstances “ mystérieuses ”. Bref un vie de débauche, de drames et d'alcool.... Sid Vicious à côté de lui fait figure de premier de classe. Alors qu'Elvis scandalisait l'Amérique en bougeant simplement son bassin, Jerry-Lee finissait ses concerts en brûlant son piano. Il quittait alors la scène en replaçant sa légendaire mèche, comme lui, toujours rebelle. Égocentriques, insolents, impolis, agressifs et frondeurs, les concerts de Jerry-Lee Lewis sont toujours imprévisibles. Voici donc toute les raisons du monde pour aller voir ce dernier gardien du Rock And Roll original. Ce rock qui s'inventait à chaque chanson. Un Rock sauvage, certes ralenti par l'âge, mais joué par le premier véritable punk. Crédit photo Betty Legent