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Ce DVD sur la genèse de 'Exile on Main Street', c'est un peu comme si on nous fourguait le making of de la Bible : d'un côté, on se réjouit de le mater pour connaître la vérité et, de l'autre, on a quand même un peu peur que ça nous fracasse un mythe soigneusement entretenu depuis bientôt quarante ans. Parce que cet album est tout de même l'une des pierres angulaires du rock. Non pas parce qu'il renferme l'un ou l'autre tube des Stones (en réalité, il n'en contient aucun à proprement parler), mais plutôt parce que, sans lui, la musique d'aujourd'hui ne serait pas tout à fait la même. Rien que ça.
Alors voilà, on presse play et on prie pour que ça se passe bien. Et ça se passe... bien ! Le documentaire proprement dit nous narre, en une petite heure, comment le plus grand groupe du monde, floué par son manager qui n'a pas payé leurs impôts, a été contraint de s'exiler loin de l'Angleterre et de sa charge fiscale confiscatoire (faut avouer que devoir reverser 93% de ses revenus, ça doit quand même bien faire mal au cul-cul quand on passe à la caisse) pour pouvoir se refaire du blé et... rembourser leurs dettes à Sa Très Gracieuse Majesté. Et ils sont tous là aujourd'hui pour revenir sur ces quelques mois chaotiques passés dans le sud de la France en 1971, à la Villa Nellcôte à Villefranche-sur-Mer, qu'il s'agisse du groupe stricto sensu (Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts, Bill Wyman, Mick Taylor) ou d'autres intervenants ayant participé à cette épopée (Anita Pallenberg, femme de Keith, ou Dominique Tarlé, photographe français qui a eu le privilège de passer six mois à la Villa et dont les photos – alliées à des extraits du documentaire interdit “Cocksucker Blues” de Robert Frank – sont de précieux témoignages de cette période).
Alors forcément, avec tous ces intervenants, on a une bonne idée de l'environnement dans lequel 'Exile on Main Street' a été conçu, même si le documentaire, relativement court, ne permet pas de pénétrer complètement les secrets de l'album. Certains en seront déçus, d'autres s'en réjouiront et diront que c'est tant mieux si on garde une part de mystère autour d'un tel chef-d'oeuvre. On relèvera cependant que la durée trop courte du documentaire est tout de même compensée par des bonus sympatoches, à commencer par des interviews individuelles (en particulier celles de Bill Wyman et surtout de Keith Richards, tous deux touchants de simplicité), ou encore également le bonus 'retour aux studios Olympic et à Stargroves' avec le duo so British composé de Mick Jagger et Charlie Watts, alliant flegme, humour pince-sans-rire et... tasse de thé.
Enfin, le dernier bonus qui voit d'autres artistes s'exprimer sur leur vision de l'album aurait pu être... comment dire... plus réussi. En effet, là où le commentaire de Don Was, qui a produit les trois derniers albums des Stones, peut avoir son petit intérêt, de même que celui d'un Will.I.Am des Black Eyed Peas que l'on n'imaginait pas forcément figurer parmi les afficionados de "Exile...", d'autres interventions sont moins pertinentes (Sheryl Crow, Liz Phair, Jack White) ou auraient même dû être coupées au montage tellement elles sont inutiles (ce mec des Kings of Leon dont le nom, comme son apport au débat, n'a d'ailleurs aucun intérêt) ; franchement, pour parler d'un tel album, et même s'il ne s'agit que d'un bonus sur le DVD, les Stones auraient aisément pu trouver des intervenants plus valables. Bref, un DVD qui est forcément intéressant parce qu'il concerne un monument du rock, mais qui n'en révèle pas grand chose, finalement. Ouf, le mythe est sauf.
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